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Crime and Punishment Bilingual Book English/French Page 18

Ce n’est pas une traduction mots a mots mais les livres dans les deux languages mis côte a côte. Vous pouvez le lire en Français, en anglais ou parallèlement.

This is not a word-by-word translation but the books in the two languages put side by side. You can read it in French, in English or both.

Crime and Punishment by Fyodor Dostoevsky

CRIME AND PUNISHMENT
By Fyodor Dostoevsky
Crime et Châtiment de Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
PART IIDEUXIEME PARTIE
Page 17Page 17
CHAPTER VCHAPTER V
Page 18Page 18
On my arrival here I purposely allowed a few days to elapse before coming to see you, in order that I might be fully assured that you were in full possession of the tidings; but now, to my astonishment…”À mon arrivée ici, j’ai décidé d’attendre quelques jours avant d’aller chez vous, pour être totalement sûr que vous aviez été informé de tout. Mais, maintenant, à mon grand étonnement…
“I know, I know!” Raskolnikov cried suddenly with impatient vexation. “So you are the fiancé? I know, and that’s enough!”– Je sais, je sais ! prononça tout à coup Raskolnikov, avec l’expression du plus impatient dépit. C’est vous le fiancé ? Alors, je le sais !… et cela suffit !
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There was no doubt about Pyotr Petrovitch’s being offended this time, but he said nothing.Piotr Pètrovitch s’offusqua décidément. 
He made a violent effort to understand what it all meant. Il s’efforçait de comprendre ce que tout cela pouvait bien signifier. 
 There was a moment’s silence.Le silence dura près d’une minute.
Meanwhile Raskolnikov, who had turned a little towards him when he answered, began suddenly staring at him again with marked curiosity, as though he had not had a good look at him yet, or as though something new had struck him; he rose from his pillow on purpose to stare at him.Dans l’entre-temps, Raskolnikov, qui s’était un peu retourné vers le visiteur en lui parlant, s’était mis à l’examiner à nouveau avec une curiosité particulière, comme s’il n’en avait pas eu le loisir tout à l’heure ou que quelque chose en lui venait de le frapper ; pour mieux l’observer, il se souleva même du coussin. 
There certainly was something peculiar in Pyotr Petrovitch’s whole appearance, something which seemed to justify the title of “fiancé” so unceremoniously applied to him.  Dans l’aspect général de Piotr Pètrovitch, il y avait, en effet, quelque chose de spécial, quelque chose qui justifiait précisément le titre de « fiancé » qu’on lui avait donné avec si peu de façons.
In the first place, it was evident, far too much so indeed, that Pyotr Petrovitch had made eager use of his few days in the capital to get himself up and rig himself out in expectation of his betrothed—a perfectly innocent and permissible proceeding, indeed. Tout d’abord il était visible – cela sautait aux yeux – que Piotr Pètrovitch s’était hâté de profiter de ces jours passés dans la capitale pour s’habiller et s’embellir en attendant sa fiancée, ce qui, du reste, était très innocent et permis.
Even his own, perhaps too complacent, consciousness of the agreeable improvement in his appearance might have been forgiven in such circumstances, seeing that Pyotr Petrovitch had taken up the rôle of fiancé. La suffisance qu’il affichait – peut-être un peu trop visiblement – à la suite de son heureux changement, pouvait être excusée, car Piotr Pètrovitch prenait fort au sérieux son rôle de fiancé.
All his clothes were fresh from the tailor’s and were all right, except for being too new and too distinctly appropriate.
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Tous ses vêtements sortaient tout droit de chez le bon faiseur ; leur seul défaut était d’être trop neufs et de trop laisser voir ce à quoi ils étaient destinés. 
Even the stylish new round hat had the same significance. Pyotr Petrovitch treated it too respectfully and held it too carefully in his hands. Même son chapeau rond, et flambant neuf, témoignait de ce souci : Piotr Pètrovitch le traitait avec trop de déférence et le tenait trop prudemment en main.
 The exquisite pair of lavender gloves, real Louvain, told the same tale, if only from the fact of his not wearing them, but carrying them in his hand for show. Même la magnifique paire de gants lilas de chez Jouvin attestait la même chose, ne fût-ce que parce qu’elle était portée à la main. 
Light and youthful colors predominated in Pyotr Petrovitch’s attire.Des couleurs claires et juvéniles prédominaient dans les vêtements de Piotr Pètrovitch.
He wore a charming summer jacket of a fawn shade, light thin trousers, a waistcoat of the same, new and fine linen, a cravat of the lightest cambric with pink stripes on it, and the best of it was, this all suited Pyotr Petrovitch. Il portait un joli veston d’été beige pâle, un pantalon clair et un gilet assorti, du linge fin, également tout neuf, une petite cravate rayée de rose, de la batiste la plus légère et, ce qui était le plus curieux, c’est que tout cela seyait à son visage.
His very fresh and even handsome face looked younger than his forty-five years at all times. Celui-ci, encore frais et même plaisant, ne laissait pas paraître les quarante-cinq ans de Loujine. 
His dark, mutton-chop whiskers made an agreeable setting on both sides, growing thickly upon his shining, clean-shaven chin.Des favoris foncés en forme de côtelettes l’ombraient agréablement et s’épaississaient joliment vers le menton, bien lisse et rasé de près. 
Even his hair, touched here and there with grey, though it had been combed and curled at a hairdresser’s, did not give him a stupid appearance, as curled hair usually does, by inevitably suggesting a German on his wedding-day.Même les cheveux, qui comptaient quelques fils blancs, coiffés et frisés de main de maître, ne lui donnaient nullement l’air ridicule ou stupide habituellement conféré par des cheveux frisés, car ils entraînent une inévitable ressemblance avec un marié allemand.
 If there really was something unpleasing and repulsive in his rather good-looking and imposing countenance, it was due to quite other causes.Ce qu’il y avait de vraiment désagréable ou de répulsif dans cette physionomie provenait d’autres causes.
After scanning Mr. Luzhin unceremoniously, Raskolnikov smiled malignantly, sank back on the pillow and stared at the ceiling as before.Ayant examiné sans façons M. Loujine, Raskolnikov eut un sourire caustique, se laissa de nouveau aller sur le coussin et se remit à examiner le plafond.
But Mr. Luzhin hardened his heart and seemed to determine to take no notice of their oddities.Mais M. Loujine s’était raidi et avait probablement décidé de ne plus remarquer toutes ses extravagances pour le moment.
“I feel the greatest regret at finding you in this situation,” he began, again breaking the silence with an effort.– Je suis vraiment, vraiment peiné de vous trouver dans cette situation, recommença-t-il, rompant le silence avec effort.
 “If I had been aware of your illness I should have come earlier. Si j’avais été informé de votre maladie, je serais venu plus tôt.
But you know what business is. Mais vous savez, les soucis !…
 have, too, a very important legal affair in the Senate, not to mention other preoccupations which you may well conjecture. J’ai eu, en outre, une affaire fort importante devant le Sénat. Je ne mentionnerai même pas les préparatifs que vous devinez. 
I am expecting your mamma and sister any minute.”J’attends vos parents, c’est-à-dire votre mère et votre sœur, d’un moment à l’autre…
Raskolnikov made a movement and seemed about to speak; his face showed some excitement. Raskolnikov remua et voulut dire quelque chose ; son visage exprima une certaine émotion.
Pyotr Petrovitch paused, waited, but as nothing followed, he went on:Piotr Pètrovitch suspendit son discours, attendit, mais comme rien ne venait, il continua :
“… Any minute. I have found a lodging for them on their arrival.”– D’un moment à l’autre. Je leur ai trouvé un appartement pour le début…
“Where?” asked Raskolnikov weakly.– Où ? prononça faiblement Raskolnikov.
“Very near here, in Bakaleyev’s house.”– Fort près d’ici, dans l’immeuble Bakaléïev.
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“That’s in Voskresensky,” put in Razumihin. “There are two storeys of rooms, let by a merchant called Yushin; I’ve been there.”– Rue Vozniessensky, interrompit Rasoumikhine. Il y a là deux étages de garnis tenus par le marchand Youchine. J’y ai déjà été.
“Yes, rooms…”– Oui, des garnis…
“A disgusting place—filthy, stinking and, what’s more, of doubtful character.– Une saleté épouvantable : la crasse, la puanteur, et puis, c’est un endroit suspect ;
Things have happened there, and there are all sorts of queer people living there.il y est arrivé des histoires, et il y habite toutes sortes de gens !…
 And I went there about a scandalous business.  J’y suis moi-même allé à propos d’un fait scandaleux. 
 It’s cheap, though…”Pour le reste, ce n’est pas cher.
“I could not, of course, find out so much about it, for I am a stranger in Petersburg myself,” Pyotr Petrovitch replied huffily.– Je n’ai évidemment pas pu recueillir tant de renseignements, car je suis nouvellement arrivé, objecta Piotr Pètrovitch, froissé, 
“However, the two rooms are exceedingly clean, and as it is for so short a time…mais j’ai retenu deux chambres très propres et comme c’est pour un séjour fort bref…
 I have already taken a permanent, that is, our future flat,” he said, addressing Raskolnikov, “and I am having it done up. J’ai trouvé aussi le vrai, c’est-à-dire le futur appartement, dit-il à Raskolnikov, et on l’arrange pour l’instant ; 
And meanwhile I am myself cramped for room in a lodging with my friend Andrey Semyonovitch Lebeziatnikov, in the flat of Madame Lippevechsel; it was he who told me of Bakaleyev’s house, too…
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en attendant, je me limite moi-même à un garni, à deux pas d’ici, chez Mme Lippewechsel, dans l’appartement d’un jeune ami, Andreï Sémoenovitch Lébéziatnikov, c’est lui qui m’a indiqué l’immeuble Bakaléïev…
“Lebeziatnikov?” said Raskolnikov slowly, as if recalling something.– Lébéziatnikov ? prononça lentement Raskolnikov, comme s’il essayait de se souvenir de quelque chose.
“Yes, Andrey Semyonovitch Lebeziatnikov, a clerk in the Ministry. Do you know him?”– Oui, Andreï Sémoenovitch Lébéziatnikov, employé au ministère. Le connaissez-vous ?
“Yes… no,” Raskolnikov answered.– Mais… non… répondit Raskolnikov.
“Excuse me, I fancied so from your inquiry. I was once his guardian….– Je m’excuse. Votre question me l’a fait croire. J’avais été son tuteur…
A very nice young man and advanced. un très gentil jeune homme… et au courant…
I like to meet young people: one learns new things from them.” Je suis toujours heureux de la compagnie des jeunes gens : ce sont eux qui vous apprennent ce qu’il y a de nouveau.
Luzhin looked round hopefully at them all.Cherchant un acquiescement à ces paroles. Piotr Pètrovitch regarda avec espoir tous ceux qui étaient là.
“How do you mean?” asked Razumihin.– Dans quel sens ? demanda Rasoumikhine.
“In the most serious and essential matters,” Pyotr Petrovitch replied, as though delighted at the question. – Dans le sens le plus sérieux, et, pour ainsi dire, capital, reprit Piotr Pètrovitch, heureux de la question. 
“You see, it’s ten years since I visited Petersburg. Voyez-vous, il y a déjà dix ans que je n’ai plus visité Petersbourg. 
All the novelties, reforms, ideas have reached us in the provinces, but to see it all more clearly one must be in Petersburg.outes ces innovations, ces réformes, ces idées, tout cela nous est bien parvenu, en province, mais pour voir plus clair et voir tout, il faut être à Petersbourg.
And it’s my notion that you observe and learn most by watching the younger generation. And I confess I am delighted…” Alors, mon idée est précisément que c’est en étudiant les nouvelles générations que l’on observe et que l’on apprend davantage. Et, je l’avoue, je m’en suis réjoui.
“At what?”– De quoi, précisément ?
“Your question is a wide one. I may be mistaken, but I fancy I find clearer views, more, so to say, criticism, more practicality…”– Votre question est vaste. Je peux me tromper, mais il me semble que je trouve là une opinion clarifiée, plus de critique, peut-on dire, plus d’initiative.
“That’s true,” Zossimov let drop.– C’est vrai, laissa filtrer Zossimov.
“Nonsense! There’s no practicality.” Razumihin flew at him. “Practicality is a difficult thing to find; it does not drop down from heaven. – Tu radotes, il n’y a pas d’initiative, bondit Rasoumikhine. L’initiative s’acquiert difficilement ; elle ne tombe pas comme une manne du ciel. 
And for the last two hundred years we have been divorced from all practical life. Et nous, voilà deux cents ans que nous sommes déshabitués de toute action… 
 Ideas, if you like, are fermenting,” he said to Pyotr Petrovitch, “and desire for good exists, though it’s in a childish form, and honesty you may find, although there are crowds of brigands.Des idées fermentent, du reste, dit-il à Piotr Pètrovitch, il y a même une volonté du bien, quoiqu’elle soit enfantine ; on trouve aussi de l’honnêteté malgré l’afflux d’une nuée d’escrocs, 
 Anyway, there’s no practicality. Practicality goes well shod.”mais de l’initiative, il n’y en a pas ! Ça ne court pas les rues.
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“I don’t agree with you,” Pyotr Petrovitch replied, with evident enjoyment.– Je ne partage pas votre opinion, répliqua Piotr Pètrovitch, avec un visible plaisir.
. “Of course, people do get carried away and make mistakes, but one must have indulgence; those mistakes are merely evidence of enthusiasm for the cause and of abnormal external environment.  Il y a évidemment des emballements, des erreurs, mais il faut être condescendant ; les emballements révèlent de l’enthousiasme et les erreurs proviennent des circonstances défavorables, du milieu ambiant. 
 If little has been done, the time has been but short; of means I will not speak. It’s my personal view, if you care to know, that something has been accomplished already.Si les réalisations sont minimes, c’est que les actions sont trop récentes. Et je ne parle pas des ressources disponibles. À mon avis, toutefois, quelque chose a quand même été réalisé : 
New valuable ideas, new valuable works are circulating in the place of our old dreamy and romantic authors.des idées nouvelles, utiles, ont été diffusées ; des écrits nouveaux et utiles ont été également propagés, à la place des anciens écrits, rêveurs et romanesques ; 
Literature is taking a maturer form, many injurious prejudices have been rooted up and turned into ridicule….la littérature prend une nuance plus profonde ; de nombreux préjugés nuisibles ont été ridiculisés et extirpés…
 In a word, we have cut ourselves off irrevocably from the past, and that, to my thinking, is a great thing…”En un mot, nous nous sommes retranchés totalement du passé, et ceci, d’après moi, est déjà un résultat…
“He’s learnt it by heart to show off!” Raskolnikov pronounced suddenly.– Il connaît cela par cœur, il se recommande, dit tout à coup Raskolnikov.
“What?” asked Pyotr Petrovitch, not catching his words; but he received no reply.– Pardon ? demanda Piotr Pètrovitch qui n’avait pas compris. “That’s all true,” Zossimov hastened to interpose.
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“That’s all true,” Zossimov hastened to interpose.– Tout cela est vrai, se hâta de placer Zossimov.
“Isn’t it so?” Pyotr Petrovitch went on, glancing affably at Zossimov. “You must admit,” he went on, addressing Razumihin with a shade of triumph and superciliousness—he almost added “young man”—“that there is an advance, or, as they say now, progress in the name of science and economic truth…”– N’est-ce pas ? enchaîna Piotr Pètrovitch avec un regard affable à Zossimov. Convenez, dit-il à Rasoumikhine, cette fois-ci avec une nuance de supériorité et de triomphe (et il fut sur le point d’ajouter « jeune homme »), convenez qu’il y a un avancement, ou mieux, un progrès, quoique, au nom de la science et de la vérité économique…
“A commonplace.”– Lieu commun !
“No, not a commonplace! Hitherto, for instance, if I were told, ‘love thy neighbour,’ what came of it?” Pyotr Petrovitch went on, perhaps with excessive haste. “It came to my tearing my coat in half to share with my neighbour and we both were left half naked. – Non, ce n’est pas un lieu commun ! Jusqu’ici, par exemple, on m’a dit « aime ton prochain » ; qu’en résultera-t-il, si j’observe ce commandement ? continua Piotr Pètrovitch, avec une hâte peut-être superflue, il en résulterait que je déchirerais ma pelisse en deux, que j’en donnerais la moitié à mon prochain et que nous serions tous deux à moitié nus,
As a Russian proverb has it, ‘Catch several hares and you won’t catch one.’comme d’après le proverbe russe : « À courir plusieurs lièvres, on n’en attrape aucun ». 
Science now tells us, love yourself before all men, for everything in the world rests on self-interest.La science dit : aime-toi toi-même avant tous les autres, car tout au monde est fondé sur l’intérêt personnel.
You love yourself and manage your own affairs properly and your coat remains whole.En n’aimant que toi seul, tu arrangeras tes affaires comme il faut et ta pelisse restera entière. 
Economic truth adds that the better private affairs are organised in society—the more whole coats, so to say—the firmer are its foundations and the better is the common welfare organised too. La vérité économique ajoute que, plus une société économique compte d’affaires privées, on pourrait dire de pelisses entières, plus elle a de bases solides, et meilleure est l’organisation générale.
Therefore, in acquiring wealth solely and exclusively for myself, I am acquiring, so to speak, for all, and helping to bring to pass my neighbour’s getting a little more than a torn coat; and that not from private, personal liberality, but as a consequence of the general advance. Par conséquent, en travaillant uniquement et exclusivement pour moi seul, j’acquiers par le fait même pour tous et j’aide à ce que le prochain reçoive quelque chose de plus qu’une pelisse déchirée, et ceci, non par le fait de générosités privées, mais par suite du progrès général. 
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The idea is simple, but unhappily it has been a long time reaching us, being hindered by idealism and sentimentality.L’idée est simple, mais, malheureusement, elle est venue tardivement, masquée qu’elle était par l’extase et la rêverie ; 
And yet it would seem to want very little wit to perceive it…”pourtant, dirait-on, il faut peu d’esprit pour s’apercevoir…
“Excuse me, I’ve very little wit myself,” Razumihin cut in sharply, “and so let us drop it.– Excusez, je n’ai pas d’esprit non plus, coupa brutalement Rasoumikhine, et dès lors, cessons.
t. I began this discussion with an object, but I’ve grown so sick during the last three years of this chattering to amuse oneself, of this incessant flow of commonplaces, always the same, that, by Jove, I blush even when other people talk like that. Voyez-vous, j’ai provoqué cette conversation dans un certain but, parce que tout ce bavardage, toute cette cascade de lieux communs et toujours cette même et même histoire me sont devenus à ce point odieux, depuis trois ans que je les entends, que, je vous le jure, je rougis quand non seulement moi-même, mais les autres, commencent à en parler en ma présence.
 You are in a hurry, no doubt, to exhibit your acquirements; and I don’t blame you, that’s quite pardonable. 
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Vous étiez pressé de vous recommander par votre savoir, ce qui est très excusable,
 I only wanted to find out what sort of man you are, for so many unscrupulous people have got hold of the progressive cause of late and have so distorted in their own interests everything they touched, that the whole cause has been dragged in the mire. et je ne vous en veux pas. J’ai voulu seulement vous connaître, car, voyez-vous, il y a tant de filous qui, ces derniers temps, ont mis le grappin sur les affaires publiques et ont, à ce point, déformé, dans leur intérêt, tout ce à quoi ils touchaient, qu’ils ont gâté absolument tout. 
That’s enough!”Alors, ça suffit !
“Excuse me, sir,” said Luzhin, affronted, and speaking with excessive dignity. “Do you mean to suggest so unceremoniously that I too…”– Monsieur, commença Loujine, avec une extrême dignité, j’espère que vous n’avez pas voulu insinuer, avec un tel sans-gêne, que moi aussi…
“Oh, my dear sir… how could I?… Come, that’s enough,” Razumihin concluded, and he turned abruptly to Zossimov to continue their previous conversation.– Oh, je vous en prie, je vous en prie… Comment aurais-je pu ! Et ça suffit ! coupa Rasoumikhine, en se retournant brusquement vers Zossimov, pour reprendre la conversation de tout à l’heure.
Pyotr Petrovitch had the good sense to accept the disavowal. He made up his mind to take leave in another minute or two.Piotr Pètrovitch eut l’habileté de sembler admettre cette explication. Du reste, il avait décidé de partir dans deux minutes.
“I trust our acquaintance,” he said, addressing Raskolnikov, “may, upon your recovery and in view of the circumstances of which you are aware, become closer… Above all, I hope for your return to health…”– J’espère que la connaissance que nous venons de faire, dit-il à Raskolnikov, se consolidera davantage après votre guérison et en vertu des circonstances qui vous sont connues… C’est la santé que je vous souhaite…
Raskolnikov did not even turn his head. Pyotr Petrovitch began getting up from his chair.Raskolnikov ne tourna même pas la tête. Piotr Pètrovitch s’apprêta à se lever.
“One of her customers must have killed her,” Zossimov declared positively.– C’est nécessairement quelqu’un qui y avait un objet en gage qui les a assassinées ! disait Zossimov avec assurance.
“Not a doubt of it,” replied Razumihin. “Porfiry doesn’t give his opinion, but is examining all who have left pledges with her there.”– Oui, c’est nécessairement un client ! approuva Rasoumikhine. Porfiri ne découvre pas sa pensée, mais cela ne l’empêche pas d’interroger les clients de la vieille…
“Examining them?” Raskolnikov asked aloud.– Il interroge les clients ? demanda Raskolnikov à haute voix.
“Yes. What then?”– Oui, et bien ?
“Nothing.”– Rien.
“How does he get hold of them?” asked Zossimov.– D’où les connaît-il ? demanda Zossimov.
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“Koch has given the names of some of them, other names are on the wrappers of the pledges and some have come forward of themselves.”– Koch en a indiqué quelques uns ; les noms des autres étaient inscrits sur les gages et certains sont venus d’eux-mêmes, dès qu’ils en ont entendu parler.
“It must have been a cunning and practised ruffian! The boldness of it! The coolness!”– Il était sans doute adroit et expérimenté, ce bandit. Quelle audace ! Quelle décision !
“That’s just what it wasn’t!” interposed Razumihin. – Eh bien ! précisément non ! interrompit Rasoumikhine. 
“That’s what throws you all off the scent. C’est ça qui vous déroute. 
But I maintain that he is not cunning, not practised, and probably this was his first crime!Moi, je dis que l’assassin est maladroit, inexpérimenté, et que c’est probablement son premier coup.
The supposition that it was a calculated crime and a cunning criminal doesn’t work.Suppose un plan bien calculé et un criminel adroit, et tout semblera invraisemblable. 
Suppose him to have been inexperienced, and it’s clear that it was only a chance that saved him—and chance may do anything. Suppose un novice, et il en résultera que seul le hasard a pu le tirer de ce pétrin – que ne fait-il pas, le hasard ?
Why, he did not foresee obstacles, perhaps! And how did he set to work?   car il n’avait peut-être même pas prévu d’obstacles ! Et comment s’y prend-il ? 
He took jewels worth ten or twenty roubles, stuffing his pockets with them, ransacked the old woman’s trunks, her rags—and they found fifteen hundred roubles, besides notes, in a box in the top drawer of the chest!Il se bourre les poches de bijoux à vingt roubles. Il fouille le coffre, tandis que dans le tiroir supérieur de la commode, on découvre une cassette contenant quinze cents roubles d’argent liquide, sans compter les coupures ! 
 He did not know how to rob; he could only murder. Il n’a même pas su piller ; il n’a pu que tuer ! 
 It was his first crime, I assure you, his first crime; he lost his head. C’est son premier coup, je te dis, son premier coup ; il a perdu la tête !
And he got off more by luck than good counsel!”
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Et ce n’est pas le calcul, mais le hasard qui l’a sauvé !
“You are talking of the murder of the old pawnbroker, I believe?” Pyotr Petrovitch put in, addressing Zossimov. – Vous parlez apparemment du récent assassinat de la veuve du fonctionnaire ? demanda Piotr Pètrovitch, en s’adressant à Zossimov.
He was standing, hat and gloves in hand, but before departing he felt disposed to throw off a few more intellectual phrases.Il s’était déjà levé, tenait le chapeau et les gants à la main et avait envie de jeter quelques paroles intelligentes avant de s’en aller. 
He was evidently anxious to make a favourable impression and his vanity overcame his prudence.
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Il était évidemment soucieux de laisser une impression avantageuse et la vanité, chez lui, était plus forte que le bon sens.
“Yes. You’ve heard of it?”– Oui. En avez-vous entendu parler ?
“Oh, yes, being in the neighbourhood.”– Bien sûr. C’était aux environs…
“Do you know the details?”– Vous êtes au courant des détails ?
“I can’t say that; but another circumstance interests me in the case—the whole question, so to say.– Non pas précisément, mais il y a une autre circonstance qui m’intéresse,  c’est pour ainsi dire un problème général.
 Not to speak of the fact that crime has been greatly on the increase among the lower classes during the last five years, not to speak of the cases of robbery and arson everywhere, what strikes me as the strangest thing is that in the higher classes, too, crime is increasing proportionately.Je ne parle pas du fait que les crimes, dans les classes inférieures, sont devenus plus fréquents ces cinq dernières années, sans parler des pillages et des incendies incessants ; le plus étrange, pour moi, est que la criminalité augmente aussi dans les classes supérieures, et pour ainsi dire, parallèlement. 
In one place one hears of a student’s robbing the mail on the high road; in another place people of good social position forge false banknotes; in Moscow of late a whole gang has been captured who used to forge lottery tickets, and one of the ringleaders was a lecturer in universal history; then our secretary abroad was murdered from some obscure motive of gain….D’un côté, on apprend qu’un ancien étudiant a attaqué la poste sur la grand-route ; d’un autre côté, on nous dit que des gens d’avant-plan, par leur position sociale, impriment des faux billets à Moscou. On attrape toute une bande de faussaires qui falsifient les bons du dernier emprunt à lots – et l’un des membres est un chargé de cours d’histoire universelle. Ailleurs, on assassine mystérieusement, pour une raison pécuniaire, notre secrétaire à l’étranger…
And if this old woman, the pawnbroker, has been murdered by someone of a higher class in society—for peasants don’t pawn gold trinkets—how are we to explain this demoralisation of the civilised part of our society?”Et maintenant, si cette vieille usurière a été tuée par quelqu’un d’une classe plutôt élevée – car les paysans ne mettent pas de bijoux en gage – comment expliquer ce relâchement de la partie la plus cultivée de notre société ?
“There are many economic changes,” put in Zossimov.– Il y a beaucoup de changements économiques…, dit Zossimov.
“How are we to explain it?” Razumihin caught him up. “It might be explained by our inveterate impracticality.”
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– Comment expliquer ? enchaîna Rasoumikhine. Mais précisément par l’absence d’initiative !
“How do you mean?”– C’est-à-dire ?
“What answer had your lecturer in Moscow to make to the question why he was forging notes? – Qu’a donc répondu votre chargé de cours à Moscou à la question de savoir pourquoi il falsifiait les bons ?
 ‘Everybody is getting rich one way or another, so I want to make haste to get rich too.’« Tous s’enrichissent de diverses façons, alors j’ai aussi voulu m’enrichir rapidement. »
 I don’t remember the exact words, but the upshot was that he wants money for nothing, without waiting or working!  Je ne me rappelle pas ses mots, mais le sens y est : tout gratuitement, au plus vite, sans peine !
We’ve grown used to having everything ready-made, to walking on crutches, to having our food chewed for us.  Ils se sont habitués à vivre logés, nourris, blanchis, à suspendre leur culotte aux bretelles des autres et à manger de la nourriture déjà mâchée. 
 Then the great hour struck,[*] and every man showed himself in his true colours.”Et quand l’heure a sonné, chacun s’est révélé sous son vrai jour…
[*] The emancipation of the serfs in 1861 is meant.—TRANSLATOR’S NOTE.
“But morality? And so to speak, principles…”– La moralité, pourtant ? Et, pour ainsi dire, les lois…
“But why do you worry about it?” Raskolnikov interposed suddenly. “It’s in accordance with your theory!”– Mais pourquoi vous mettez-vous en peine ? intervint Raskolnikov d’une façon inattendue. Cela s’est passé dans la ligne de votre théorie.
“In accordance with my theory?”– Comment cela ?
“Why, carry out logically the theory you were advocating just now, and it follows that people may be killed…”– Poussez jusqu’aux conclusions logiques ce que vous avez prêché tout à l’heure et il en résultera qu’on peut égorger les gens…
“Upon my word!” cried Luzhin.– Mais, je vous en prie ! s’écria Loujine.
“No, that’s not so,” put in Zossimov.– Mais non, ce n’est pas ainsi ! dit Zossimov.
Raskolnikov lay with a white face and twitching upper lip, breathing painfully.Raskolnikov était couché, pâle ; il respirait avec peine, et sa lèvre supérieure frémissait.
“There’s a measure in all things,” Luzhin went on superciliously. “Economic ideas are not an incitement to murder, and one has but to suppose…”– Tout a une mesure, continua Loujine avec hauteur ; une vie économique n’est pas encore une invitation au meurtre, et si, seulement, on supposait…
“And is it true,” Raskolnikov interposed once more suddenly, again in a voice quivering with fury and delight in insulting him, “is it true that you told your fiancée… within an hour of her acceptance, that what pleased you most… was that she was a beggar… because it was better to raise a wife from poverty, so that you may have complete control over her, and reproach her with your being her benefactor?”– Est-il exact, coupa encore Raskolnikov d’une voix frémissante de colère et où l’on percevait une certaine intention d’offenser – est-il exact que vous avez dit à votre fiancée, au moment même où vous avez reçu son consentement, que ce qui vous était le plus agréable, c’est qu’elle soit indigente… Car il est avantageux de prendre femme parmi les miséreuses, pour régner sur elle plus tard, et lui reprocher de s’être laissée combler de bienfaits…
“Upon my word,” Luzhin cried wrathfully and irritably, crimson with confusion, “to distort my words in this way! – Monsieur ! s’écria avec irritation Loujine, qui s’emporta et fut atterré tout à la fois. Monsieur, Monsieur… altérer la pensée de cette manière !
Excuse me, allow me to assure you that the report which has reached you, or rather, let me say, has been conveyed to you, has no foundation in truth, and I… suspect who… in a word… this arrow… in a word, your mamma…Excusez-moi, mais je dois vous dire que les bruits qui vous sont parvenus, ou, pour mieux dire, que l’on vous a fait parvenir, n’ont pas l’ombre d’un fondement ; et je… soupçonne… qui… cette pointe… en un mot, votre mère…
She seemed to me in other things, with all her excellent qualities, of a somewhat high-flown and romantic way of thinking…. Elle m’avait bien semblé, du reste, malgré toutes ses magnifiques qualités, avoir des idées d’une nuance quelque peu extatique et romanesque… 
But I was a thousand miles from supposing that she would misunderstand and misrepresent things in so fanciful a way….Mais j’étais quand même à cent lieues de supposer qu’elle pût comprendre et présenter la chose sous un aspect à ce point déformé par la fantaisie
And indeed… indeed…”… enfin… enfin…
“I tell you what,” cried Raskolnikov, raising himself on his pillow and fixing his piercing, glittering eyes upon him, “I tell you what.”– Savez-vous quoi ? cria Raskolnikov, se soulevant sur son coussin et le regardant dans le blanc des yeux d’un regard étincelant, savez-vous quoi ?
“What?” Luzhin stood still, waiting with a defiant and offended face. Silence lasted for some seconds.– Quoi donc ?
Loujine s’arrêta et attendit, l’air offensé et provocant.
“Why, if ever again… you dare to mention a single word… about my mother… I shall send you flying downstairs!”Un court silence s’établit.
– Que si vous osez encore dire… ne fût-ce qu’un mot… au sujet de ma mère… je vous jetterai en bas de l’escalier.
“What’s the matter with you?” cried Razumihin.– Que t’arrive-t-il ? cria Rasoumikhine.
“So that’s how it is?” Luzhin turned pale and bit his lip.– Ah, c’est ainsi ! (Loujine pâlit et se mordit la lèvre.)
 “Let me tell you, sir,” he began deliberately, doing his utmost to restrain himself but breathing hard, “at the first moment I saw you you were ill-disposed to me, but I remained here on purpose to find out more.  Écoutez-moi, Monsieur, commença-t-il lentement ; il étouffait quoiqu’il se fisse violence – j’ai déjà discerné tout à l’heure votre animosité, mais je suis resté ici exprès pour en apprendre davantage. 
I could forgive a great deal in a sick man and a connection, but you… never after this…”J’aurais pu beaucoup pardonner à un malade et à un parent, mais maintenant… à vous… jamais…
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“I am not ill,” cried Raskolnikov.– Je ne suis pas malade ! cria Raskolnikov.
“So much the worse…”– D’autant plus…
“Go to hell!”– Allez au diable !
But Luzhin was already leaving without finishing his speech, squeezing between the table and the chair; Razumihin got up this time to let him pass.Mais Loujine partait déjà de lui-même, sans achever sa phrase ; il se glissait à nouveau entre la chaise et la table ; Rasoumikhine s’était levé cette fois pour le laisser passer.
Without glancing at anyone, and not even nodding to Zossimov, who had for some time been making signs to him to let the sick man alone, he went out, lifting his hat to the level of his shoulders to avoid crushing it as he stooped to go out of the door. Loujine sortit sans regarder personne, sans même un salut à Zossimov, qui lui faisait signe depuis longtemps de laisser le malade en paix. Il leva précautionneusement son chapeau à la hauteur de l’épaule, lorsqu’il se baissa pour passer la porte. 
And even the curve of his spine was expressive of the horrible insult he had received.On voyait à la courbe de son dos qu’il venait d’essuyer en ce moment un terrible outrage.
“How could you—how could you!” Razumihin said, shaking his head in perplexity.– Fait-on des choses pareilles ! disait Rasoumikhine préoccupé, en secouant la tête.
“Let me alone—let me alone all of you!” Raskolnikov cried in a frenzy.– Laissez… laissez-moi tous ! s’écria Raskolnikov excédé. Me laisserez-vous donc enfin, bourreaux !
“Will you ever leave off tormenting me? 
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Me laisserez-vous donc enfin, bourreaux ! 
 I am not afraid of you!Je n’ai pas peur de vous ! 
 I am not afraid of anyone, anyone now! Je n’ai peur de personne, de personne, maintenant !
 Get away from me! Allez-vous en.
I want to be alone, alone, alone!” Je veux être seul, seul, seul, seul !
“Come along,” said Zossimov, nodding to Razumihin.– Viens, dit Zossimov, avec un signe de tête à Rasoumikhine.
“But we can’t leave him like this!”– Enfin ! Peut-on le laisser ainsi ?
“Come along,” Zossimov repeated insistently, and he went out. Razumihin thought a minute and ran to overtake him.– Viens, insista Zossimov et il sortit.
Rasoumikhine réfléchit un instant, puis se hâta de le rejoindre.
“It might be worse not to obey him,” said Zossimov on the stairs. “He mustn’t be irritated.”– Cela aurait pu être pire si nous ne lui avions pas obéi, dit Zossimov dans l’escalier. On ne peut pas l’énerver.
“What’s the matter with him?”– Qu’est-ce qu’il a ?
“If only he could get some favorable shock, that’s what would do it! – Si du moins, il lui arrivait un choc favorable… c’est cela qu’il faudrait. 
 At first he was better… Tout à l’heure, il avait la force de…
You know he has got something on his mind! Tu sais, il est préoccupé !
Some fixed idea weighing on him…Quelque chose lui pèse… 
 I am very much afraid so; he must have!” J’ai très peur, c’est sûrement cela !
“Perhaps it’s that gentleman, Pyotr Petrovitch.– C’est peut-être ce monsieur, ce Piotr Pètrovitch ?
 From his conversation I gather he is going to marry his sister, and that he had received a letter about it just before his illness….”La conversation a montré qu’il épouse sa sœur et que Rodia en a reçu la nouvelle par une lettre arrivée avant sa maladie…
“Yes, confound the man! he may have upset the case altogether.– Oui, il aurait mieux fait de ne pas venir, que le diable l’emporte ; il a peut-être tout gâté.
But have you noticed, he takes no interest in anything, he does not respond to anything except one point on which he seems excited—that’s the murder?”As-tu remarqué que Rodia est indifférent à tout, qu’il devient silencieux à propos de tout, sauf un seul point qui le jette hors de lui : cet assassinat.
“Yes, yes,” Razumihin agreed, “I noticed that, too. – Oui, oui ! approuva Rasoumikhine. Je l’ai très bien remarqué.
He is interested, frightened. Il s’intéresse à cela, s’inquiète ;
 It gave him a shock on the day he was ill in the police office; he fainted.”c’est parce qu’on l’a effrayé, au bureau du Surveillant, le jour où il est tombé malade ; il s’est évanoui.
“Tell me more about that this evening and I’ll tell you something afterwards.– Tu me raconteras cela plus en détail ce soir, et je te dirai alors quelque chose.
He interests me very much! In half an hour I’ll go and see him again…. There’ll be no inflammation though.” Il m’intéresse beaucoup ! Je viendrai le voir dans une demi-heure… Il n’y aura pas d’inflammation, du reste…
“Thanks! And I’ll wait with Pashenka meantime and will keep watch on him through Nastasya….”– Merci, mon vieux ! Pour moi, j’attends chez Pachenka, et je le surveille par Nastassia…
Raskolnikov, left alone, looked with impatience and misery at Nastasya, but she still lingered.Raskolnikov, resté seul, regarda Nastassia avec impatience et ennui ; mais celle-ci s’attardait.
“Won’t you have some tea now?” she asked.– Veux-tu du thé, maintenant ? demanda-t-elle.
“Later! I am sleepy! Leave me.”– Tout à l’heure ! Je veux dormir ! Laisse-moi…
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He turned abruptly to the wall; Nastasya went out.Il se tourna convulsivement vers le mur ; Nastassia s’en fut.
CHAPTER VIChapitre VI
But as soon as she went out, he got up, latched the door, undid the parcel which Razumihin had brought in that evening and had tied up again and began dressing. Elle venait à peine de sortir qu’il se leva, mit le crochet, défit le paquet de vêtements apporté par Rasoumikhine et se mit à s’habiller.
Strange to say, he seemed immediately to have become perfectly calm; not a trace of his recent delirium nor of the panic fear that had haunted him of late. Chose étrange, il était devenu tout à fait calme. Il ne ressentait plus ni le délire à demi-insensé ni la terreur panique qu’il avait tout à l’heure.
 It was the first moment of a strange sudden calm. His movements were precise and definite; a firm purpose was evident in them. C’étaient les premiers instants d’un calme soudain et insolite. Ses mouvements étaient précis et raisonnés ; ils laissaient deviner une ferme intention.
“To-day, to-day,” he muttered to himself. He understood that he was still weak, but his intense spiritual concentration gave him strength and self-confidence. 
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« Aujourd’hui même, aujourd’hui même !… » murmurait-il à part lui. Il comprenait toutefois qu’il était encore faible, mais une extrême tension d’esprit, qui atteignait au calme, à l’idée fixe, lui donnait des forces et de l’assurance ;
He hoped, moreover, that he would not fall down in the street. il espérait, du reste qu’il ne tomberait pas en rue. 
. When he had dressed in entirely new clothes, he looked at the money lying on the table, and after a moment’s thought put it in his pocket. It was twenty-five roubles.Une fois habillé de neuf, il regarda l’argent sur la table, réfléchit et le mit en poche. Il y avait là vingt-cinq roubles.
He took also all the copper change from the ten roubles spent by Razumihin on the clothes.  Il prit aussi tous les sous de cuivre, la monnaie des dix roubles dépensés par Rasoumikhine pour l’achat des vêtements.
Then he softly unlatched the door, went out, slipped downstairs and glanced in at the open kitchen door.  Ensuite, il enleva sans bruit le crochet, sortit et descendit l’escalier ; il jeta un regard inquiet à la porte de la cuisine ouverte :
Nastasya was standing with her back to him, blowing up the landlady’s samovar. Nastassia avait le dos tourné et soufflait dans le samovar de la logeuse.
She heard nothing. Elle ne l’entendît pas.
 Who would have dreamed of his going out, indeed? Et qui aurait supposé qu’il était capable de sortir ? 
A minute later he was in the street.Un moment après, il était dans la rue.
It was nearly eight o’clock, the sun was setting.Il était près de huit heures, et le soleil se couchait.
It was as stifling as before, but he eagerly drank in the stinking, dusty town air. La chaleur était toujours aussi suffocante, mais c’est avec avidité qu’il aspira cet air puant, poussiéreux, pollué par la ville. 
His head felt rather dizzy; a sort of savage energy gleamed suddenly in his feverish eyes and his wasted, pale and yellow face.Un léger vertige le saisit ; une espèce de sauvage énergie brilla soudain dans ses yeux et apparut dans les traits tirés de son visage exsangue et blême.
He did not know and did not think where he was going, he had one thought only: “that all this must be ended to-day, once for all, immediately; that he would not return home without it, because he would not go on living like that.Il ne réfléchissait pas et ne savait pas où il allait, il savait uniquement « qu’il fallait en finir aujourd’hui même, d’un coup, tout de suite, qu’autrement, il ne rentrerait pas chez lui, car il ne voulait plus vivre ainsi ». 
How, with what to make an end? Comment en finir ? Par quel moyen ?
He had not an idea about it, he did not even want to think of it. Il n’en avait aucune idée et ne voulait même pas y penser. 
He drove away thought; thought tortured him. Il fuyait la réflexion qui lui était insupportable. 
All he knew, all he felt was that everything must be changed “one way or another,” he repeated with desperate and immovable self-confidence and determination.Il ne faisait que sentir, et il savait qu’il fallait que tout changeât, d’une manière ou d’une autre « n’importe comment », se répétait-il avec une fermeté, une décision désespérées.
From old habit he took his usual walk in the direction of the Hay Market. L’habitude aidant, il prit le chemin ordinaire de ses promenades de naguère et arriva place Sennoï.
A dark-haired young man with a barrel organ was standing in the road in front of a little general shop and was grinding out a very sentimental song. Avant de l’atteindre, il vit sur la chaussée, en face d’une boutique, un joueur d’orgue de barbarie, aux cheveux noirs, qui « tournait » une romance sentimentale. 
He was accompanying a girl of fifteen, who stood on the pavement in front of him. Il servait d’accompagnateur à une jeune fille d’une quinzaine d’années, qui se tenait debout devant lui sur le trottoir. 
 She was dressed up in a crinoline, a mantle and a straw hat with a flame-coloured feather in it, all very old and shabby. Elle était habillée comme une demoiselle et portait crinoline, pèlerine, gants, petit chapeau de paille avec une plume couleur de feu : tout cela était vieux et usé. 
 In a strong and rather agreeable voice, cracked and coarsened by street singing, she sang in hope of getting a copper from the shop. Elle débitait sa romance d’une voix vulgaire, fêlée, mais en somme, assez agréable et non sans force, en attendant qu’on lui jetât un kopeck de la boutique.
Raskolnikov joined two or three listeners, took out a five copeck piece and put it in the girl’s hand.  Raskolnikov se joignit aux deux ou trois auditeurs, écouta un instant, sortit une pièce de cinq kopecks et la mit dans la main de la jeune fille.
 She broke off abruptly on a sentimental high note, shouted sharply to the organ grinder “Come on,” and both moved on to the next shop.Celle-ci coupa brusquement son chant sur la note la plus haute et la plus sentimentale, puis lança un « Assez » tranchant à l’accompagnateur ; tous deux s’en furent lentement vers la boutique suivante.
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“Do you like street music?” said Raskolnikov, addressing a middle-aged man standing idly by him. – Aimez-vous les chanteurs de rue ? demanda soudain Raskolnikov à un homme entre deux âges, qui avait écouté debout à côté de lui et qui avait l’air d’un flâneur.
The man looked at him, startled and wondering.Celui-ci lui jeta un regard bizarre. 
“I love to hear singing to a street organ,” said Raskolnikov, and his manner seemed strangely out of keeping with the subject—“I like it on cold, dark, damp autumn evenings—they must be damp—when all the passers-by have pale green, sickly faces, or better still when wet snow is falling straight down, when there’s no wind—you know what I mean?—and the street lamps shine through it…”Moi, je les aime bien, continua Raskolnikov, semblant vouloir parler de tout autre chose que des chanteurs de rue. J’aime entendre les chansons accompagnées par l’orgue de barbarie, par une triste et glaciale soirée d’automne, une soirée humide, lorsque les passants ont des visages pâles, verdâtres et maladifs. Ou mieux encore, lorsqu’il tombe de la neige fondante, tout droit, sans vent, vous savez ? et qu’au travers brillent les réverbères…
“I don’t know…. Excuse me…” muttered the stranger, frightened by the question and Raskolnikov’s strange manner, and he crossed over to the other side of the street.– Non, je ne sais pas… Pardonnez-moi…, bredouilla le monsieur, effaré par la question et par l’expression étrange du visage de Raskolnikov.
Il passa sur l’autre trottoir.
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