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Poème: “Voix de l’Orgueil : un cri puissant comme d’un cor…” de Paul Verlaine

Sagesse

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< < < Et j’ai revu l’enfant unique : il m’a semblé…
L’ennemi se déguise en l’Ennui… > > >


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Voix de l’Orgueil ; un cri puissant, comme d’un cor.
Des étoiles de sang sur des cuirasses d’or,
On trébuche à travers des chaleurs d’incendie…
Mais en somme la voix s’en va, comme d’un cor.

Voix de la Haine : cloche en mer, fausse, assourdie
De neige lente. Il fait si froid ! Lourde, affadie,
La vie a peur et court follement sur le quai
Loin de la cloche qui devient plus assourdie.

Voix de la Chair : un gros tapage fatigué.
Des gens ont bu. L’endroit fait semblant d’être gai.
Des yeux, des noms, et l’air plein de parfums atroces
Où vient mourir le gros tapage fatigué.

Voix d’Autrui : des lointains dans les brouillards. Des noces
Vont et viennent. Des tas d’embarras. Des négoces.
Et tout le cirque des civilisations
Au son trotte-menu du violon des noces.

Colères, soupirs noirs, regrets, tentations
Qu’il a fallu pourtant que nous entendissions
Pour l’assourdissement des silences honnêtes.
Colères, soupirs noirs, regrets, tentations,

Ah ! les Voix, mourez donc, mourantes que vous êtes,
Sentences, mots en vain, métaphores mal faites,
Toute la rhétorique en fuite des péchés.
Ah ! les Voix, mourez donc, mourantes que vous êtes !

Nous ne sommes plus ceux que vous auriez cherchés.
Mourez à nous, mourez aux humbles vœux cachés
Que nourrit la douceur de la Parole forte,
Car notre cœur n’est plus de ceux que vous cherchez !

Mourez parmi la voix que la prière emporte
Au ciel, dont elle seule ouvre et ferme la porte
Et dont elle tiendra les sceaux au dernier jour,
Mourez parmi la voix que la prière apporte,

Mourez parmi la voix terrible de l’Amour !


Dessin de Verlaine. Une soirée chez Verlaine à l'hôtel meublé de l'impasse Royer-Collard en 1889, paru dans La Plume en 1896.
Une soirée chez Verlaine par Verlaine – 1889, .


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L’ennemi se déguise en l’Ennui… > > >

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