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Poème: “Les Adieux De La Petite Diva” de Germain Nouveau


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Les Adieux De La Petite Diva

***

Elle entre en cachant son visage avec des bouquets.
Arrivée à l’avant-scène, elle les écarte, et sourit.

C’est moi !… Regardez-moi, cela vous est permis
Pour la dernière fois…

Bonsoir, mes bons amis.

Votre diva, votre bijou, votre chérie
S’en va… Ne soyez pas fâchés.

Joignant les mains
Je vous en prie !

Que mon doux souvenir, dans vos âmes laissé,
Soit comme un frais pastel par le temps effacé,
Un arôme léger, une poussière rose.

Envoyant un baiser

Ô mon cher bon public, jamais froid, ni morose !
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour mes adorateurs fidèles, il n’y a
Pas de saison sans rose et sans magnolia.
Pour parfumer ma loge avec des senteurs rares
On a fait voyager du printemps dans les gares.
On a cueilli le jasmin d’or, cher à Carmen
Sur les sierras, sur les glaciers, le cyclamen ;

Désignant un de ses bouquets

Et cette violette aux tons pâles est née
Sur les bords qu’attiédit la Méditerranée.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Et pourtant, je m’en vais, ingrate, vous quitter.
Je pars, — bien que je sache à n’en pouvoir douter.
Que, dans la salle, il n’est pas un cœur qui ne batte,
Quand j’entre en scène avec des airs mignons de chatte

À certains spectateurs

Vous qui créez mes travestis exquis et fous.
Vous, le grand financier, découvreur d’astres, vous,
Messieurs du Strapontin, du couloir, de la loge,
Qui remplissez votre journal de mon éloge,
Laissez-moi vous conter, pour me justifier,
Le rêve auquel je vais tous vous sacrifier.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Rêveuse, très lentement

Pouvoir tous les matins, sans qu’un filet la serre,
Peigner ma chevelure opulente et sincère,
N’aller pas emprunter à Madame Loysel
Ces frisons blonds, pareils aux plumes de l’oisel.
Et, le soir, plus de Jabloschkoff, plus de bougie…
La lampe avec son abat-jour, ô nostalgie !
Avoir, (oh ! si longtemps ce rêve m’a ravi !)
Le droit d’être enchaînée et d’aimer son mari.



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