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Poème “En conseil” de Victor Hugo

Les Années funestes

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En conseil

***

Mai joyeux, juin frais etendre
Arriveront à propos
Pour que : vous puissiez entendre
La clochette des troupeaux.

Venez, vous verrez les guêtres
Du vieux laboureur normand ;
Les mouches par vos fenêtres
Entréront éperdûmént.

Le soir, sous les vignes vierges,
Vous Verrez Dieu qui nous luit
Allumer les mille cierges
De sa messe de minuit.

Et nous oublierons ces choses
Dont on pleure et dont on rit,
L’homme ingrat, les ans moroses,
L’eau sombre où l’esquif périt,

La fuite de l’espérance,
Les cœurs faux le temps si court,
Et qu’on partage la France
Dans la Gazette d’Augsbourg.

25 juin 1859.

— Toute la question, dit-il, c’est l’ouvrier.
Que Décembre lui soit meilleur que Février,
C’est là ma politique. Écoutez, mes ministres.
Il faut sourire au peuple avec des yeux’ sinistres.
Ainsi l’on règne. Ainsi l’on gouverne. J’entends
Faire adorer leur chaîne ’ aux travailleurs contents.
— Sire, c’est malaisé. — C’est simple. — Comment faire
Pour loger l’ouvrier ? — Je lui bâtis un square.
Il aura sa caserne ainsi que le soldat.
Ils sont frères. — C’est vrai – Leur plaire est mon mandat.
— Mais, sire, l’ouvrier veut manger. Je le gave.
L’engraissement éteint la fierté de l’esclave.
L’ouvrier veut trouver une femme au logis.
— Je le fais marier par Saint-François-Régis.
— L’ouvrier, car il fait, sire, beaucoup de rêves,
Veut être mieux payé – Je lui permets les grèves.
— L’ouvrier veut aller au spectacle – Il aura
Partout le lupanar sous le nom d’opéra.
Je lui prodiguerai des tas de femmes nues.
Je lui montre Astarté planant au fond des nues.
Je lui donne Gorju, Bobêche et Turlupin.
Je l’enchante. — Oui, voilà des cirques et du pain.

Mais du vin ? — Je l’en soûle. à battre la muraille.
— Et s’il veut être libre enfin ? — Je le mitraille.

Ainsi l’on parle, et moi, dans le bouge infamant,
J’entre, et je te regarde, Histoire, fixement.

20 octobre.


La tour des rats de Victor Hugo - 1847
La tour des rats de Victor Hugo – 1847


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