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Twenty Thousand Leagues Under The Sea by Jules Vernes Bilingual Book French/English Page 15

Ce n’est pas une traduction mots a mots mais les livres dans les deux languages mis côte a côte. Vous pouvez le lire en Français, en anglais ou parallèlement.

This is not a word-by-word translation but the books in the two languages put side by side. You can read it in French, in English or both.

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Twenty Thousand Leagues Under The Sea by Jules Vernes

Twenty Thousand Leagues Under The Sea by Jules VernesVingt Mille Lieues
Sous Les Mers de Jules Vernes
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PART IIPART II
CHAPTER XXICHAPITRE XXI
At three in the morning, full of uneasiness, I mounted the platform. Captain Nemo had not left it. He was standing at the fore part near his flag, which a slight breeze displayed above his head. He did not take his eyes from the vessel. The intensity of his look seemed to attract, ande fascinate, and draw it onward more surely than if he had been towing it. The moon was then passing the meridian. Jupiter was rising in the east. Amid this peaceful scene of nature, sky and ocean rivalled each other in tranquillity, the sea offering to the orbs of night the finest mirror they could ever have in which to reflect their image. As I thought of the deep calm of these elements, compared with all those passions brooding imperceptibly within the Nautilus, I shuddered.A trois heures du matin, inquiet, je montai sur la plate-forme. Le capitaine Nemo ne l’avait pas quittée. Il était debout, à l’avant, près de son pavillon, qu’une légère brise déployait au-dessus de sa tête. Il ne quittait pas le vaisseau des yeux. Son regard, d’une extraordinaire intensité, semblait l’attirer, le fasciner, l’entraîner plus sûrement que s’il lui eût donné la remorque! La lune passait alors au méridien. Jupiter se levait dans l’est. Au milieu de cette paisible nature, le ciel et l’Océan rivalisaient de tranquillité, et la mer offrait à l’astre des nuits le plus beau miroir qui eût jamais reflété son image. Et quand je pensais à ce calme profond des éléments, comparé à toutes ces colères qui couvaient dans les flancs de l’imperceptible Nautilus, je sentais frissonner tout mon être.
The vessel was within two miles of us. It was ever nearing that phosphorescent light which showed the presence of the Nautilus. I could see its green and red lights, and its white lantern hanging from the large foremast. An indistinct vibration quivered through its rigging, showing that the furnaces were heated to the uttermost. Sheaves of sparks and red ashes flew from the funnels, shining in the atmosphere like stars.
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Le vaisseau se tenait à deux mille de nous. Il s’était rapproché, marchant toujours vers cet éclat phosphorescent qui signalait la présence du Nautilus. Je vis ses feux de position, vert et rouge, et son fanal blanc suspendu au grand étai de misaine. Une vague réverbération éclairait son gréement et indiquait que les feux étaient poussés à outrance. Des gerbes d’étincelles, des scories de charbons enflammés, s’échappant de ses cheminées, étoilaient l’atmosphère.
I remained thus until six in the morning, without Captain Nemo noticing me. The ship stood about a mile and a half from us, and with the first dawn of day the firing began afresh. The moment could not be far off when, the Nautilus attacking its adversary, my companions and myself should for ever leave this man. I was preparing to go down to remind them, when the second mounted the platform, accompaniede by several sailors. Captain Nemo either did not or would not see them. Je demeurai ainsi jusqu’à six heures du matin, sans que le capitaine Nemo eût paru m’apercevoir. Le vaisseau nous restait à un mille et demi, et avec les premières lueurs du jour, sa canonnade recommença. Le moment ne pouvait être éloigné où, le Nautilus attaquant son adversaire, mes compagnons et moi, nous quitterions pour jamais cet homme que je n’osais juger. Je me disposais à descendre afin de les prévenir, lorsque le second monta sur la plate-forme. Plusieurs marins l’accompagnaient. Le capitaine Nemo ne les vit pas ou ne voulut pas les voir.
Some steps were taken which might be called the signal for action. They were very simple. The iron balustrade around the platform was lowered, and the lantern and pilot cages were pushed within the shell until they were flush with the deck. The long surface of the steel cigar no longer offered a single point to check its manoeuvres. I returned to the saloon. The Nautilus still floated; some streaks of light were filtering through the liquid beds. With the undulations of the waves the windows were brightened by the red streaks of the rising sun, and this dreadful day of the 2nd of June had dawned.
Certaines dispositions furent prises qu’on aurait pu appeler «le branle-bas de combat» du Nautilus. Elles étaient très-simples. La filière qui formait balustrade autour de la plate-forme, fut abaissée. De même, les cages du fanal et du timonier rentrèrent dans la coque de manière à l’affleurer seulement. La surface du long cigare de tôle n’offrait plus une seule saillie qui pût gêner sa manœuvre.
Je revins au salon. Le Nautilus émergeait toujours. Quelques lueurs matinales s’infiltraient dans la couche liquide. Sous certaines ondulations des lames, les vitres s’animaient des rougeurs du soleil levante . Ce terrible jour du 2 juin se levait.
At five o’clock, the log showed that the speed of the Nautilus was slackening, and I knew that it was allowing them to draw nearer. Besides, the reports were heard more distinctly, and the projectiles, labouring through the ambient water, were extinguished with a strange hissing noise.A cinq heures, le loch m’apprit que la vitesse du Nautilus se modérait. Je compris qu’il se laissait approcher. D’ailleurs les détonations se faisaient plus violemment entendre. Les boulets labouraient l’eau ambiante et s’y vissaient avec un sifflement singulier.
“My friends,” said I, “the moment is come. One grasp of the hand, and may God protect us!”«Mes amis, dis-je, le moment est venu. Une poignée de main, et que Dieu nous garde!»
Ned Land was resolute, Conseil calm, myself so nervous that I knew not how to contain myself. We all passed into the library; but the moment I pushed the door opening on to the central staircase, I heard the upper panel close sharply. The Canadian rushed on to the stairs, but I stopped him. A well-known hissing noise told me that the water was running into the reservoirs, and in a few minutes the Nautilus was some yards beneath the surface of the waves. I understood the manoeuvre. It was too late to act. The Nautilus did not wish to strike at the impenetrable cuirass, but below the water-line, where the metallic covering no longer protected it.Ned Land était résolu, Conseil calme, moi nerveux, me contenant à peine.
Nous passâmes dans la bibliothèque. Au moment où je poussais la porte qui s’ouvrait sur la cage de l’escalier central, j’entendis le panneau supérieur se fermer brusquement.
Le Canadien s’élança sur les marches, mais je l’arrêtai. Un sifflement bien connu m’apprenait que l’eau pénétrait dans les réservoirs du bord. En effet, en peu d’instants, le Nautilus s’immergea àe quelques mètres au-dessous de la surface des flots.
Je compris sa manœuvre. Il était trop tard pour agir. Le Nautilus ne songeait pas à frapper le deux-ponts dans son impénétrable cuirasse, mais au-dessous de sa ligne de flottaison, là ou la carapace métallique ne protége plus le bordé.
We were again imprisoned, unwilling witnesses of the dreadful drama that was preparing. We had scarcely time to reflect; taking refuge in my room, we looked at each other without speaking. A deep stupor had taken hold of my mind: thought seemed to stand still. I was in that painful state of expectation preceding a dreadful report. I waited, I listened, every sense was merged in that of hearing! The speed of the Nautilus was accelerated. It was preparing to rush. The whole ship trembled. Suddenly I screamed. I felt the shock, but comparatively light. I felt the penetrating power of the steel spur. I heard rattlings and scrapings. But the Nautilus, carried along by its propelling power, passed through the mass of the vessel like a needle through sailcloth!Nous étions emprisonnés de nouveau, témoins obligés du sinistre drame qui se préparait. D’ailleurs, nous eûmes à peine le temps de réfléchir. Réfugiés dans ma chambre, nous nous regardions sans prononcer une parole. Une stupeur profonde s’était emparée de mon esprit. Le mouvement de la pensée s’arrêtait en moi. Je me trouvais dans cet état pénible qui précède l’attente d’une détonation épouvantable. J’attendais, j’écoutais, je ne vivais que par le sens de l’ouïe! Cependant, la vitesse du Nautilus s’accrut sensiblement. C’était son élan qu’il prenait ainsi. Toute sa coque frémissait.
Soudain, je poussai un cri. Un choc eut lieu, mais relativement léger. Je sentis la force pénétrante de l’éperon d’acier. J’entendis des éraillements, des râclements. Mais le Nautilus, emporté par sa puissance de propulsion, passait au travers de la masse du vaisseau comme l’aiguille du voilier à travers la toile!
I could stand it no longer. Mad, out of my mind, I rushed from my room into the saloon. Captain Nemo was there, mute, gloomy, implacable; he was looking through the port panel. A large mass cast a shadow on the water; and, that it might lose nothing of her agony, the Nautilus was going down into the abyss with her. Ten yards from me I saw the open shell, through which the water was rushing with the noise of thunder, then the double line of guns and the netting. The bridge was covered with black, agitated shadows.Je ne pus y tenir. Fou, éperdu, je m’élançai hors de ma chambre et me précipitai dans le salon.
Le capitaine Nemo était là. Muet, sombre, implacable, il regardait par le panneau de bâbord.
Une masse énorme sombrait sous les eaux, et pour ne rien perdre de son agonie, le Nautilus descendait dans l’abîme avec elle. A dix mètres de moi, je vis cette coque entr’ouverte, où l’eau s’enfonçait avec un bruit de tonnerre, puis la double ligne des canons et les bastingages. Le pont était couvert d’ombres noires qui s’agitaient.
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The water was rising. The poor creatures were crowding the ratlines, clinging to the masts, struggling under the water. It was a human ant-heap overtaken by the sea. Paralysed, stiffened with anguish, my hair standing on end, with eyes wide open, panting, without breath, and without voice, I too was watching! An irresistible attraction glued me to the glass! Suddenly an explosion took place. The compressed air blew up her decks, as if the magazines had caught fire. Then the unfortunate vessel sank more rapidly. Her topmast, laden with victims, now appeared; then her spars, bending under the weight of men; and, last of all, the top of her mainmast. Then the dark mass disappeared, and with it the dead crew, drawn down by the strong eddy.L’eau montait. Les malheureux s’élançaient dans les haubans, s’accrochaient aux mâts, se tordaient sous les eaux. C’était une fourmilière humaine surprise par l’envahissement d’une mer!
Paralysé, raidi par l’angoisse, les cheveux hérissés, l’œil démesurément ouvert, la respiration incomplète, sans souffle, sans voix, je regardais, moi aussi! Une irrésistible attraction me collait à la vitre!
L’énorme vaisseau s’enfonçait lentement. Le Nautilus, le suivant, épiait tous ses mouvements. Tout à coup, une explosion se produisit. L’air comprimé fit voler les ponts du bâtiment comme si le feu eût pris aux soutes. La poussée des eaux fut telle que le Nautilus dévia.
Alors le malheureux navire s’enfonça plus rapidement. Ses hunes, chargées de victimes, apparurent, ensuite ses barres, pliant sous des grappes d’hommes, enfin le sommet de son grand mât. Puis, la masse sombre disparut, et avec elle cet équipage de cadavres entraînés par un formidable remous….
I turned to Captain Nemo. That terrible avenger, a perfect archangel of hatred, was still looking. When all was over, he turned to his room, opened the door, and entered. I followed him with my eyes. On the end wall beneath his heroes, I saw the portrait of a woman, still young, and two little children. Captain Nemo looked at them for some moments, stretched his arms towards them, and, kneeling down, burst into deep sobs.Je me retournai vers le capitaine Nemo. Ce terrible justicier, e véritable archange de la haine, regardait toujours. Quand tout fut fini, le capitaine Nemo, se dirigeant vers la porte de sa chambre, l’ouvrit et entra. Je le suivis des yeux.
Sur le panneau du fond, au-dessous des portraits de ses héros, je vis le portrait d’une femme jeune encore et de deux petits enfants. Le capitaine Nemo les regarda pendant quelques instants, leur tendit les bras, et, s’agenouillant, il fondit en sanglots.
CHAPTER XXII
THE LAST WORDS OF CAPTAIN NEMO
CHAPITRE XXII
LES DERNIÈRES PAROLES DU CAPITAINE NEMO.
The panels had closed on this dreadful vision, but light had not returned to the saloon: all was silence and darkness within the Nautilus. At wonderful speed, a hundred feet beneath the water, it was leaving this desolate spot. Whither was it going? To the north or south? Where was the man flying to after such dreadful retaliation? I had returned to my room, where Ned and Conseil had remained silent enough. I felt an insurmountable horror for Captain Nemo. Whatever he had suffered at the hands of these men, he had no right to punish thus. He had made me, if not an accomplice, at least a witness of his vengeance. At eleven the electric light reappeared. I passed into the saloon. It was deserted. I consulted the different instruments. Les panneaux s’étaient refermés sur cette vision effrayante, mais la lumière n’avait pas été rendue au salon. A l’intérieur du Nautilus, ce n’étaient que ténèbres et silence. Il quittait ce lieu de désolation, à cent pieds sous les eaux, avec une rapidité prodigieuse. Où allait-il? Au nord ou au sud? Où fuyait cet homme après cette horrible représaille?
J’étais rentré dans ma chambre où Ned et Conseil se tenaient silencieusement. J’éprouvais une insurmontable horreur pour le capitaine Nemo. Quoi qu’il eût souffert de la part des hommes, il n’avait pas le droit de punir ainsi. Il m’avait fait, sinon le complice, du moins le témoin de ses vengeances! C’était déjà trop.
A onze heures, la clarté électrique réapparut. Je passai dans le salon. Il était désert. Je consultai les divers instruments.
The Nautilus wase flying northward at the rate of twenty-five miles an hour, now on the surface, and now thirty feet below it. On taking the bearings by the chart, I saw that we were passing the mouth of the Manche, and that our course was hurrying us towards the northern seas at a frightful speed. That night we had crossed two hundred leagues of the Atlantic. The shadows fell, and the sea was covered with darkness until the rising of the moon. Le Nautilus fuyait dans le nord avec une rapidité de vingt-cinq milles à l’heure, tantôt à la surface de la mer, tantôt à trente pieds au-dessous.
Relèvement fait sur la carte, je vis que nous passions à l’ouvert de la Manche, et que notre direction nous portait vers les mers boréales avec une incomparable vitesse.
A peine pouvais-je saisir à leur rapide passage des squales au long nez, des squales-marteaux, des roussettes qui fréquentent ces eaux, de grands aigles de mer, des nuées d’hippocampes, semblables aux cavaliers du jeu d’échec, des anguilles s’agitant comme les serpenteaux d’un feu d’artifice, des armées de crabes qui fuyaient obliquement en croisant leurs pinces sur leur carapace, enfin des troupes de marsouins qui luttaient de rapidité avec le Nautilus. Mais d’observer, d’étudier, de classer, il n’était plus question alors.
Le soir, nous avions franchi deux cents lieues de l’Atlantique. L’ombre se fit, et la mer fut envahie par les ténèbres jusqu’au lever de la lune.
 I went to my room, but could not sleep. I was troubled with dreadful nightmare. The horrible scene of destruction was continually before my eyes. From that day, who could tell into what part of the North Atlantic basin the Nautilus would take us? Still with unaccountable speed. Still in the midst of these northern fogs. Would it touch at Spitzbergen, or on the shores of Nova Zembla? Should we explore those unknown seas, the White Sea, the Sea of Kara, the Gulf of Obi, the Archipelago of Liarrov, and the unknown coast of Asia? I could not say. I could no longer judge of the time that was passing. Je regagnai ma chambre. Je ne pus dormir. J’étais assailli de cauchemars. L’horrible scène de destruction se répétait dans mon esprit.
Depuis ce jour, qui pourra dire jusqu’où nous entraîna le Nautilus dans ce bassin de l’Atlantique nord? Toujours avec une vitesse inappréciable! Toujours au milieu des brumes hyperboréennes! Toucha-t-il aux pointes du Spitzberg, aux accores de la Nouvelle-Zemble? Parcourut-il ces mers ignorées, la mer Blanche, la mer de Kara, le golfe de l’Obi, l’archipel de Liarrov, et ces rivages inconnus de la côte asiatique? Je ne saurais le dire. Le temps qui s’écoulait je ne pouvais plus l’évaluer.
 The clocks had been stopped on board. It seemed, as in polar countries, that night and day no longer followed their regular course. I felt myself being drawn into that strange region where the foundered imagination of Edgar Poe roamed at will. Like the fabulous Gordon Pym, at every moment I expected to see “that veiled human figure, of larger proportions than those of any inhabitant of the earth, thrown across the cataract which defends the approach to the pole.” I estimated (though, perhaps, I may be mistaken)—I estimated this adventurous course of the Nautilus to have lasted fifteen or twenty days. And I know not how much longer it might have lasted, had it not been for the catastrophe which ended this voyage. L’heure avait été suspendue aux horloges du bord. Il semblait que la nuit et le jour, comme dans les contrées polaires, ne suivaient plus leur cours régulier. Je me sentais entraîné dans ce domaine de l’étrange où se mouvait à l’aise l’imagination surmenée d’Edgar Poe. A chaque instant, je m’attendais à voir, comme le fabuleux Gordon Pym, «cette figure humaine voilée, de proportion beaucoup plus vaste que celle d’aucun habitant de la terre, jetée en travers de cette cataracte qui défend les abords du pôle!»
J’estime,—mais je me trompe peut-être,—j’estime que cette course aventureuse du Nautilus se prolongea pendant quinze ou vingt jours, et je ne sais ce qu’elle aurait duré, sans la catastrophe qui termina ce voyage.
Of Captain Nemo I saw nothing whatever now, nor of his second. Not a man of the crew was visible for an instant. The Nautilus was almost incessantly under water. When we came to the surface to renew the air, the panels opened and shut mechanically. There were no more marks on the planisphere. I knew not where we were. And the Canadian, too, his strength and patience at an end, appeared no more. Conseil could not draw a word from him; and, fearing that, in a dreadful fit of madness, he might kill himself, watched him with constant devotion. One morning (what date it was I could not say) I had fallen into a heavy sleep towards the early hours, a sleep both painful and unhealthy, when I suddenly awoke. Ned Land was leaning over me, saying, in a low voice, “We are going to fly.” I sat up.Du capitaine Nemo, il n’était plus question. De son second, pas davantage. Pas un homme de l’équipage ne fut visible un seul instant. Presque incessamment, le Nautilus flottait sous les eaux. Quand il remontait à leur surface afin de renouveler son air, les panneaux s’ouvraient ou se refermaient automatiquement. Plus de point reporté sur le planisphère. Je ne savais où nous étions.
Je dirai aussi que le Canadien, à bout de forces et de patience, ne paraissait plus. Conseil ne pouvait en tirer un seul mot, et craignait que, dans un accès de délire et sous l’empire d’une nostalgie effrayante, il ne se tuât. Il le surveillait donc avec un dévouement de tous les instants.
On comprend que, dans ces conditions, la situation n’était plus tenable.
Un matin,—à quelle date, je ne saurais le dire,—je m’étais assoupi vers les premières heures du jour, assoupissement pénible et maladif. Quand je m’éveillai, je vis Ned Land se pencher sur moi, et je l’entendis me dire à voix basse:
«Nous allons fuir!»
Je me redressai.
“When shall we go?” I asked.«Quand fuyons-nous? demandai-je.
“To-night. All inspection on board the Nautilus seems to have ceased. All appear to be stupefied. You will be ready, sir?”
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—La nuit prochaine. Toute surveillance semble avoir disparu du Nautilus. On dirait que la stupeur règne à bord. Vous serez prêt, monsieur?
“Yes; where are we?”—Oui. Où sommes-nous?
“In sight of land. I took the reckoning this morning in the fog—twenty miles to the east.”—En vue de terres que je viens de relever ce matin au milieu des brumes, à vingt milles dans l’est.
“What country is it?”—Quelles sont ces terres?
“I do not know; but, whatever it is, we will take refuge there.”—Je l’ignore, mais quelles qu’elles soient, nous nous y réfugierons.
“Yes, Ned, yes. We will fly to-night, even if the sea should swallow us up.”—Oui! Ned. Oui, nous fuirons cette nuit, dût la mer nous engloutir!
“The sea is bad, the wind violent, but twenty miles in that light boat of the Nautilus does not frighten me. Unknown to the crew, I have been able to procure food and some bottles of water.”—La mer est mauvaise, le vent violent, mais vingt milles à faire dans cette légère embarcation du Nautilus ne m’effraient pas. J’ai pu y transporter quelques vivres et quelques bouteilles d’eau à l’insu de l’équipage.
“I will follow you.”—Je vous suivrai.
“But,” continued the Canadian, “if I am surprised, I will defend myself; I will force them to kill me.”—D’ailleurs, ajouta le Canadien, si je suis surpris, je me défends, je me fais tuer.
“We will die together, friend Ned.”—Nous mourrons ensemble, ami Ned.»
I had made up my mind to all. The Canadian left me. I reached the platform, on which I could with difficulty support myself against the shock of the waves. The sky was threatening; but, as land was in those thick brown shadows, we must fly. I returned to the saloon, fearing and yet hoping to see Captain Nemo, wishing and yet not wishing to see him. What could I have said to him? Could I hide the involuntary horror with which he inspired me? J’étais décidé à tout. Le Canadien me quitta. Je gagnai la plate-forme, sur laquelle je pouvais à peine me maintenir contre le choc des lames. Le ciel était menaçant, mais puisque la terre était là dans ces brunes épaisses, il fallait fuir. Nous ne devions perdre ni un jour ni une heure.
Je revins au salon, craignant et désirant tout à la fois de rencontrer le capitaine Nemo, voulant et ne voulant plus le voir. Que lui aurais-je dit? Pouvais-je lui cacher l’involontaire horreur qu’il m’inspirait!
 No. It was better that I should not meet him face to face; better to forget him. And yet—— How long seemed that day, the last that I should pass in the Nautilus. I remained alone. Ned Land and Conseil avoided speaking, for fear of betraying themselves. At six I dined, but I was not hungry; I forced myself to eat in spite of my disgust, that I might not weaken myself. At half-past six Ned Land came to my room, saying, “We shall not see each other again before our departure. At ten the moon will not be risen. We will profit by the darkness. Come to the boat; Conseil and I will wait for you.”Non! Mieux valait ne pas me trouver face à face avec lui! Mieux valait l’oublier! Et pourtant!
Combien fut longue cette journée, la dernière que je dusse passer à bord du Nautilus! Je restais seul. Ned Land et Conseil évitaient de me parler par crainte de se trahir.
A six heures, je dînai, mais je n’avais pas faim. Je me forçai à manger, malgré mes répugnances, ne voulant pas m’affaiblir.
A six heures et demie, Ned Land entra dans ma chambre. Il me dit:
«Nous ne nous reverrons pas avant notre départ. A dix heures, la lune ne sera pas encore levée. Nous profiterons de l’obscurité. Venez au canot. Conseil et moi, nous vous y attendrons.»
The Canadian went out without giving me time to answer. Wishing to verify the course of the Nautilus, I went to the saloon. We were running N.N.E. at frightful speed, and more than fifty yards deep. I cast a last look on these wonders of nature, on the riches of art heaped up in this museum, upon the unrivalled collection destined to perish at the bottom of the sea, with him who had formed it. I wished to fix an indelible impression of it in my mind. I remained an hour thus, bathed in the light of that luminous ceiling, and passing in review those treasures shining under their glasses. Then I returned to my room.Puis le Canadien sortit, sans m’avoir donné le temps de lui répondre.
Je voulus vérifier la direction du Nautilus. Je me rendis au salon. Nous courions nord-nord-est avec une vitesse effrayante, par cinquante mètres de profondeur.
Je jetai un dernier regard sur ces merveilles de la nature, sur ces richesses de l’art entassées dans ce musée, sur cette collection sanse rivale destinée à périr un jour au fond des mers avec celui qui l’avait formée. Je voulus fixer dans mon esprit une impression suprême. Je restai une heure ainsi, baigné dans les effluves du plafond lumineux, et passant en revue ces trésors resplendissant sous leurs vitrines. Puis, je revins à ma chambre.
I dressed myself in strong sea clothing. I collected my notes, placing them carefully about me. My heart beat loudly. I could not check its pulsations. Certainly my trouble and agitation would have betrayed me to Captain Nemo’s eyes. What was he doing at this moment? I listened at the door of his room. I heard steps. Captain Nemo was there. He had not gone to rest. At every moment I expected to see him appear, and ask me why I wished to fly. I was constantly on the alert. My imagination magnified everything. The impression became at last so poignant that I asked myself if it would not be better to go to the Captain’s room, see him face to face, and brave him with look and gesture.Là, je revêtis de solides vêtements de mer. Je rassemblai mes notes et les serrai précieusement sur moi. Mon cœur battait avec force. Je ne pouvais en comprimer les pulsations. Certainement, mon trouble, mon agitation m’eussent trahi aux yeux du capitaine Nemo.
Que faisait-il en ce moment? J’écoutai à la porte de sa chambre. J’entendis un bruit de pas. Le capitaine Nemo était là. Il ne s’était pas couché. A chaque mouvement, il me semblait qu’il allait m’apparaître et me demander pourquoi je voulais fuir! J’éprouvais des alertes incessantes. Mon imagination les grossissait. Cette impression devint si poignante que je me demandai s’il ne valait pas mieux entrer dans la chambre du capitaine, le voir face à face, le braver du geste et du regard!
It was the inspiration of a madman; fortunately I resisted the desire, and stretched myself on my bed to quiet my bodily agitation. My nerves were somewhat calmer, but in my excited brain I saw over again all my existence on board the Nautilus; every incident, either happy or unfortunate, which had happened since my disappearance from the Abraham Lincoln—the submarine hunt, the Torres Straits, the savages of Papua, the running ashore, the coral cemetery, the passage of Suez, the Island of Santorin, the Cretan diver, Vigo Bay, Atlantis, the iceberg, the South Pole, the imprisonment in the ice, the fight among the poulps, the storm in the Gulf Stream, the Avenger, and the horrible scene of the vessel sunk with all her crew. All these events passed before my eyes like scenes in a drama. Then Captain Nemo seemed to grow enormously, his features to assume superhuman proportions. He was no longer my equal, but a man of the waters, the genie of the sea.C’était une inspiration de fou. Je me retins heureusement, et je m’étendis sur mon lit pour apaiser en moi les agitations du corps. Mes nerfs se calmèrent un peu, mais, le cerveau surexcité, je revis dans un rapide souvenir toute mon existence à bord du Nautilus, tous les incidents heureux ou malheureux qui l’avaient traversée depuis ma disparition de l’Abraham-Lincoln, les chasses sous-marines, le détroit de Torrès, les sauvages de la Papouasie, l’échouement, le cimetière de corail, le passage de Suez, l’île de Santorin, le plongeur crétois, la baie de Vigo, l’Atlantide, la banquise, le pôle sud, l’emprisonnement dans les glaces, le combat des poulpes, la tempête du Gulf-Stream, le Vengeur, et cette horrible scène du vaisseau coulé avec son équipage!… Tous ces événements passèrent devant mes yeux, comme ces toiles de fond qui se déroulent à l’arrière-plan d’un théâtre. Alors le capitaine Nemo grandissait démesurément dans ce milieu étrange. Son type s’accentuait et prenait des proportions surhumaines. Ce n’était plus mon semblable, c’était l’homme des eaux, le génie des mers.
It was then half-past nine. I held my head between my hands to keep it from bursting. I closed my eyes; I would not think any longer. There was another half-hour to wait, another half-hour of a nightmare, which might drive me mad.Il était alors neuf heures et demie. Je tenais ma tête à deux mains pour l’empêcher d’éclater. Je fermais les yeux. Je ne voulais plus penser. Une demi-heure d’attente encore! Une demi-heure d’un cauchemar qui pouvait me rendre fou!
At that moment I heard the distant strains of the organ, a sad harmony to an undefinable chant, the wail of a soul longing to break these earthly bonds. I listened with every sense, scarcely breathing; plunged, like Captain Nemo, in that musical ecstasy, which was drawing him in spirit to the end of life.En ce moment, j’entendis les vagues accords de l’orgue, une harmonie triste sous un chant indéfinissable, véritables plaintes d’une âme qui veut briser ses liens terrestres. J’écoutai par tous mes sens à la fois, respirant à peine, plongé comme le capitaine Nemo dans ces extases musicales qui l’entraînaient hors des limites de ce monde.
Then a sudden thought terrified me. Captain Nemo had left his room. He was in the saloon, which I must cross to fly. There I should meet him for the last time. He would see me, perhaps speak to me. A gesture of his might destroy me, a single word chain me on board.
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Puis, une pensée soudaine me terrifia. Le capitaine Nemo avait quitté sa chambre. Il était dans ce salon que je devais traverser pour fuir. Là, je le rencontrerais une dernière fois. Il me verrait, il me parlerait peut-être! Un geste de lui pouvait m’anéantir, un seul mot, m’enchaîner à son bord!
But ten was about to strike. The moment had come for me to leave my room, and join my companions.Cependant, dix heures allaient sonner. Le moment était venu de quitter ma chambre et de rejoindre mes compagnons.
I must not hesitate, even if Captain Nemo himself should rise before me. I opened my door carefully; and even then, as it turned on its hinges, it seemed to me to make a dreadful noise. Perhaps it only existed in my own imagination.

Il n’y avait pas à hésiter, dût le capitaine Nemo se dresser devant moi. J’ouvris ma porte avec précaution, et cependant, il me sembla qu’en tournant sur ses gonds, elle faisait un bruit effrayant. Peut-être ce bruit n’existait-il que dans mon imagination!
I crept along the dark stairs of the Nautilus, stopping at each step to check the beating of my heart. I reached the door of the saloon, and opened it gently. It was plunged in profound darkness. The strains of the organ sounded faintly. Captain Nemo was there. He did not see me. In the full light I do not think he would have noticed me, so entirely was he absorbed in the ecstasy.Je m’avançai en rampant à travers les coursives obscures du Nautilus, m’arrêtant à chaque pas pour comprimer les battements de mon cœur.
J’arrivai à la porte angulaire du salon. Je l’ouvris doucement. Le salon était plongé dans une obscurité profonde. Les accords de l’orgue résonnaient faiblement. Le capitaine Nemo était là. Il ne me voyait pas. Je crois même qu’en pleine lumière, il ne m’eût pas aperçu, tant son extase l’absorbait tout entier.
I crept along the carpet, avoiding the slightest sound which might betray my presence. I was at least five minutes reaching the door, at the opposite side, opening into the library.Je me traînai sur le tapis, évitant le moindre heurt dont le bruit eût pu trahir ma présence. Il me fallut cinq minutes pour gagner la porte du fond qui donnait sur la bibliothèque.
I was going to open it, when a sigh from Captain Nemo nailed me to the spot. I knew that he was rising. I could even see him, for the light from the library came through to the saloon. He came towards me silently, with his arms crossed, gliding like a spectre rather than walking. His breast was swelling with sobs; and I heard him murmur these words (the last which ever struck my ear):J’allais l’ouvrir, quand un soupir du capitaine Nemo me cloua sur place. Je compris qu’il se levait. Je l’entrevis même, car quelques rayons de la bibliothèque éclairée filtraient jusqu’au salon. Il vint vers moi, les bras croisés, silencieux, glissant plutôt que marchant, comme un spectre. Sa poitrine oppressée se gonflait de sanglots. Et je l’entendis murmurer ces paroles,—les dernières qui aient frappé mon oreille:
“Almighty God! enough! enough!”«Dieu tout puissant! assez! assez!»
Was it a confession of remorse which thus escaped from this man’s conscience?Était-ce l’aveu du remords qui s’échappait ainsi de la conscience de cet homme?…
In desperation, I rushed through the library, mounted the central staircase, and, following the upper flight, reached the boat. I crept through the opening, which had already admitted my two companions.Éperdu, je me précipitai dans la bibliothèque. Je montai l’escalier central, et, suivant la coursive supérieure, j’arrivai au canot. J’y pénétrai par l’ouverture qui avait déjà livré passage à mes deux compagnons.
“Let us go! let us go!” I exclaimed.«Partons! Partons! m’écriai-je.
“Directly!” replied the Canadian.—A l’instant!» répondit le Canadien.
The orifice in the plates of the Nautilus was first closed, and fastened down by means of a false key, with which Ned Land had provided himself; the opening in the boat was also closed. The Canadian began to loosen the bolts which still held us to the submarine boat.L’orifice évidé dans la tôle du Nautilus fut préalablement fermé et boulonné au moyen d’une clef anglaise dont Ned Land s’était muni. L’ouverture du canot se ferma également, et le Canadien commença à dévisser les écrous qui nous retenaient encore au bateau sous-marin.
Suddenly a noise was heard. Voices were answering each other loudly. What was the matter? Had they discovered our flight? I felt Ned Land slipping a dagger into my hand.Soudain un bruit intérieur se fit entendre. Des voix se répondaient avec vivacité. Qu’y avait-il? S’était-on aperçu de notre fuite? Je sentis que Ned Land me glissait un poignard dans la main.
“Yes,” I murmured, “we know how to die!”«Oui! murmurai-je, nous saurons mourir!»
The Canadian had stopped in his work. But one word many times repeated, a dreadful word, revealed the cause of the agitation spreading on board the Nautilus. It was not we the crew were looking after!Le Canadien s’était arrêté dans son travail. Mais un mot, vingt fois répété, un mot terrible, me révéla la cause de cette agitation qui se propageait à bord du Nautilus. Ce n’était pas à nous que son équipage en voulait!
“The maelstrom! the maelstrom!” Could a more dreadful word in a more dreadful situation have sounded in our ears! We were then upon the dangerous coast of Norway. Was the Nautilus being drawn into this gulf at the moment our boat was going to leave its sides? We knew that at the tide the pent-up waters between the islands of Ferroe and Loffoden rush with irresistible violence, forming a whirlpool from which no vessel ever escapes. From every point of the horizon enormous waves were meeting, forming a gulf justly called the “Navel of the Ocean,” whose power of attraction extends to a distance of twelve miles. There, not only vessels, but whales are sacrificed, as well as white bears from the northern regions.«Maelstrom! Maelstrom!» s’écriait-il! Le Maelstrom! Un nom plus effrayant dans une situation plus effrayante pouvait-il retentir à notre oreille? Nous trouvions-nous donc sur ces dangereux parages de la côte norwégienne? Le Nautilus était-il entraîné dans ce gouffre, au moment ou notre canot allait se détacher de ses flancs? On sait qu’au moment du flux, les eaux resserrées entre les îles Féroë et Loffoden sont précipitées avec une irrésistible violence. Elles forment un tourbillon dont aucun navire n’a jamais pu sortir. De tous les points de l’horizon accourent des lames monstrueuses. Elles forment ce gouffre justement appelé le «Nombril de l’Océan,» dont la puissance d’attraction s’étend jusqu’à une distance de quinze kilomètres. Là sont aspirés non-seulement les navires, mais les baleines, mais aussi les ours blancs des régions boréales.
It is thither that the Nautilus, voluntarily or involuntarily, had been run by the Captain.C’est là que le Nautilus,—involontairement ou volontairement peut-être,—avait été engagé par son capitaine.
It was describing a spiral, the circumference of which was lessening by degrees, and the boat, which was still fastened to its side, was carried along with giddy speed. I felt that sickly giddiness which arises from long-continued whirling round.Il décrivait une spirale dont le rayon diminuait de plus en plus. Ainsi que lui, le canot, encore accroché à son flanc, était emporté avec une vitesse vertigineuse. Je le sentais. J’éprouvais ce tournoiement maladif qui succède à un mouvement de giration trop prolongé.
We were in dread. Our horror was at its height, circulation had stopped, all nervous influence was annihilated, and we were covered with cold sweat, like a sweat of agony! And what noise around our frail bark! What roarings repeated by the echo miles away! What an uproar was that of the waters broken on the sharp rocks at the bottom, where the hardest bodies are crushed, and trees worn away, “with all the fur rubbed off,” according to the Norwegian phrase!
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Nous étions dans l’épouvante, dans l’horreur portée à son comble, la circulation suspendue, l’influence nerveuse annihilée, traversés de sueurs froides comme les sueurs de l’agonie! Et quel bruit autour de notre frêle canot! Quels mugissements que l’écho répétait à une distance de plusieurs milles! Quel fracas que celui de ces eaux brisées sur les roches aiguës du fond, là où les corps les plus durs se brisent, là où les troncs d’arbres s’usent et se font «une fourrure de poils,» selon l’expression norvégienne!
What a situation to be in! We rocked frightfully. The Nautilus defendede itself like a human being. Its steel muscles cracked. Sometimes it seemed to stand upright, and we with it!Quelle situation! Nous étions ballottés affreusement. Le Nautilus se défendait comme un être humain. Ses muscles d’acier craquaient. Parfois il se dressait, et nous avec lui!
“We must hold on,” said Ned, “and look after the bolts. We may still be saved if we stick to the Nautilus.”«Il faut tenir bon, dit Ned, et revisser les écrous! En restant attachés au Nautilus, nous pouvons nous sauver encore…!»
He had not finished the words, when we heard a crashing noise, the bolts gave way, and the boat, torn from its groove, was hurled like a stone from a sling into the midst of the whirlpool.Il n’avait pas achevé de parler, qu’un craquement se produisait. Les écrous manquaient, et le canot, arraché de son alvéole, était lancé comme la pierre d’une fronde au milieu du tourbillon.
My head struck on a piece of iron, and with the violent shock I lost all consciousness.Ma tête porta sur une membrure de fer, et, sous ce choc violent, je perdis connaissance
CHAPTER XXIII
CONCLUSION
CHAPITRE XXIII
CONCLUSION.
Thus ends the voyage under the seas. What passed during that night—how the boat escaped from the eddies of the maelstrom—how Ned Land, Conseil, and myself ever came out of the gulf, I cannot tell.Voici la conclusion de ce voyage sous les mers. Ce qui se passa pendant cette nuit, comment le canot échappa au formidable remous du Maelstrom, comment Ned Land, Conseil et moi, nous sortîmes du gouffre, je ne saurai le dire.
But when I returned to consciousness, I was lying in a fisherman’s hut, on the Loffoden Isles. My two companions, safe and sound, were near me holding my hands. We embraced each other heartily.Mais quand je revins à moi, j’étais couché dans la cabane d’un pêcheur des îles Loffoden. Mes deux compagnons, sains et saufs, étaient près de moi et me pressaient les mains. Nous nous embrassâmes avec effusion.
At that moment we could not think of returning to France. The means of communication between the north of Norway and the south are rare. And I am therefore obliged to wait for the steamboat running monthly from Cape North.En ce moment, nous ne pouvons songer à regagner la France. Les moyens de communications entre la Norvége septentrionale et le sud sont rares. Je suis donc forcé d’attendre le passage du bateau à vapeur qui fait le service bi-mensuel du Cap Nord.
And, among the worthy people who have so kindly received us, I revise my record of these adventures once more. Not a fact has been omitted, not a detail exaggerated. It is a faithful narrative of this incredible expedition in an element inaccessible to man, but to which Progress will one day open a road.C’est donc là, au milieu de ces braves gens qui nous ont recueillis, que je revois le récit de ces aventures. Il est exact. Pas un fait n’a été omis, pas un détail n’a été exagéré. C’est la narration fidèle de cette invraisemblable expédition sous un élément inaccessible à l’homme, et dont le progrès rendra les routes libres un jour.
Shall I be believed? I do not know. And it matters little, after all. What I now affirm is, that I have a right to speak of these seas, under which, in less than ten months, I have crossed 20,000 leagues in that submarine tour of the world, which has revealed so many wonders.Me croira-t-on? Je ne sais. Peu importe, après tout. Ce que je puis affirmer maintenant, c’est mon droit de parler de ces mers sous lesquelles, en moins de dix mois, j’ai franchi vingt mille lieues, de ce tour du monde sous-marin qui m’a révélé tant de merveilles à travers le Pacifique, l’Océan Indien, la mer Rouge, la Méditerranée, l’Atlantique, les mers australes et boréales!
But what has become of the Nautilus? Did it resist the pressure of the maelstrom? Does Captain Nemo still live? And does he still follow under the ocean those frightful retaliations? Or, did he stop after the last hecatomb?Mais qu’est devenu le Nautilus? A-t-il résisté aux étreintes du Maelstrom? Le capitaine Nemo vit-il encore? Poursuit-il sous l’Océan ses effrayantes représailles, ou s’est-il arrêté devant cette dernière hécatombe?
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Will the waves one day carry to him this manuscript containing the history of his life? Shall I ever know the name of this man? Will the missing vessel tell us by its nationality that of Captain Nemo?Les flots apporteront-ils un jour ce manuscrit qui renferme toute l’histoire de sa vie? Saurai-je enfin le nom de cet homme? Le vaisseau disparu nous dira-t-il, par sa nationalité, la nationalité du capitaine Nemo?
I hope so. And I also hope that his powerful vessel has conquered the sea at its most terrible gulf, and that the Nautilus has survived where so many other vessels have been lost! If it be so—if Captain Nemo still inhabits the ocean, his adopted country, may hatred be appeased in that savage heart! May the contemplation of so many wonders extinguish for ever the spirit of vengeance! May the judge disappear, and the philosopher continue the peaceful exploration of the sea! If his destiny be strange, it is also sublime. Have I not understood it myself? Have I not lived ten months of this unnatural life? And to the question asked by Ecclesiastes three thousand years ago, “That which is far off and exceeding deep, who can find it out?” two men alone of all now living have the right to give an answer——Je l’espère. J’espère également que son puissant appareil a vaincu la mer dans son gouffre le plus terrible, et que le Nautilus a survécu là où tant de navires ont péri! S’il en est ainsi, si le capitaine Nemo habite toujours cet Océan, sa patrie d’adoption, puisse la haine s’apaiser dans ce cœur farouche! Que la contemplation de tant de merveilles éteigne en lui l’esprit de vengeance! Que le justicier s’efface, que le savant continue la paisible exploration des mers! Si sa destinée est étrange, elle est sublime aussi. Ne l’ai-je pas compris par moi-même? N’ai-je pas vécu dix mois de cette existence extra-naturelle? Aussi, à cette demande posée, il y a six mille ans, par l’Ecclésiaste: «Qui a jamais pu sonder les profondeurs de l’abîme?» deux hommes entre tous les hommes ont le droit de répondre maintenant. Le capitaine Nemo et moi.
CAPTAIN NEMO AND MYSELF.FIN DE LA SECONDE PARTIE.
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Vingt Mille Lieues
Sous Les Mers de Jules Vernes

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