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Le château de Preussisch Eylau est un château de l’Ordre Teutonique construit en 1325 et situé à Bagralionovsk, près de Kaliningrad. Il a reçu le statut de site du patrimoine culturel d’importance régionale par décret du gouvernement de Kaliningrad le 23 mars 2007. Le 11 octobre 2022, il a été vendu 7,6 millions de roubles à la société “GreenArtDevelopment” quatre ans après sa mise en vente. aux enchères
Dans les documents historiques, la première mention du château se produit en 1326, où il est appelé “Ile”, dans les archives de 1342 le nom mentionné est “Iladia”, en 1400 il s’appelle “Preissish-Ilov” (Preussisch-eylau). nom qui lui est resté.
Le grand maître de l’Ordre Teutonique Werner von Orseln ordonna la construction du château d’Ile en 1325. Le but principal de la forteresse était de protéger la capitale de la région Krulevets (Koenigsberg) du sud. Le commandant de Balga, maître Arnold von Eilenstein a supervisé la construction du château de Preussisch Eylau, qui à l’origine a été réalisé en pierres et en briques sur le site de la forteresse prussienne de Sutvrit.
Un barrage avec un moulin a été construit, le niveau de l’eau est monté et le château s’est retrouvé sur une île. En 1330, une fortification en pierre de forme carrée de 41 m x 43 m a été édifiée, entourée de douves, d’une porte herse, d’une tour et d’un pont-levis. Un grand forburg de 120 x 140 mètres, qui était entouré de ses propres douves et d’un mur de forteresse de 1,6 mètre d’épaisseur avec un passage défensif, a été attaché à la fortification du côté est. Il y avait des écuries, une brasserie, des locaux pour les soldats de l’ordre, des ateliers de fabrication d’armes, une boulangerie, et d’autres dépendances.
The first settlements on the site of Tapiau are hundreds of years old. By Sendker -, CC BY-SA 3.0,
L’entrée principale de la citadelle du château Preussisch-Eylau se trouvait dans l’aile est du forburg. La chapelle du château qui était un attribut obligatoire d’un château d’ordre typique se trouvait dans l’aile sud, et une tour sanitaire se trouvait dans la partie nord.
Le premier étage était occupé par des dépendances, dont la cuisine, située sous le réfectoire, et des pièces de service. Au deuxième étage de l’aile ouest se trouvaient le logement et la résidence des frères de l’ordre, qui comprenait un réfectoire, une salle de réunion, les chambres des moines et les chambres occupées par le régisseur du château. Le troisième étage remplissait des fonctions défensives et était équipé d’un passage militaire et de meurtrières. Il y avait aussi une petite tour de guet ronde dans le coin nord-est. Pour avoir un accès facile à l’eau il y avait un puits dans la cour du château.
Jusqu’en 1347 le château de Preussisch Eylau fut la résidence de l’Ordre Pfleger, puis il abrita l’administration du Kammerat, appartenant à la commanderie de Balga.
En 1400, après avoir été frappé par la foudre, toutes les parties en bois du château ont brûlé. Puis le château de Preussisch Eylau passa au Grand Maître de l’Ordre Teutonique Heinrich von Plauen pour le service militaire en 1429.
Reconstruction of the plan of the original Tapiau castle complex. /Photo: mif-mira.ru
Le château de Preussisch Eylau a été capturé et partiellement endommagé par la population rebelle en 1454 mais il a été repris la même année et les dégâts ont été réparés.
Il a encore été attaqué en mai 1455 par une armée alliée à la Pologne qui n’est pas parvenue à s’en emparer alors que la garnison protégeant le château n’était composée que de deux douzaines de chevaliers et de soixante miliciens. Un siège n’a pas non plus réussi puisque de l’aide a été envoyée au château et que l’armée alliée à la Pologne a été vaincue.
Il y eut une autre tentative infructueuse de prendre le château en octobre 1455.
Le château de Preussisch Eylau et les terres environnantes ont été transférés à Heinrich Reuss von Plauen pour une utilisation à vie en 1492.
Plus de 4000 mercenaires polonais attaquèrent à nouveau le château en 1519, mais la garnison du château dirigée par le chevalier Friedrich Truchses Weltburg et le commandant de Courlande Firike repoussa les attaques successives.
Le château devint la résidence du domaine départemental de Hauptmann Preussisch Eylau en 1525 après une réforme et l’abolition de l’Ordre Teutonique. Puis il reçut les droits de la ville en 1585, et en 1587 ses armoiries.
À la fin du XVIIIe siècle, le château avait perdu sa vocation et une partie de son bâtiment a été démontée et utilisée pour construire de nouvelles structures.
Un incendie a endommagé le château de Preussisch Eylau en 1802 mais il ne fut pas restauré et le Forburg fut utilisé à des fins économiques. En 1814, il a été acheté par Heinrich Sigismund Valentini qui a construit une nouvelle maison à un kilomètre au nord-ouest du château après que le château ai commencé à s’effondrer dû à l’absence d’une partie du toit.
En 1831, un nouveau manoir Henrettenhof a été construit dans le style néoclassique. Il se trouve sur les fondations du fort de la forteresse Preussisch Eylau entre l’aile est, et la grange.
L’ancien manoir situé sur le territoire du château de Preussisch Eylau a été donné au magistrat de la ville de Preussisch-Eylau en 1932, et cette même année un musée couvrant la période de l’histoire de la région de l’âge de pierre aux événements de la Première Guerre mondiale y a été ouvert. Malheureusement, dans la période d’après-guerre, le bâtiment a été complètement démantelé.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château n’a pas été gravement endommagé, et les quartiers d’habitation ont été utilisés jusqu’au début des années 1960.
Le château de Preussisch Eylau et le forburg ont été transférés à l’union des consommateurs du district en 1961 et ont été utilisés comme entrepôts.
En 1964, les bâtiments du château et le forburg ont été examinés par des employés des ateliers centraux scientifiques et de restauration du ministère de la Culture de l’URSS. L’état du château était très mauvais, car il n’a jamais été réparé après la guerre.
Un stand de tir a été construit à l’emplacement de l’aile ouest, qui a été démolie dans les années 1990. Dans le forburg survivant, le toit a commencé à s’effondrer à cause de chevrons pourris, des trous sont apparus en 1989 et en août 1990, la partie centrale a brûlé.
Au début des années 1990, il a été décidé de transformer le forburg en hôtel avec bar, mais l’idée a été abandonné.
Le 5 juin 2016, un incendie s’est déclaré dans le château, détruisant une partie de la toiture.
Le 29 août 2018, les autorités régionales ont tenté de vendre le château lors d’une vente aux enchères, mais elles n’y sont pas parvenues.
Ils ont de nouveau tenté de vendre le bâtiment en 2020, mais n’ont pas trouvé d’acheteur. Enfin, le château a été vendu pour 7,6 millions de roubles lors de la vente aux enchères de la société GreenArt Development en 2022. «GreenArtDevelopment» est enregistré à Saint-Pétersbourg et est engagé dans la location et la gestion immobilière.
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The Preussisch Eylau Castle is a castle of the Teutonic Order built in 1325 and located in Bagralionovsk, near Kaliningrad. It received the status of a cultural heritage site of regional significance by decree of the Government of the Kaliningrad on March 23, 2007. On October 11, 2022, it was sold 7.6 million rubles to the company “GreenArtDevelopment” four years after it was put up for auction
In historical documents, the first mention of the castle occurs in 1326, where it is called “Ile”, in the records of 1342 the name mentioned is “Iladia”, in 1400 the name changes once again and it becomes “Preissish-Ilov” (Preussisch-eylau), name which stuck.
The grand master of the Teutonic Order Werner von Orseln ordered the construction of Ile Castle in 1325. The main purpose of the fortress was to protect the capital of the region Krulevets (Koenigsberg) from the south. Balga Commander, master Arnold von Eilenstein supervised the construction of the Preussisch Eylau Castle, which was originally carried out from stones and brick on the site of the Prussian fortress of Sutvrit.
A dam with a mill was built, the water level rose and the castle ended up on an island. In 1330, a square-shaped stone fortification of 41 m x 43 m was built, surrounded by a moat, a portcullis gate, a tower and a drawbridge. A large forburg of 120 x 140 meters, which was surrounded by its own moat and a fortress wall, 1.6 meters thick with a defensive passage, was attached to the fortification on the eastern side. There were stables, a brewery, premises for the soldiers of the order, workshops for the manufacture of weapons, a bakery, and other outbuildings.
The first settlements on the site of Tapiau are hundreds of years old. By Sendker -, CC BY-SA 3.0,
The main entrance to the castle citadel Preussisch-Eylau was in the eastern wing from the forburg. The castle chapel which was an obligatory attribute of a typical order castle was in the southern wing, and a sanitary tower could be found in the northern part.
The first floor was occupied by outbuildings, including the kitchen, which was located under the refectory, and utility rooms. On the second floor of the western wing was the accommodation and residence of the brothers of the order, which included a refectory, a meeting room, the bedrooms of the monks and the chambers that were occupied by the manager of the castle. The third floor, performed defensive functions and was equipped with a military passage and loopholes. There was also a small round watchtower in the northeast corner. To have an easy access to water there was a well in the castle courtyard.
Until 1347 the Preussisch Eylau castle was the residence of the order pfleger, then it housed the administration of the kammerat, belonging to the Balga commandery.
In 1400, after being struck by lightning all wooden parts of the castle burned down. The Preussisch Eylau castle passed to the Grand Master of the Teutonic Order Heinrich von Plauen for military service in 1429.
Reconstruction of the plan of the original Tapiau castle complex. /Photo: mif-mira.ru
The Preussisch Eylau castle was captured and partially damaged by the rebellious population in 1454 but it was returned that same year and the damages were repaired.
It came under attack in May 1455 by a Polish-allied army which was unable to capture it even though the garnison protecting the castle was only composed of two dozen knights and sixty militias. A siege didn’t pan out neither since help was sent to the castle and the Polish-allied army was defeated.
There was another unsuccessful attempt to take the castle in October 1455.
The Preussisch Eylau castle and surrounding lands were transferred to Heinrich Reuss von Plauen for life use in 1492.
More than 4000 Polish mercenaries again repeatedly attacked the castle in 1519, but the castle garrison which was led by the knight Friedrich Truchses Weltburg and the Courland commander Firike repelled the successive attacks.
The castle became the residence of the departmental estate of Hauptmann Preussisch Eylau in 1525 after a reformation and the abolition of the Teutonic Order. Then it received city rights on 1585, and in 1587 its coat of arms.
By the end of the 18th century, the castle had lost its purpose and part of its building were disassembled and used to built new structures.
A fire damaged the Preussisch Eylau castle in 1802 but it was not restored and the Forburg was used for economic purposes. In 1814, it was bough by Heinrich Sigismund Valentini who built a new house a kilometer northwest of the castle after the castle began to collapse because of lack of part of the roof.
In 1831 a new Henrettenhof manor was built in the neoclassical style. It is on the foundations of the Preussisch Eylau fortress fort between the eastern wing and the barn.
The old manor building located on the territory of the Preussisch Eylau castle was given to the city magistrate of Preussish-Eylau in 1932, and this same year a museum covering the period of the regions history from the stone age to the events of the First World War was open there. Sadly, in the post war period the building was completely dismantled.
During the Second World War , the castle was not badly damaged, and the living quarters were used until the early 1960s.
The Preussisch Eylau castle and forburg were transferred to the district consumer union in 1961, and were used as storage facilities.
In 1964 the buildings of the castle and forburg were examined by employees of the central scientific and restoration workshops of the USSR Ministry of Culture. The condition of the castle was very poor, as it was never repaired after the war.
A shooting gallery was built on the site of the western wing, which was demolished in the 1990s. In the surviving forburg, the roof began to collapse because of rotten rafters, holes appeared in 1989 and in August 1990 the middle section burned down.
In the early 1990s, a decision was made to convert the forburg into a hotel with a bar, but it was abandoned.
On June 5, 2016, a fire broke out in the castle, destroying part of the roof.
On August 29, 2018, the regional authorities tried to sell the castle at an auction, but they didn’t succeed.
They again tried to sell the building in 2020, but could not find a buyer. Finally the castle was sold for 7.6 million rubles at the auction of the GreenArt Development company in 2022. “GreenArtDevelopment” is registered in St. Petersburg and is engaged in rental and property management.
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L’Avare aussi appelé L’École du mensonge est une comédie en prose et en cinq actes écrite par Molière. Elle a été performée pour la première fois le 9 septembre 1968 au théâtre du Palais Royal à Paris. Cette pièce est maintenant disponible dans notre section livres bilingues français/anglais pour votre plus grand plaisir.
Molière
A l’époque, la compagnie de Molière était sous la protection de Louis XV. On sait que de nombreuses parties de dialogues et certains incidents sont empruntés à la comédie Aulularia de Plaute de laquelle elle s’inspire vaguement ainsi qu’aux farces italiennes contemporaines.
En fait le personnage d’Harpagon est tiré de la pièce latine Aulularia dans laquelle l’avare Euclio ne cesse de changer la cachette de son pot d’or de peur de se le faire voler, mais il a aussi créé l’histoire d’amour entre Elise et Valère d’après la même pièce . Le père comme usurier était basé sur une pièce de François le Metel de Boisrobert de 1655 intitulée “La Belle Plaideuse”. Quant au père et au fils amoureux de la même femme, l’idée est venue de la pièce de Jean Donneau de Visé de 1665 intitulée “La mère Coquette”
L’avare dont le nom est Harpagon est obsédé par la richesse qu’il a amassée et toujours prêt à économiser sur les dépenses. Le nom Harpagon est intéressant car c’est un nom adapté du grec qui signifie un crochet ou un grappin. Harpagon est un vieux veuf avec un fils et une fille qui essaie de se marier avec une jeune femme. La jeune femme est à son tour amoureuse de son fils. En même temps, Harpagon essaie d’organiser un mariage entre sa fille et un homme riche de son choix, mais sa fille est amoureuse de Valère qui est leur intendant. Puis l’or d’Harpagon est volé. La satire et la farce se fondent dans une intrigue rapide et en font une lecture intéressante et amusante.
Il y a eu de nombreuses adaptations de la pièce du fait que l’humour de Molière ne se traduit pas très bien et nécessite une libre adaptation pour réussir dans d’autres pays. Déjà en 1670 une traduction allemande appelée Der Geizige parut à Francfort, puis en 1672 Thomas Shadwell adapta la pièce en l’appelant “The Miser” et en y ajoutant 8 nouveaux personnages. Une version encore plus populaire basée à la fois sur Plaute et Molière a été créée par Henry Fielding en 1732. La pièce a également été adaptée aux opéras italiens en 1775, 1776 et 1814. Vasily Pashkevich a basé son opéra comique du XVIIIe siècle sur cette pièce en Russie, et la première adaptation arabe a été réalisée par le Libanais Marun Al Naqqash en 1817.
Il y avait aussi de nombreuses adaptations audio et cinématographiques. À titre d’exemple, le centre Lincoln a produit un enregistrement audio de cette pièce en 1969, et un film produit et mettant en vedette Louis de Funès a été produit en 1980.
Valère – Hé quoi ! charmante Élise, vous devenez mélancolique, après les obligeantes assurances que vous avez eu la bonté de me donner de votre foi ? Je vous vois soupirer, hélas ! au milieu de ma joie ! Est-ce du regret, dites-moi, de m’avoir fait heureux ? et vous repentez-vous de cet engagement où mes feux ont pu vous contraindre ?
Élise – Non, Valère, je ne puis pas me repentir de tout ce que je fais pour vous. Je m’y sens entraîner par une trop douce puissance, et je n’ai pas même la force de souhaiter que les choses ne fussent pas. Mais, a vous dire vrai, le succès me donne de l’inquiétude ; et je crains fort de vous aimer un peu plus que je ne devrais.
Valère – Eh ! que pouvez-vous craindre, Élise, dans les bontés que vous avez pour moi ?
Élise – Hélas ! cent choses à la fois : l’emportement d’un père, les reproches d’une famille, les censures du monde ; mais plus que tout, Valère, le changement de votre coeur, et cette froideur criminelle dont ceux de votre sexe payent le plus souvent les témoignages trop ardents d’un innocent amour.
Valère – Ah ! ne me faites pas ce tort, de juger de moi par les autres ! Soupçonnez-moi de tout, Élise, plutôt que de manquer à ce que je vous dois. Je vous aime trop pour cela ; et mon amour pour vous durera autant que ma vie.
Élise – Ah ! Valère, chacun tient les mêmes discours ! Tous les hommes sont semblables par les paroles ; et ce n’est que les actions qui les découvrent différents.
Valère – Puisque les seules actions font connaître ce que nous sommes, attendez donc, au moins, à juger de mon coeur par elles, et ne me cherchez point des crimes dans les injustes craintes d’une fâcheuse prévoyance. Ne m’assassinez point, je vous prie, par les sensibles coups d’un soupçon outrageux ; et donnez-moi le temps de vous convaincre, par mille et mille preuves, de l’honnêteté de mes feux.
Élise – Hélas ! qu’avec facilité on se laisse persuader par les personnes que l’on aime ! Oui, Valère, je tiens votre coeur incapable de m’abuser. Je crois que vous m’aimez d’un véritable amour, et que vous me serez fidèle : je n’en veux point du tout douter, et je retranche mon chagrin aux appréhensions du blâme qu’on pourra me donner.
Valère – Mais pourquoi cette inquiétude ?
Élise – Je n’aurais rien à craindre si tout le monde vous voyait des yeux dont je vous vois ; et je trouve en votre personne de quoi avoir raison aux choses que je fais pour vous. Mon coeur, pour sa défense, a tout votre mérite, appuyé du secours d’une reconnaissance où le ciel m’engage envers vous. Je me représente à toute heure ce péril étonnant qui commença de nous offrir aux regards l’un de l’autre ; cette générosité surprenante qui vous fit risquer votre vie, pour dérober la mienne à la fureur des ondes ; ces soins pleins de tendresse que vous me fîtes éclater après m’avoir tirée de l’eau, et les hommages assidus de cet ardent amour que ni le temps ni les difficultés n’ont rebuté, et qui, vous faisant négliger et parents et patrie, arrête vos pas en ces lieux, y tient en ma faveur votre fortune déguisée, et vous a réduit, pour me voir, à vous revêtir de l’emploi de domestique de mon père. Tout cela fait chez moi, sans doute, un merveilleux effet ; et c’en est assez, à mes yeux, pour me justifier l’engagement où j’ai pu consentir ; mais ce n’est pas assez peut-être pour le justifier aux autres, et je ne suis pas sûre qu’on entre dans mes sentiments.
Valère – De tout ce que vous avez dit, ce n’est que par mon seul amour que je prétends auprès de vous mériter quelque chose ; et quant aux scrupules que vous avez, votre père lui-même ne prend que trop de soin de vous justifier à tout le monde, et l’excès de son avarice, et la manière austère dont il vit avec ses enfants, pourraient autoriser des choses plus étranges. Pardonnez-moi, charmante Élise, si j’en parle ainsi devant vous. Vous savez que, sur ce chapitre, on n’en peut pas dire de bien. Mais enfin, si je puis, comme je l’espère, retrouver mes parents, nous n’aurons pas beaucoup de peine à nous les rendre favorables. J’en attends des nouvelles avec impatience, et j’en irai chercher moi-même, si elles tardent à venir.
Élise – Ah! Valère, ne bougez d’ici, je vous prie, et songez seulement à vous bien mettre dans l’esprit de mon père.
Valère – Vous voyez comme je m’y prends, et les adroites complaisances qu’il m’a fallu mettre en usage pour m’introduire à son service ; sous quel masque de sympathie et de rapports de sentiments je me déguise pour lui plaire, et quel personnage je joue tous les jours avec lui, afin d’acquérir sa tendresse. J’y fais des progrès admirables ; et j’éprouve que, pour gagner les hommes, il n’est point de meilleure voie que de se parer à leurs yeux de leurs inclinations, que de donner dans leurs maximes, encenser leurs défauts, et applaudir à ce qu’ils font. On n’a que faire d’avoir peur de trop charger la complaisance ; et la manière dont on les joue a beau être visible, les plus fins toujours sont de grandes dupes du côté de la flatterie, et il n’y a rien de si impertinent et de si ridicule qu’on ne fasse avaler, lorsqu’on l’assaisonne en louanges. La sincérité souffre un peu au métier que je fais ; mais, quand on a besoin des hommes, il faut bien s’ajuster à eux, et puisqu’on ne saurait les gagner que par là, ce n’est pas la faute de ceux qui flattent, mais de ceux qui veulent être flattés.
Élise – Mais que ne tâchez-vous aussi de gagner l’appui de mon frère, en cas que la servante s’avisât de révéler notre secret ?
Valère – On ne peut pas ménager l’un et l’autre ; et l’esprit du père et celui du fils sont des choses si opposées, qu’il est difficile d’accommoder ces deux confidences ensemble. Mais vous, de votre part, agissez auprès de votre frère, et servez-vous de l’amitié qui est entre vous deux pour le jeter dans nos intérêts. Il vient. Je me retire. Prenez ce temps pour lui parler, et ne lui découvrez de notre affaire que ce que vous jugerez à propos.
Élise – Je ne sais si j’aurai la force de lui faire cette confidence.
The Miser also called The School for lies is a five-act comedy in prose written by Molière which was first performed on September 9, 1968 in the theater of the Palais Royal in Paris. This play is now available in our French/English bilingual book section for your pleasure.
Molière
At the time, the Molière’s company was under the protection of Louis XV. We know that many scraps of dialogue and incidents are borrowed from the comedy Aulularia by Plautus on which it is loosely based as well as from contemporary Italian farces.
Actually the character of Harpagon is drawn from the latin play Aulularia in which the miser Euclio keeps changing the hiding place of his pot of gold out of fear of having it stolen but he also created the love affair between Elise and Valère based on the same play. The father as usurer was based on a play of Francois le Metel de Boisrobert of 1655 called “La Belle Plaideuse” . As for the father and son in love with the same woman, the idea came from the play of Jean Donneau de Visé of 1665 called “La mère Coquette”
The miser whose name is Harpagon is obsessed with the wealth he has amassed and always ready to save on expenses. The name Harpagon is interesting as it is a name adapted from the Greek which means a hook or grappling iron. Harpagon is an old widower with a son and daughter trying to arrange a marriage for himself with a young woman. The young woman in turn is in love with his son. At the same time Harpagon tries to arrange a wedding between his daughter to a wealthy man of his choosing, but his daughter is in love with Valere who is their steward. Then Harpagon’s gold is stolen. Satire and farce blend in a fast plot and make an interesting in amusing reading.
They were many adaptation of the play due to the fact that Moliere humor doesn’t translate very well and require free adaptation to succeed in other countries. Already in 1670 a German translation called Der Geizige appeared in Frankfurt, then in 1672 Thomas Shadwell adapted the play calling it “The Miser” and adding 8 new characters. An even more popular version which was based on both Plautus and Moliere was created by Henry Fielding in 1732. The play was also adapted to Italian Operas in 1775, 1776 and 1814. Vasily Pashkevich based his 18th century comic opera on this play in Russia and the first Arabic adaptation was done by the Lebanese Marun Al Naqqash in 1817.
There were also many audio and film adaptations. As example, the Lincoln center produced an audio recording of this play in 1969, and a movie produced and starring Louis de Funès was produced in 1980.
Val. What, dear Élise! you grow sad after having given me such dear tokens of your love; and I see you sigh in the midst of my joy! Can you regret having made me happy? and do you repent of the engagement which my love has forced from you?
Eli. No, Valère, I do not regret what I do for you; I feel carried on by too delightful a power, and I do not even wish that things should be otherwise than they are. Yet, to tell you the truth, I am very anxious about the consequences; and I greatly fear that I love you more than I should.
Val. What can you possibly fear from the affection you have shown me?
Eli. Everything; the anger of my father, the reproaches of my family, the censure of the world, and, above all, Valère, a change in your heart! I fear that cruel coldness with which your sex so often repays the too warm proofs of an innocent love.
Val. Alas! do not wrong me thus; do not judge of me by others. Think me capable of everything, Élise, except of falling short of what I owe to you. I love you too much for that; and my love will be as lasting as my life!
Eli. Ah! Valère, all men say the same thing; all men are alike in their words; their actions only show the difference that exists between them.
Val. Then why not wait for actions, if by them alone you can judge of the truthfulness of my heart? Do not suffer your anxious fears to mislead you, and to wrong me. Do not let an unjust suspicion destroy the happiness which is to me dearer than life; but give me time to show you by a thousand proofs the sincerity of my affection.
Eli. Alas! how easily do we allow ourselves to be persuaded by those we love. I believe you, Valère; I feel sure that your heart is utterly incapable of deceiving me, that your love is sincere, and that you will ever remain faithful to me. I will no longer doubt that happiness is near. If I grieve, it will only be over the difficulties of our position, and the possible censures of the world.
Val. But why even this fear?
Eli. Oh, Valère! if everybody knew you as I do, I should not have much to fear. I find in you enough to justify all I do for you; my heart knows all your merit, and feels, moreover, bound to you by deep gratitude. How can I forget that horrible moment when we met for the first time? Your generous courage in risking your own life to save mine from the fury of the waves; your tender care afterwards; your constant attentions and your ardent love, which neither time nor difficulties can lessen! For me you neglect your parents and your country; you give up your own position in life to be a servant of my father! How can I resist the influence that all this has over me? Is it not enough to justify in my eyes my engagement to you? Yet, who knows if it will be enough to justify it in the eyes of others? and how can I feel sure that my motives will be understood?
Val. You try in vain to find merit in what I have done; it is by my love alone that I trust to deserve you. As for the scruples you feel, your father himself justifies you but too much before the world; and his avarice and the distant way in which he lives with his children might authorise stranger things still. Forgive me, my dear Élise, for speaking thus of your father before you; but you know that, unfortunately, on this subject no good can be said of him. However, if I can find my parents, as I fully hope I shall, they will soon be favourable to us. I am expecting news of them with great impatience; but if none comes I will go in search of them myself.
Eli. Oh no! Valère, do not leave me, I entreat you. Try rather to ingratiate yourself in my father’s favour.
Val. You know how much I wish it, and you can see how I set about it. You know the skilful manoeuvres I have had to use in order to introduce myself into his service; under what a mask of sympathy and conformity of tastes I disguise my own feelings to please him; and what a part I play to acquire his affection. I succeed wonderfully well, and I feel that to obtain favour with men, there are no better means than to pretend to be of their way of thinking, to fall in with their maxims, to praise their defects, and to applaud all their doings. One need not fear to overdo it, for however gross the flattery, the most cunning are easily duped; there is nothing so impertinent or ridiculous which they will not believe, provided it be well seasoned with praise. Honesty suffers, I acknowledge; but when we have need of men, we may be allowed without blame to adapt ourselves to their mode of thought; and if we have no other hope of success but through such stratagem, it is not after all the fault of those who flatter, but the fault of those who wish to be flattered.
Eli. Why do you not try also to gain my brother’s goodwill, in case the servant should betray our secret?
Val. I am afraid I cannot humour them both. The temper of the father is so different from that of the son that it would be difficult to be the confidant of both at the same time. Rather try your brother yourself; make use of the love that exists between you to enlist him in our cause. I leave you, for I see him coming. Speak to him, sound him, and see how far we can trust him.
Eli. I greatly fear I shall never have the courage to speak to him of my secret.
Le tableau « Calme » (Притихло), appelé « paysages d’humeur » est l’une des œuvres les plus célèbres et les plus significatives de Nikolai Dubovskoy (Николай Дубовской). Il s’agit d’un paysage qui est une huile sur toile de 76,5 X 128 cm achevé en 1890 et appartenant aujourd’hui au Musée d’État russe de Saint-Pétersbourg. La peinture a été exposée pour la première fois à la 18ème exposition de l’Association de l’Exposition d’Art Itinérante avec un grand succès. L’empereur Alexandre III l’a immédiatement acheté, et Nikolaï Dubovskoy a dû en faire une répétition pour Pavel Tretiakov qui voulait également l’acheter. La répétition de 86 X143 cm se trouve à la Galerie d’État Tretiakov à Moscou.
Nikolai Dubovskoy – Quiet – 1890
Lors de la peinture du tableau «Calme», l’artiste a utilisé un croquis peint sur la côte baltique. Dans l’une de ses lettres, Nikolai Dubovskoy a écrit: « Le motif de la création de cette image était ce sentiment excitant qui a pris possession de moi à plusieurs reprises en observant la nature à un moment de silence avant un gros orage ou dans les intervalles entre deux orages, quand il est difficile de respirer, quand vous sentez votre insignifiance à l’approche des éléments. Cet état de nature – le silence avant un orage – peut être exprimé en un mot, «Calme». C’est le titre de mon tableau. »
Il y a plusieurs autres répétitions de l’auteur de la peinture. L’une de 1896, se trouve au musée d’art de Poltava. Une autre, datée de 1913-1915, appartient au musée d’art régional de Samara.
Il y a aussi une répétition d’auteur non datée qui se trouve au Musée régional des beaux-arts de Rostov, ainsi qu’au Musée national d’art de Biélorussie. Il y a une répétition intitulée « Un nuage approche » de 1912 qui se trouve au Musée Novocherkassk de l’histoire des Cosaques du Don.
La collection Musée-Réserve historique, artistique et architectural de Vladimir-Souzdal comprend également une répétition de l’huile sur toile de 69 × 112 cm des années 1890, et dans la galerie d’art régionale de Vologda, il y a une répétition de « Calme. Un nuage arrive », daté de 1912.
A cloud is coming (1912, NMIDC)
Une autre de 1890, également une huile sur toile de 85,6 × 133 cm est dans la collection du Zimmerli Museum de l’Université Rutgers situé à New Brunswic, New Jersey, États-Unis.
Quiet (1890, Zimmerli Museum, USA)
Description de la peinture
La peinture représente un paysage marin. Des nuages d’orage occupant presque toute la partie supérieure, pendent au-dessus de l’eau. Leur partie supérieure éclairée par le soleil ressemble à du coton blanc et la partie inférieure est remplie de noirceur inquiétante.
Nikolai Dubovskoy – Quiet – 1890
Il n’y a pas de vent, et les nuages clairs et sombres se reflètent dans l’eau lisse et noircie.
Au loin, vous pouvez voir la bande sombre de la côte, sur laquelle se trouvent des maisons d’un village. Les cimes rouge orangé vif des arbres et des buissons, se détachant sur le fond d’une forêt sombre, soulignent la tension de l’atmosphère.
Nikolai Dubovskoy – Quiet – 1890 -part boat
Si vous regardez de près, sur la surface lisse et presque brillante de l’eau, vous pouvez voir un petit bateau qui se déplace vers le rivage avec un rameur. Mais la terre est encore loin, ce qui ne peut qu’inspirer la peur chez le propriétaire de ce bateau. Il semble que ce petit navire soit tellement sans défense contre un orage qui approche qu’il est sur le point de se perdre quelque part dans les vagues de la mer.
L’état de nature tendu avant la tempête est clairement ressenti, en regardant les nuages de pluie menaçants, il semble que quelque chose de terrible est sur le point de se produire. Mais le sentiment d’impuissance d’une personne devant les éléments naturels, exprimé par Dubovsky dans le tableau « Calme », ne doit pas être pris comme son contenu principal. On ne peut pas supposer que le but de l’artiste était la glorification des éléments et son pouvoir sur les gens. En témoigne le fait que pour l’image, il n’a pas choisi la tempête elle-même, mais le moment qui la précède. Un petit bateau se dirigeant vers le rivage et s’efforçant de l’atteindre le plus rapidement possible ne souligne pas du tout l’impuissance d’une personne car nous ne savons pas si le rameur atteindra le rivage en toute sécurité, cependant, dès que nous le remarquons, nous ne pouvons que souhaiter qu’il atteigne le rivage en toute sécurité.
J’espère que vous avez apprécié cette peinture autant que moi
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The painting “Quiet” (Притихло), which is referred as “landscapes of mood” is one of the most famous and most significant works of Nikolai Dubovskoy (Николай Дубовской). It is a landscape which is an oil on canvas of 76.5 X 128 cm completed in 1890 and now belonging to the State Russian Museum of Saint Petersburg. The painting was first exposed at the 18th exhibition of the Association of Traveling Art Exhibition with great success. Emperor Alexander III immediately purchased it, and Nikolai Dubovskoy had to make a copy for Pavel Tretyakov who also wanted to buy it. The copy of 86 X143 cm is in the State Tretyakov Gallery in Moscow.
Nikolai Dubovskoy – Quiet – 1890
When painting the painting “Quiet”, the artist used a sketch painted on the Baltic coast. In one of his letters, Nikolai Dubovskoy wrote: “The motive for creating this picture was that exciting feeling that took possession of me many times when observing nature at a moment of silence before a big thunderstorm or in the intervals between two thunderstorms, when it is difficult to breathe, when you feel your insignificance at the approach of the elements. This state in nature – the silence before a thunderstorm – can be expressed in one word, “Quiet”. This is the title of my painting.”
There are several more author’s repetitions of the painting. One from 1896, is in the Poltava Art Museum. Another one, dated 1913-1915, belongs to the Samara Regional Art Museum.
There is also an undated author’s repetition is in the Rostov Regional Museum of Fine Arts, as well as in The National Art Museum of Belarus. There is a repetition called “A cloud is approaching” from 1912 which is in the Novocherkassk Museum of the History of the Don Cossacks.
The collection Vladimir-Suzdal Historical, Artistic and Architectural Museum-Reserve also include a repetition of the oil on canvas of 69 × 112 cm from 1890s, and in the Vologda Regional Art Gallery there is a repetition of “Quiet. A cloud is coming”, dated 1912.
A cloud is coming (1912, NMIDC)
Another one from 1890, also an oil on canvas of 85.6 × 133 cm is in the collection of the Zimmerli Museum of Rutgers University situated in New Brunswic, New Jersey, USA.
Quiet (1890, Zimmerli Museum, USA)
The painting depicts a seascape. Thunderclouds occupying almost the entire upper part, hang over the water. Their upper part illuminated by the sun, resembles white cotton wool, and the lower part is filled with ominous blackness.
Nikolai Dubovskoy – Quiet – 1890
There is no wind, and light and dark clouds are reflected in the smooth and blackened water.
In the distance you can see the dark strip of the coast, on which there are houses of some village. Bright orange-red crowns of trees and bushes, standing out against the background of a dark forest, emphasize the tension of the atmosphere.
Nikolai Dubovskoy – Quiet – 1890 -part boat
If you look closely, on a smooth, almost glossy surface of the water, you can see a tiny boat that is moving towards the shore with a rower. But the land is still far away, which cannot but inspire fear in the owner of this boat. It seems that this small ship is so defenseless against an approaching thunderstorm that it is about to get lost somewhere in the sea waves.
The tense state of nature before the storm is clearly felt, looking at the menacing rain clouds, it seems that something terrible is about to happen. But the feeling of a person’s helplessness in front of the natural elements, expressed by Dubovsky in the painting “Quiet”, should not be taken as its main content. It cannot be assumed that the artist’s goal was the glorification of the elements and its power over people. This is evidenced by the fact that for the image he chose not the storm itself, but the moment preceding it. A small boat heading towards the shore and striving to reach it as quickly as possible does not at all emphasize the impotence of a person as we do not know whether the rower will reach the shore safely, however, as soon as we notice him, we cannot but wish that he reaches the shore safely.
I hope you enjoyed this painting as much as I did
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Monsieur de Pourceaugnac a été écrit en septembre 1669 par Molière au château de Chambord, dans un village situé dans l’ancienne province d’Orléans ou l’actuel département français du Loir-et-Cher. C’est une comédie ballet en trois actes.
La pièce a été publiée pour la première fois à Paris par Jean Ribou dans un livre datant de 1670.
” On dit que Pourceaugnac a été créé à partir d’un gentilhomme du Limousin. Au cours d’un spectacle, il a été accusé d’avoir eu une querelle avec des acteurs de théâtre, qu’il a ridiculisés. Pour venger cet acte, Molière créa une pièce de théâtre où il s’en moqua.”
La pièce a été créée au château de Chambord pour le divertissement du roi de France, Louis XIV, le 6 octobre 1669. L’œuvre a été un grand succès et a été jouée 49 fois du vivant de son auteur.
Il y a quelques adaptations de “Monsieur de Pourceaugnac” comme “squire Trelloby en 1704 qui est une adaptation en langue anglaise, mais il y a aussi des opéras. La première adaptation d’opéra est d’Alberto Franchetti en 1897, puis de Frank Martin en 1962. Des films de la pièce de Molière ont été réalisés en 1930 et 1985 par Michel Mitrani.
L’histoire de Monsieur de Pourceaugnac en quelques mots:
Monsieur de Pourceaugnac est fiancé à Julie, qui est la fille d’Oronte. Mais Julie est amoureuse du jeune et beau Parisien Éraste et n’a aucune envie d’épouser Pourceaugnac. Pour éviter le mariage imminent, Julie et Éraste demandent de l’aide à Sbrigani. Celui-ci utilise toute sa ruse pour aider le jeune couple à travers une série de tromperies astucieuses.
SCÈNE I.—ÉRASTE, UNE MUSICIENNE, DEUX MUSICIENS CHANTANS, PLUSIEURS AUTRES JOUANT DES INSTRUMENTS; TROUPE DE DANSEURS.
ÉRASTE, aux musiciens et aux danseurs.
Suivez les ordres que je vous ai donnés pour la sérénade. Pour moi, je me retire et ne veux point paroître ici.
SCÈNE II.—UNE MUSICIENNE, DEUX MUSICIENS CHANTANS, PLUSIEURS AUTRES JOUANT DES INSTRUMENS; TROUPE DE DANSEURS.
Cette sérénade est composée de chant, d’instrumens et de danse. Les paroles qui s’y chantent ont rapport à la situation où Éraste se trouve avec Julie, et expriment les sentimens de deux amans qui sont traversés dans leurs amours par le caprice de leurs parens.
UNE MUSICIENNE.
Répands, charmante nuit, répands sur tous les yeux De tes pavots la douce violence; Et ne laisse veiller, en ces aimables lieux, Que les cœurs que l’amour soumet à sa puissance. Tes ombres et ton silence, Plus beaux que le plus beau jour, Offrent de doux momens à soupirer d’amour.
PREMIER MUSICIEN.
Que soupirer d’amour Est une douce chose, Quand rien à nos vœux ne s’oppose! A d’aimables penchans notre cœur nous dispose; Mais on a des tyrans à qui l’on doit le jour. Que soupirer d’amour Est une douce chose, Quand rien à nos vœux ne s’oppose!
SECOND MUSICIEN.
Tout ce qu’à nos vœux on oppose Contre un parfait amour ne gagne jamais rien; Et, pour vaincre toute chose, Il ne faut que s’aimer bien.
TOUS TROIS ENSEMBLE.
Aimons-nous donc d’une ardeur éternelle: Les rigueurs des parens, la contrainte cruelle, L’absence, les travaux, la fortune rebelle, Ne font que redoubler une amitié fidèle. Aimons-nous donc d’une ardeur éternelle: Quand deux cœurs s’aiment bien, Tout le reste n’est rien.
PREMIÈRE ENTRÉE DE BALLET.
Danse de deux maîtres à danser.
DEUXIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Danse de deux pages.
TROISIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Quatre curieux de spectacles, qui ont pris querelle pendant la danse des deux pages, dansent en se battant l’épée à la main.
QUATRIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Deux Suisses séparent les quatre combattans, et, après les avoir mis d’accord, dansent avec eux.
SCÈNE III.—JULIE, ÉRASTE, NÉRINE.
JULIE.
Mon Dieu, Éraste, gardons d’être surpris. Je tremble qu’on ne nous voie ensemble; et tout seroit perdu après la défense que l’on m’a faite.
ÉRASTE.
Je regarde de tous côtés et je n’aperçois rien.
JULIE, à Nérine.
Aie aussi l’œil au guet, Nérine; et prends bien garde qu’il ne vienne personne.
NÉRINE, se retirant dans le fond du théâtre.
Reposez-vous sur moi, et dites hardiment ce que vous avez à vous dire.
JULIE.
Avez-vous imaginé pour notre affaire quelque chose de favorable? et croyez-vous, Éraste, pouvoir venir à bout de détourner ce fâcheux mariage que mon père s’est mis en tête?
ÉRASTE.
Au moins y travaillons-nous fortement; et déjà nous avons préparé un bon nombre de batteries pour renverser ce dessein ridicule.
NÉRINE, accourant, à Julie.
Par ma foi, voilà votre père.
JULIE.
Ah! séparons-nous vite.
NÉRINE.
Non, non, non, ne bougez; je m’étois trompée.
JULIE.
Mon Dieu! Nérine, que tu es sotte de nous donner de ces frayeurs!
ÉRASTE.
Oui, belle Julie, nous avons dressé pour cela quantité de machines; et nous ne feignons point de mettre tout en usage, sur la permission que vous m’avez donnée. Ne nous demandez point tous les ressorts que nous ferons jouer; vous en aurez le divertissement; et, comme aux comédies, il est bon de vous laisser le plaisir de la surprise, et de ne vous avertir point de tout ce qu’on vous fera voir: c’est assez de vous dire que nous avons en main divers stratagèmes tout prêts à produire dans l’occasion, et que l’ingénieuse Nérine et l’adroit Sbrigani entreprennent l’affaire.
NÉRINE.
Assurément. Votre père se moque-t-il, de vouloir vous anger de son avocat de Limoges, monsieur de Pourceaugnac, qu’il n’a vu de sa vie, et qui vient par le coche vous enlever à notre barbe? faut-il que trois ou quatre mille écus de plus, sur la parole de votre oncle, lui fassent rejeter un amant qui vous agrée? et une personne comme vous est-elle faite pour un Limosin? S’il a envie de se marier, que ne prend-il une Limosine, et ne laisse-t-il en repos les chrétiens? Le seul nom de monsieur de Pourceaugnac m’a mise dans une colère effroyable. J’enrage de monsieur de Pourceaugnac. Quand il n’y auroit que ce nom-là, monsieur de Pourceaugnac, j’y brûlerai mes livres, ou je romprai ce mariage; et vous ne serez point madame de Pourceaugnac. Pourceaugnac! cela se peut-il souffrir? Non, Pourceaugnac est une chose que je ne saurois supporter; et nous lui jouerons tant de pièces, nous lui ferons tant de niches, sur niches, que nous renverrons à Limoges monsieur de Pourceaugnac.
ÉRASTE.
Voici notre subtil Napolitain, qui nous dira des nouvelles.