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Comédie: “L’Âne et le Ruisseau” d’Alfred de Musset

Œuvres posthumes

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L’Âne et le Ruisseau

Scène V

***

Les Mêmes, VALBRUN.

La comtesse.

C’est vous, monsieur ? Comment vous va ?

Valbrun.

Madame, je me reprochais d’avoir passé hier la journée sans vous voir ; j’ai été forcé… malgré moi…À Prévannes.

Bonjour, Édouard ; j’ai été obligé…

La comtesse.

Vous avez été obligé…

Valbrun.

Oui, j’ai été… à la campagne. Cela repose… cela distrait un peuIl s’assied.

La comtesse.

Sans doute ; c’est très salutaire.

Valbrun.

Oui, madame, et je craignais fort de ne pas vous trouver aujourd’hui.

La comtesse.

Pourquoi ? Vous deviez être bien sûr de l’impatience que j’aurais de vous voir. Autrefois vous étiez moins rare.

Valbrun.

Ceci n’est pas un reproche, j’espère ?

La comtesse.

Non ; pourquoi vous en ferais-je… Vous n’en méritez sûrement pas.

Valbrun.

Non, madame et je crois que vous me rendez trop de justice pour penser autrement de moi.

La comtesse.

Si je vous soupçonnais d’oublier vos amis, je me le reprocherais comme un crime.

Valbrun.

Oui… vous avez raison, c’en serait un véritable… Allez-vous ce soir à l’Opéra ?

La comtesse.

Je n’en sais rien ; je ne suis pas bien portante.

Valbrun.

Cela est fâcheux.Pendant cette scène, Prévannes regarde souvent la comtesse en donnant des signes d’impatience.

La comtesse.

Oh ! ce ne sera rien. À propos, baron, je voulais vous dire…À part.

Je n’oserai jamais, c’est impossible !Haut.

Comment se porte madame d’Orvilliers ?

Valbrun.

Ma tante ? fort bien, je vous remercie. Elle va partir aussi pour la campagne.

La comtesse.

Comment, aussi ? est-ce que vous y retournez ?

Valbrun.

Je n’en sais rien, cela dépendra de certaines circonstances…

La comtesse.

De certaines circonstances… et ces circonstances ne dépendent-elles pas de vous ?

Valbrun.

Pas tout à fait. On n’est pas toujours maître de ses actions.

La comtesse.

Vous me surprenez. Il me semblait que vous m’aviez dit… dernièrement… que vous étiez indépendant, par votre position comme par votre fortune, que rien ne vous gênait, ne vous contraignait. C’est comme moi, qui suis parfaitement libre, et qui puis, à mon gré, disposer de moi.

Valbrun.

Je suis bien libre aussi, si vous voulez ; mais je n’ai pas encore pris mon parti.

La comtesse.

C’est ce que je vois.

Prévannes, à part.

La peste l’étouffe !

Valbrun.

Oui, c’est, embarrassant. Les uns me conseillent l’exercice, les autres le repos absolu. Il est bien vrai qu’à la campagne on peut trouver l’un ou l’autre à son choix.

La comtesse.

Sans doute. À propos de campagne, je voulais vous dire…À part.

Quelle fatigue !Haut.

La vôtre n’est pas loin de Paris ?

Valbrun.

Oh ! mon Dieu ! non, madame, c’est à deux pas derrière Choisy ; c’est un parc anglais ; et, si j’osais jamais espérer que votre présence vînt l’embellir…

La comtesse.

Mais cela pourrait se faire… je ne dis pas non… je me souviens même…

Valbrun, se levant et saluant.

Je serais heureux de vous recevoir.

La comtesse.

Où allez-vous donc ?

Valbrun.

Je ne voulais que vous voir un instant. Je… je reviendrai… si vous le permettez.Il salue de nouveau et veut s’en aller. Prévannes fait signe à la comtesse de le retenir.

La comtesse.

Vous n’êtes pas si pressé ! Restez donc là. J’ai à vous parler.

Valbrun.

Comme vous voudrez.Il se rassied.

La comtesse, à part.

Prévannes le gêne, j’en étais sûre.Haut.

C’est au sujet de ma terre de Cernay, vous savez…À part.

Je suis au supplice…



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George Sand. Portrait by A. de Musset. 1833

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