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Poème: “Ballade XV” de Charles d’Orléans

Poésies complètes, Flammarion, 1915

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Ballades V à XXV

Ballade XV

***

     Or ça, puisque il faut que responde,
Moy, Fortune, je parleray :
Si grant n’est, ne puissant ou monde,
À qui bien parler n’ozeray.
J’ay fait, faiz encore, et feray
Ainsi que bon me semblera
De ceulx qui sont soubz ma puissance ;
Parle qui parler en vouldra.
Je n’en feray qu’à ma plaisance.
     Quant les biens, qui sont en la ronde,
Sont miens, et je les donneray
Par grant largesse, dont j’abonde,
Et après je les reprendray,
Certes, à nul tort ne feray.
Qui esse qui m’en blasmera ?
Je l’ay ainsi d’acoustumance.
En gré le preigne qui pourra,
Je n’en feray qu’à ma plaisance.
     En raison jamais ne me fonde,
Mais mon vouloir accompliray ;
Les aucuns convient que confonde,
Et les autres avanceray ;
Mon propos souvent changeray,
En plusieurs lieux, puis çà, puis là,
Sans regle ne sans ordonnance.
Où est il qui m’en gardera ?
Je n’en feray qu’à ma plaisance.

ENVOI

     On escript : Tant qu’il nous plaira,
Ès lettres des seigneurs de France ;
Pareillement de moy sera,
Je n’en feray qu’à ma plaisance.



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