Ce n’est pas une traduction mot à mot mais les livres dans les deux langues mis côte à côte. Vous pouvez le lire en français, en anglais ou les deux.
This is not a word-by-word translation but the books in the two languages put side by side. You can read it in French, in English or both.
L’Avare by Molière
| L’Avare by Molière | THE MISER by MOLIÈRE |
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| Mariane – | Mariane – |
| Hélas ! à vos paroles, je puis ici répondre, moi, que vous n’imposez point ; et tout ce que vous dites me fait connaître clairement que vous êtes mon frère. | Alas! I can answer here for what you have said; that you do not deceive us; and all you say clearly tells me that you are my brother. |
| Valère – | Valère – |
| Vous, ma soeur ? | You my sister! |
| Mariane – | Mariane – |
| Oui, mon coeur s’est ému dès le moment que vous avez ouvert la bouche ; et notre mère, que vous allez ravir, m’a mille fois entretenue des disgrâces de notre famille. Le ciel ne nous fit point aussi périr dans ce triste naufrage ; mais il ne nous sauva la vie que par la perte de notre liberté, et ce furent des corsaires qui nous recueillirent, ma mère et moi, sur un débris de notre vaisseau. Après dix ans d’esclavage, une heureuse fortune nous rendit notre liberté ; et nous retournâmes dans Naples, où nous trouvâmes tout notre bien vendu, sans y pouvoir trouver des nouvelles de notre père. Nous passâmes à Gênes, où ma mère alla ramasser quelques malheureux restes d’une succession qu’on avait déchirée ; et de là, fuyant la barbare injustice de ses parents, elle vint en ces lieux, où elle n’a presque vécu que d’une vie languissante. | Yes, my heart was touched as soon as you began to speak; and our mother, who will be delighted at seeing you, often told me of the misfortunes of our family. Heaven spared us also in that dreadful wreck; but our life was spared at the cost of our liberty, for my mother and myself were taken up by pirates from the wreck of our vessel. After ten years of slavery a lucky event gave us back to liberty, and we returned to Naples, where we found all our property sold, and could hear no news of our father. We embarked for Genoa, where my mother went to gather what remained of a family estate which had been much disputed. Leaving her unjust relatives, she came here, where she has lived but a weary life. Akirill.com |
| Anselme – | Anselme – |
| Ô ciel ! quels sont les traits de ta puissance ! et que tu fais bien voir qu’il n’appartient qu’à toi de faire des miracles ! Embrassez-moi, mes enfants, et mêlez tous deux vos transports à ceux de votre père. | O heaven! how wonderful are thy doings, and how true it is that it only belongs to thee to work miracles! Come to my arms, my children, and share the joy of your happy father! |
| Valère – | Valère – |
| Vous êtes notre père ? | You are our father? |
| Mariane – | Mariane – |
| C’est vous que ma mère a tant pleuré ? | It was for you that my mother wept? |
| Anselme – | Anselme – |
| Oui, ma fille ; oui, mon fils ; je suis dom Thomas d’Alburci que le ciel garantit des ondes avec tout l’argent qu’il portait, et qui, vous ayant tous crus morts durant plus de seize ans, se préparait, après de longs voyages, à chercher, dans l’hymen d’une douce et sage personne, la consolation de quelque nouvelle famille. Le peu de sûreté que j’ai vu pour ma vie à retourner à Naples m’a fait y renoncer pour toujours ; et ayant su trouver moyen d’y faire vendre ce que j’avais, je me suis habitué ici, où, sous le nom d’Anselme, j’ai voulu m’éloigner les chagrins de cet autre nom qui m’a causé tant de traverses. | Yes, my daughter; yes, my son; I am Don Thomas d’Alburci, whom heaven saved from the waves, with all the money he had with him, and who, after sixteen years, believing you all dead, was preparing, after long journeys, to seek the consolations of a new family in marrying a gentle and virtuous woman. The little security there was for my life in Naples has made me abandon the idea of returning there, and having found the means of selling what I had, I settled here under the name of Anselme. I wished to forget the sorrows of a name associated with so many and great troubles. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| (à Anselme.) C’est là votre fils ? | (to Anselme). He is your son? |
| Anselme – | Anselme – |
| Oui. | Yes. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Je vous prends à partie pour me payer dix mille écus qu’il m’a volés. | That being so, I make you responsible for the ten thousand crowns that he has stolen from me. |
| Anselme – | Anselme – |
| Lui, vous avoir volé ? | He steal anything from you! |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Lui-même. | Yes. |
| Valère – | Valère – |
| Qui vous dit cela ? | Who said so? |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Maître Jacques. | Master Jacques. |
| Valère – | Valère – |
| (à maître Jacques.) C’est toi qui le dis ? | (to Master Jacques). You say that? |
| Maître Jacques – | Maître Jacques – |
| Vous voyez que je ne dis rien. | You see that I am not saying anything. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Oui. Voilà monsieur le commissaire qui a reçu sa déposition. | He certainly did. There is the officer who has received his deposition. Akirill.com |
| Valère – | Valère – |
| Pouvez-vous me croire capable d’une action si lâche ? | Can you really believe me capable of such a base action? |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Capable ou non capable, je veux ravoir mon argent. | Capable or not capable, I must find my money. |
| Scène VI. – Harpagon, Anselme, Élise, Mariane, Cléante, Valère, Frosine, un commissaire, Maître Jacques, La Flèche. | SCENE VI.——HARPAGON, ANSELME, ÉLISE, MARIANNE, CLÉANTE, VALÈRE, FROSINE, THE POLICE OFFICER, MASTER JACQUES, LA FLÈCHE. |
| Cléante – | Cléante – |
| Ne vous tourmentez point, mon père, et n’accusez personne. J’ai découvert des nouvelles de votre affaire, et je viens ici pour vous dire que, si vous voulez vous résoudre à me laisser épouser Mariane, votre argent vous sera rendu. | Do not grieve for your money, father, and accuse any one. I have news of it, and I come here to tell you that if you consent to let me marry Marianne, your money will be given back to you. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Où est-il ? | Where is it? |
| Cléante – | Cléante – |
| Ne vous mettez point en peine. Il est en lieu dont je réponds, et tout ne dépend que de moi. C’est à vous de me dire à quoi vous vous déterminez ; et vous pouvez choisir, ou de me donner Mariane, ou de perdre votre cassette. | Do not trouble yourself about that. It is in a safe place, and I answer for it; everything depends on your resolve. It is for you to decide, and you have the choice either of losing Marianne or your cash-box. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| N’en a-t-on rien ôté ? | Has nothing been taken out? |
| Cléante – | Cléante – |
| Rien du tout. Voyez si c’est votre dessein de souscrire à ce mariage, et de joindre votre consentement à celui de sa mère, qui lui laisse la liberté de faire un choix entre nous deux. | Nothing at all. Is it your intention to agree to this marriage, and to join your consent to that of her mother, who leaves her at liberty to do as she likes? |
| Mariane – | Mariane – |
| (à Cléante.) Mais vous ne savez pas que ce n’est pas assez que ce consentement et que le ciel, (montrant Valère.) avec un frère que vous voyez, vient de me rendre un père (montrant Anselme.) dont vous avez à m’obtenir. | (to Cléante). But you do not know that this consent is no longer sufficient, and that heaven has given me back a brother (showing Valère), at the same time that it has given me back a father (showing Anselme); and you have now to obtain me from him. |
| Anselme – | Anselme – |
| Le ciel, mes enfants, ne me redonne point à vous pour être contraire à vos voeux. Seigneur Harpagon, vous jugez bien que le choix d’une jeune personne tombera sur le fils plutôt que sur le père : allons, ne vous faites point dire ce qu’il n’est pas nécessaire d’entendre ; et consentez, ainsi que moi, à ce double hyménée. | Heaven, my dear children, has not restored you to me that I might oppose your wishes. Mr. Harpagon, you must be aware that the choice of a young girl is more likely to fall upon the son than upon the father. Come, now, do not force people to say to you what is unnecessary, and consent, as I do, to this double marriage. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Il faut, pour me donner conseil, que je voie ma cassette. | In order for me to be well advised, I must see my casket. |
| Cléante – | Cléante – |
| Vous la verrez saine et entière. | You shall see it safe and sound. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Je n’ai point d’argent à donner en mariage à mes enfants. | I have no money to give my children in marriage. |
| Anselme – | Anselme – |
| Eh bien ! j’en ai pour eux ; que cela ne vous inquiète point. | Never mind, I have some; do not let this trouble you. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Vous obligerez-vous à faire tous les frais de ces deux mariages ? | Do you take upon yourself to defray the expenses of these two weddings? |
| Anselme – | Anselme – |
| Oui, je m’y oblige. Etes-vous satisfait ? | Yes, I will take this responsibility upon myself. Are you satisfied? |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Oui, pourvu que pour les noces, vous me fassiez faire un habit. Akirill.com | Yes, provided you order me a new suit of clothes for the wedding. |
| Anselme – | Anselme – |
| D’accord. Allons jouir de l’allégresse que cet heureux jour nous présente. | Agreed! Let us go and enjoy the blessings this happy day brings us. |
| Le commissaire – | officer |
| Holà ! messieurs, holà ! Tout doucement, s’il vous plaît. Qui me payera mes écritures ? | Stop, Sirs, stop; softly, if you please. Who is to pay me for my writing? |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Nous n’avons que faire de vos écritures. | We have nothing to do with your writing. |
| Le commissaire – | officer |
| Oui ! Mais je ne prétends pas, moi, les avoir faites pour rien. | Indeed! and yet I do not pretend to have done it for nothing. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| (montrant maître Jacques.) Pour votre payement, voilà un homme que je vous donne à pendre. Akirill.com | (showing Master Jacques). There is a fellow you can hang in payment! |
| Maître Jacques – | Maître Jacques – |
| Hélas ! comment faut-il donc faire ? On me donne des coups de bâton pour dire vrai, et on me veut pendre pour mentir ! | Alas! what is one to do? I receive a good cudgelling for telling the truth, and now they would hang me for lying. |
| Anselme – | Anselme – |
| Seigneur Harpagon, il faut lui pardonner cette imposture. | Mr. Harpagon, you must forgive him this piece of imposture. |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Vous payerez donc le commissaire ? | You will pay the officer then? |
| Anselme – | Anselme – |
| Soit. Allons vite faire part de notre joie à votre mère. | Let it be so. Let us go quickly, my children, to share our joy with your mother! |
| Harpagon – | Harpagon – |
| Et moi, voir ma chère cassette. | And I to see my dear casket |
| THE END | |
| Notes [from 1890 edition] —————- (1) C’est-à-dire, elles ne sont pas fort “accommodées des biens de la fortune”. Cette expression est encore d’usage aujourd’hui, et l’Académie cite cet exemple : Je l’ai vu pauvre, “mais il s’est bien accommodé.” —————- (2) On trouve pour la première fois le mot “moucher” pour “épier”, dans la légende de Faifeu, imprimée en 1532. Le mot “mouchard” n’est donc pas ancien dans notre langue. —————- (3) On dit proverbialement “parler à la barette de quelqu’un”, pour lui parler sans ménagement, porter la main sur lui, le frapper à la tête. —————- (4) Un denier d’intérêt pour douze prêtés, c’est-à-dire un peu plus de huit pour cent. —————- (5) “Fluet”. On disait autrefois “flouet” et “flou”, dont “flouet” est le diminutif. —————- (6) Ce tour de phrase est latin. Boileau a dit dans la “Satire sur les Femmes” : Je ne puis cette fois que je ne les excuse. Ni Boileau ni Molière n’ont pu faire adopter ce latinisme. —————- (7) Avant sa conversion, saint Mathieu était receveur des tributs, et la malignité lui attribuait des prêts usuraires. De là l’ancienne expression proverbiale, “fester saint Matthieu”, pour prêter à usure, et, par corruption, “fesse-Matthieu”. —————- (8) C’est-à-dire un denier d’intérêt pour dix-huit prêtés, ce qui équivaut à un peu plus de cinq et demi pour cent. —————- (9) A vingt pour cent. —————- (10) A vingt-cinq pour cent. —————- (11) Les soldats portaient autrefois un bâton terminé d’un bout par une pointe qu’ils enfonçaient en terre, et de l’autre, par un fer fourchu sur lequel ils appuyaient leur mousquet, pour tirer plus juste. C’est ce qu’on appelait “la fourchette d’un mousquet”. —————- (12) Expression proverbiale : “L’épée de chevet”, l’épée qui ne nous quitte jamais. Au figuré, “l’expression qu’on a sans cesse à la bouche”. —————- (13) C’était une formule ancienne de santé et d’économie qu’on trouve quelquefois chez les Latins, énoncée par les seules lettres initiales de chaque mot E.V.V.N.V.V.E. : “ede ut vivas, ne vivas ut edas.”, “Mange pour vivre, et ne vis pas pour manger.” —————- (14) Expression proverbiale : “Il n’y a pas même pour un double”, c’est-à-dire “il n’y en a point”. Le double était une petite pièce de monnaie qui valait deux deniers. —————- (15) Suivant Ménage, cette expression a été imaginée pour éviter de se servir du mot “diable”. Molière n’est pas le seul qui ait employé ce mot dans ce sens : longtemps avant lui, Rabelais avait dit : “Créature du grand vilain diantre d’enfer” (liv. III, ch. III). —————- (16) Du temps de Molière, le mot “scandaliser” se prenait quelquefois dans le sens de “décrier”, “diffamer”. (Voyez le dictionnaire de l’Académie, édition de 1694). —————- (17) “Offenser” est la traduction littéraire d’”offendere”, mot dont le sens est beaucoup moins restreint en latin qu’en français. Il signifie ici, “celui dont vous avez à vous plaindre”. L’exemple de Molière n’a pu le faire adopter avec cette acception. | FOOTNOTES 1. An old comic pastoral. 2. The real hero in Rabelais’ ‘Pantagruel.’ 3. Frosine professes a knowledge of palmistry. 4. Old enemies. The Turks took Candia from the Venetians in 1669, after a war of twenty years. 5. Molière makes use even of his own infirmities. Compare act i. scene iii. This cough killed him at last. 6. A good deal of the mystification is lost in the translation through the necessity of occasionally putting it for casket, and she for Élise. |
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| Texte bilingue préparé par Akirill.com , déposé sur le site Akirill.com le 21 juillet 2022. Chacun des livres (anglais ou français) peut être repris séparément et réutilisé à des fins personnelles et non commerciales. Ils sont libres de droits d’auteur. Toute utilisation des deux livres côte à côte doit mentionner leur origine https://www.Akirill.com | Bilingual text prepared by Akirill.com , deposited on the site Akirill.com on July 21, 2022. Each of the books (English or Russian) can be taken back separately and reused for personal and non-commercial purposes. They are free of copyright. Any use of the two books side by side must mention their origin https://www.Akirill.com |
THE MISER by MOLIÈRE
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