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Littérature française – Livres bilingues – Contes de fées et Livres d’enfants – Poésie Française – Antoinette Des Houlières – Poèmes dAntoinette Des Houlières
< < < À madame d’Ussé
À monsieur Fléchier > > >
À monsieur l’abbé de Lavau
de l’académie française.
***
Il est aujourd’hui votre fête,
Et de ces agréables fleurs
Dont le temps ne saurait effacer les couleurs
Ma main devrait, abbé, couronner votre tête ;
Mais, hélas ! depuis quelques jours
Je cherche en vain sur le Parnasse
Ces vives fleurs que rien n’efface,
Et que vous y cueillez toujours.
Que vous donner donc à leur place ?
Un simple bonjour ? C’est trop peu :
Mon cœur ? C’est un peu trop, quoique sa saison passe,
Il ne faut même pas, de votre propre aveu,
Que jamais de son cœur mon sexe se défasse ;
Et d’ailleurs, dans le train où vous a mis la grâce,
Train qui chez vous n’est point un jeu,
Le présent d’un cœur embarrasse.
Je sais que depuis quelque temps
On donne pour bouquet des bijoux importans.
Mais quand vous verrez la fortune,
Demandez-lui si dans ces lieux
Où les Muses chantent le mieux
Elle daigne en mettre quelqu’une
En pouvoir de donner des bijoux précieux.
Pas une des neuf Sœurs par elle n’est aidée.
Abbé, le nom de bel esprit
Ici ne donne point d’idée
De gloire, d’aise, de crédit,
Comme de certains noms qui, d’abord qu’on les dit,
Tout pauvres qu’ils sont par eux-mêmes,
Remplissent l’esprit de trésors,
De voluptés, d’honneurs suprêmes ;
Partout excellens passe-ports
Des vices de l’âme et du corps.
Je m’égare, et je moralise
Peut-être un peu hors de saison.
Qu’y faire ? Malgré la raison,
Dans tout ce qu’on écrit on se caractérise.
Cependant revenons à vous.
Tâchons par des souhaits à nous tirer d’affaire.
Je sais que c’est ne donner guère :
Mais ceux que la nature a formés comme nous,
D’un limon moins grossier que le limon vulgaire,
Trouvent des charmes aussi doux
Dans les souhaits d’un cœur sincère
Que dans les plus riches bijoux.
Ce n’est ni du savoir, ni de l’esprit solide,
Ni de la piété qu’il faut vous souhaiter ;
Vous en avez assez, abbé, pour en prêter.
Est-ce une conduite rigide ?
Est-ce une probité sur qui pouvoir compter ?
Encor moins. Votre cœur jamais ne vous expose
Aux déréglemens, aux noirceurs
Que la faiblesse humaine cause :
Et sur le mérite et les mœurs
On pourrait défier les plus fins connaisseurs
De vous souhaiter quelque chose.
Tout ce qu’une femme résout
Arrive bien ou mal, comme il est dans sa tête.
Je veux par des souhaits célébrer votre fête ;
Et j’en trouve un à faire enfin selon mon goût.
Je ne sais s’il sera du vôtre,
Abbé, le voici sans façon.
Saint Louis est votre patron :
Louis-le-Grand en est un autre,
Au gré de bien des gens, pour le moins aussi bon.
Que pour vous faire un sort qui soit digne d’envie,
Leurs soins, à votre égard, se partagent ainsi :
Que l’un, lorsqu’à cent ans vous sortirez d’ici,
Vous procure les biens de l’éternelle vie ;
Et que l’autre vous rende heureux en celle-ci.
< < < À madame d’Ussé
À monsieur Fléchier > > >

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