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Conte Oriental: “Namouna” d’Alfred de Musset

Premières Poésies

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Chant premier I – X , XI – XX , XXI – XXX , XXXI – XL , XLI – L , LI – LX , LXI – LXX , LXXI – LXXVIII , Chant deuxième I – X , XI – XX , XXI – XXX , XXXI – XL , XLI – L , LI – LV , Chant troisième I – XIV


Namouna

***

LI

Oui, oui, n’en doutez pas, c’est un plaisir perfide
Que d’enivrer son âme avec le vin des sens ;
Que de baiser au front la volupté timide
Et de laisser tomber, comme la jeune Elfride,
La clef d’or de son cœur dans les eaux des torrents.
Heureux celui qui met, dans de pareils moments

LII


Comme ce vieux vizir qui gardait sa sultane,
La lame de son sabre entre une femme et lui !
Heureux l’autel impur qui n’a pas de profane !
Heureux l’homme indolent pour qui tout est fini
Quand le plaisir s’émousse, et que la courtisane
N’a jamais vu pleurer après qu’il avait ri !

LIII

Ah ! l’abîme est si grand ! la pente est si glissante !
Une maîtresse aimée est si près d’une sœur !
Elle vient si souvent, plaintive et caressante,
Poser, en chuchotant, son cœur sur votre cœur !
L’homme est si faible alors ! la femme est si puissante !
Le chemin est si doux du plaisir au bonheur !

LIV

Pauvres gens que nous tous ! — et celui qui se livre
De ce qu’il aura fait doit tôt ou tard gémir !
La coupe est là, brûlante, — et celui qui s’enivre
Doit rire de pitié s’il ne veut pas frémir !
Voilà le train du monde, et ceux qui savent vivre
Vous diront à cela qu’il valait mieux dormir.

LV

Oui, dormir — et rêver ! — Ah ! que la vie est belle
Quand un rêve divin fait sur sa nudité
Pleuvoir les rayons d’or de son prisme enchanté,
Frais comme la rosée, et fils du ciel comme elle !
Jeune oiseau de la nuit, qui, sans mouiller son aile,
Voltige sur les mers de la réalité !

LVI

Ah ! si la rêverie était toujours possible !
Et si le somnambule, en étendant la main,
Ne trouvait pas toujours la nature inflexible
Qui lui heurte le front contre un pilier d’airain !
Si l’on pouvait se faire une armure insensible !
Si l’on rassasiait l’amour comme la faim !

LVII

Pourquoi Manon Lescaut, dès la première scène,
Est-elle si vivante et si vraiment humaine,
Qu’il semble qu’on l’a vue et que c’est un portrait ?
Et pourquoi l’Héloïse est-elle une ombre vaine
Qu’on aime sans y croire et que nul ne connaît ?
Ah ! rêveurs, ah ! rêveurs, que vous avons-nous fait ?

LVIII

Pourquoi promenez-vous ces spectres de lumière
Devant le rideau noir de nos nuits sans sommeil,
Puisqu’il faut qu’ici-bas tout songe ait son réveil,
Et puisque le désir se sent cloué sur terre,
Comme un aigle blessé qui meurt dans la poussière,
L’aile ouverte, et les yeux fixés sur le soleil !

LIX

Manon ! sphinx étonnant ! véritable sirène,
Cœur trois fois féminin, Cléopâtre en paniers !
Quoi qu’on dise ou qu’on fasse, et bien qu’à Sainte-Hélène
On ait trouvé ton livre écrit pour des portiers,
Tu n’en es pas moins vraie, infâme, et Cléomène  [1]
N’est pas digne, à mon sens, de te baiser les pieds.

LX

Tu m’amuses autant que Tiberge m’ennuie.
Comme je crois en toi, que je t’aime et te hais !
Quelle perversité ! quelle ardeur inouïe
Pour l’or et le plaisir ! Comme toute la vie
Est dans tes moindres mots ! Ah ! folle que tu es,
Comme je t’aimerais demain, si tu vivais !



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George Sand. Portrait by A. de Musset. 1833

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