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Poème “Les prêtres des faux dieux” de Victor Hugo

Les Années funestes

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< < < Ils nous raillent, disant
Quand des trous à ses mains > > >


Les prêtres des faux dieux

***

Les prêtres des faux dieux jouant leurs comédies,
Le mal, l’erreur,
Ce Bonaparte, et toi, paysan, qui mendies
Un empereur,

Toi qui peux être un homme et veux être une brute,
Troupeaux mouvants
Sur qui s’acharne et passe et repasse la lutte
Des quatre vents,

Foule qui vas courbant des millions de têtes,
Bourgeois distraits
Qui vivez avec l’œil plus vague que les bêtes
Dans les forêts,

Les noirs évènements sur les masses obscures,
Les talions,
Les deuils, les envieux, les serpents, leurs piqûres
Aux grands lions,

Me dire que quiconque, à Paris ou dans Rome,
Honte et remords !
Mettra l’oreille à terre, entendra de cet homme
Parler les morts,

Que tout ce qu’il a fait d’iniquités égale
La quantité
D’astres qu’on voit aux cieux quand chante la cigale,
Les soirs d’été ;

Rouler dans mon esprit la sanglante besogne
Du boulevard,
Et Morny, puis. Troplong 20, aller de cet ivrogne
A ce bavard ;

Puebla, Mentana ; Compiègne, son opprobre,
Ses jeux, ses goûts ;
Les meurtres plus nombreux que les mouches d’octobre
Dans les égouts ;

Le pontife sans foi, l’apôtre sans doctrine,
Abject semeur,
C’est tout cela qui fait sortir de ma poitrine
L’âpre clameur !

C’est tout cela qui fait que ma colère gronde
Profondément,

Et que l’écueil n’est pas sous les affronts de l’onde
— Plus écumant ;

C’est tout cela qui. fait que ma strophe aux cent bouches,
Pleine d’effrois,..
Ressemble au hallier sombre où des. bêtes farouches
Mêlent leurs voix,

Je suis l’avertisseur terrible qui se dresse,
L’avant-coureur ;
Et mes vers n’ont.pas moins de haine vengeresse,
Pàs moins d’horreur

Que les filles d’Hellé chantant leur ronde austère
Dans Ipsara ;
Et l’intervention d’aucun pouvoir sur terre
N’arrachera

De mes mains ce tyran, ce juge, ce ministre,
Cet histrion ;
Pas plus qu’un souffle humain n’éteindrait le sinistre
Septentrion.

28 novembre.


La tour des rats de Victor Hugo - 1847
La tour des rats de Victor Hugo – 1847


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