Littérature Russe – Livres pour enfants – Poésie Russe – Fédor Dostoïevski – Les possédés – Table des matières
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Deuxième Partie
Chapitre II
III
Deux fois plus grande que la pièce occupée par le capitaine, la chambre de Marie Timoféievna ne renfermait pas un mobilier plus élégant; mais la table qui faisait face au divan était couverte d’une nappe de couleur, sur tout le parquet s’étendait un beau tapis, et le lit était masqué par un long rideau vert qui coupait la chambre en deux; il y avait en outre près de la table un grand et moelleux fauteuil sur lequel pourtant Marie Timoféievna n’était pas assise. Ici comme dans le logement de la rue de l’Épiphanie une lampe brûlait dans un coin devant une icône, et sur la table se retrouvaient aussi les mêmes objets: jeu de cartes, miroir, chansonnier, tout jusqu’au petit pain blanc; de plus, on y voyait un album de photographies et deux livres avec des gravures coloriées: l’un était une relation de voyage arrangée à l’usage de la jeunesse, l’autre un recueil d’histoires morales et pour la plupart chevaleresques. Ainsi que l’avait dit le capitaine, sans doute Marie Timoféievna avait attendu le visiteur, mais quand celui-ci entra chez elle, elle dormait, à demi couchée sur le divan. Nicolas Vsévolodovitch ferma sans bruit la porte derrière lui, et, sans bouger de place, se mit à considérer la dormeuse.
Le capitaine avait menti en disant que sa soeur avait fait toilette. Elle portait la robe de couleur sombre que nous lui avons vue chez Barbara Pétrovna. Maintenant comme alors son long cou décharné était à découvert, et ses cheveux étaient réunis sur sa nuque en un chignon minuscule. Le châle noir donné par Barbara Pétrovna était plié soigneusement et reposait sur le divan. Cette fois encore Marie Timoféievna était grossièrement fardée de blanc et de rouge. Moins d’une minute après l’apparition de Nicolas Vsévolodovitch, elle se réveilla soudain comme si elle eût senti son regard sur elle, ouvrit les yeux et se redressa vivement. Mais il est probable que le visiteur éprouvait lui-même une impression étrange: toujours debout près de la porte, il ne proférait pas un mot et ses yeux restaient obstinément fixés sur le visage de Marie Timoféievna. Peut-être avaient-ils quelque chose de particulièrement dur, peut-être exprimaient-ils le dégoût, même une joie maligne de la frayeur ressentie par la folle, ou bien cette dernière, mal éveillée, crut-elle seulement lire cela dans le regard de Nicolas Vsévolodovitch? Quoi qu’il en soit, au bout d’un moment les traits de la pauvre femme prirent une expression de terreur extraordinaire; des convulsions parcoururent son visage, elle leva les bras, les agita, et tout à coup fondit en larmes comme un enfant épouvanté; encore un instant, et elle aurait crié. Mais le visiteur s’arracha à la contemplation, un brusque changement s’opéra dans sa physionomie, et ce fut avec le sourire le plus gracieux qu’il s’approcha de la table:
— Pardon, je vous ai fait peur, Marie Timoféievna, dit-il en lui tendant la main, — j’ai eu tort de venir vous surprendre ainsi au moment de votre réveil.
L’aménité de ce langage produisit son effet. La frayeur de Marie Timoféievna se dissipa, quoiqu’elle continuât à regarder Stavroguine avec appréhension, en faisant de visibles efforts pour comprendre. Elle tendit craintivement sa main. À la fin, un timide sourire se montra sur ses lèvres.
— Bonjour, prince, dit-elle à voix basse, tout en considérant d’un air étrange Nicolas Vsévolodovitch.
— Sans doute vous avez fait un mauvais rêve? reprit-il avec un sourire de plus en plus aimable.
— Mais vous, comment savez-vous que j’ai rêvé de cela?…
Et soudain son tremblement de tout à l’heure la ressaisit, elle se rejeta en arrière et leva le bras devant elle comme pour se protéger, peu s’en fallut qu’elle ne fondit de nouveau en larmes.
— Remettez-vous, de grâce; pourquoi avoir peur? Est-il possible que vous ne me reconnaissiez pas? ne cessait de répéter Nicolas Vsévolodovitch, mais, cette fois, il fut longtemps sans pouvoir la rassurer; elle le regardait silencieusement, en proie à une cruelle incertitude, et l’on voyait qu’elle faisait de pénibles efforts pour concentrer sa pauvre intelligence sur une idée. Tantôt elle baissait les yeux, tantôt elle les relevait brusquement et enveloppait le visiteur d’un regard rapide. À la fin, elle parut, sinon se calmer, du moins prendre un parti.
— Asseyez-vous, je vous prie, à côté de moi, afin que plus tard je puisse vous examiner, dit-elle d’une voix assez ferme; il était clair qu’une nouvelle pensée venait de se faire jour dans son esprit. — Mais, pour le moment, ne vous inquiétez pas, moi-même je ne vous regarderai pas, je tiendrai les yeux baissés. Ne me regardez pas non plus jusqu’à ce que je vous le demande. Asseyez- vous donc, ajouta-t-elle avec impatience.
Elle était visiblement dominée de plus en plus par une impression nouvelle.
Nicolas Vsévolodovitch s’assit et attendit; il y eut un assez long silence.
— Hum! je trouve tout cela étrange, murmura-t-elle tout à coup d’un ton presque méprisant; sans doute je fais beaucoup de mauvais rêves; seulement pourquoi vous ai-je vu en songe sous ce même aspect?
— Allons, laissons là les rêves, répliqua le visiteur impatienté, et, malgré la défense qu’elle lui en avait faite, il se retourna vers elle. Peut-être ses yeux avaient-ils la même expression que tantôt. À plusieurs reprises il remarqua que Marie Timoféievna aurait bien voulu le regarder, qu’elle en avait grande envie, mais que, se roidissant contre son désir, elle s’obstinait à contempler le parquet.
— Écoutez, prince, écoutez, dit-elle en élevant soudain la voix, — écoutez, prince…
— Pourquoi vous êtes-vous détournée? Pourquoi ne me regardez-vous pas? À quoi bon cette comédie? interrompit-il violemment.
Mais elle n’eut pas l’air de l’avoir entendu; sa physionomie était soucieuse et maussade.
— Écoutez, prince, répéta-t-elle pour la troisième fois d’un ton ferme; — quand, l’autre jour, dans la voiture vous m’avez dit que vous feriez connaître notre mariage, je me suis effrayée à la pensée que notre secret serait rendu public. Maintenant je ne sais pas, j’ai beaucoup réfléchi, et je vois clairement que je ne suis bonne à rien. Je sais m’habiller, à la rigueur je saurais aussi recevoir: il n’est pas bien difficile d’offrir une tasse de thé aux gens, surtout quand on a des domestiques. Mais, n’importe, on me regardera de travers. Dimanche, lors de ma visite dans cette maison-là, j’ai observé bien des choses. Cette jolie demoiselle m’a examinée tout le temps, surtout à partir du moment où vous êtes entré. C’est vous, n’est-ce pas, qui êtes entré alors? Sa mère, cette vieille dame du monde, est simplement ridicule. Mon Lébiadkine s’est distingué aussi; pour ne pas éclater de rire, j’ai toujours regardé le plafond, il est orné de belles peintures. Sa mère _à lui _pourrait être supérieure d’un couvent; j’ai peur d’elle, quoiqu’elle m’ait fait cadeau d’un châle noir. Toutes ces personnes ont dû donner un triste témoignage de moi, je ne leur en veux pas, seulement je me disais alors en moi-même: Quelle parente suis-je pour elles? Sans doute on n’exige d’une comtesse que les qualités morales, — celles d’une femme de ménage ne lui sont pas nécessaires, car elle a une foule de laquais, — mettons qu’il lui faut aussi un peu de coquetterie mondaine pour être en état de recevoir les étrangers de distinction, voilà tout! Mais, n’importe, dimanche on me regardait d’un air de désolation. Dacha seule est un ange. J’ai bien peur qu’on ne l’ait chagrinée en lui tenant des propos inconsidérés sur mon compte.
— N’ayez pas peur et ne vous tourmentez pas, dit Nicolas Vsévolodovitch avec un sourire qu’il ne réussit pas à rendre agréable.
— Du reste, quand même il serait un peu honteux de moi, cela ne me ferait rien, car il aura toujours plus de compassion que de honte; j’en juge, naturellement, d’après le coeur humain. Il sait que c’est plutôt à moi de plaindre ces gens-là qu’à eux d’avoir pitié de moi.
— Vous avez été, paraît-il très blessée de leur manière d’être,
Marie Timoféievna?
— Qui? Moi? Non, répondit-elle en souriant avec bonhomie. — Pas du tout. Je vous regardais tous alors; vous étiez tous fâchés, vous vous disputiez, ils se réunissent et ils ne savent pas rire de bon coeur. Tant de richesses et si peu de gaieté, cela me paraît horrible. Du reste, à présent je ne plains plus personne, je garde pour moi toute ma pitié.
— J’ai entendu dire qu’avec votre frère vous aviez la vie dure avant mon arrivée?
— Qui est-ce qui vous a dit cela? C’est absurde. Je suis bien plus malheureuse à présent. Je fais maintenant de mauvais rêves, et c’est parce que vous êtes arrivé. Pourquoi êtes-vous venu? dites-le, je vous prie.
— Mais ne voulez-vous pas retourner au couvent?
— Allons, je m’en doutais, qu’il allait encore me proposer cela! Un beau venez-y voir que votre couvent! Et pourquoi y retournerai- je? Avec quoi maintenant y rentrerais-je? Je suis toute seule à présent! Il est trop tard pour commencer une troisième vie.
— Pourquoi vous emportez-vous ainsi? N’avez-vous pas peur que je cesse de vous aimer?
— Je ne m’inquiète pas du tout de vous. Je crains moi-même de ne plus guère aimer quelqu’un.
Elle eut un sourire de mépris.
— Je dois m’être donné envers lui un tort grave, ajouta-t-elle soudain comme se parlant à elle-même, — seulement voilà, je ne sais pas en quoi consiste ce tort, et c’est ce qui fait mon éternel tourment. Depuis cinq ans je ne cessais de me dire nuit et jour que j’avais été coupable à son égard. Je priais, je priais, et toujours je pensais à ma grande faute envers lui. Et voilà qu’il s’est trouvé que c’était vrai.
— Mais quoi?
— Toute ma crainte, c’est qu’il ne soit mêlé à cela, poursuivit-elle sans répondre à la question qu’elle n’avait même pas entendue. — Pourtant il ne peut pas s’être associé de nouveau à ces petites gens. La comtesse me mangerait volontiers, quoiqu’elle m’ait fait asseoir à côté d’elle dans sa voiture. Ils ont tous formé un complot — se peut-il qu’il y soit entré aussi? Se peut-il que lui aussi soit un traître? (Un tremblement agita ses lèvres et son menton.) Écoutez, vous: avez-vous lu l’histoire de Grichka Otrépieff qui a été maudit dans sept cathédrales?
Nicolas Vsévolodovitch garda le silence.
— Mais, du reste, je vais maintenant me retourner vers vous et vous regarder, décida-t-elle subitement — tournez-vous aussi de mon côté et regardez-moi, mais plus fixement. Je veux enfin éclaircir mes doutes.
— Je vous regarde depuis longtemps déjà.
— Hum, fit Marie Timoféievna en observant attentivement le visiteur, — vous avez beaucoup engraissé…
La folle voulait encore dire quelque chose, mais soudain la terreur qu’elle avait éprouvée tantôt se peignit pour la troisième fois sur son visage, de nouveau elle recula en projetant le bras devant elle.
— Qu’avez-vous donc? cria avec une sorte de rage Nicolas
Vsévolodovitch.
Mais la frayeur de Marie Timoféievna ne dura qu’un instant; un sourire sceptique et désagréable fit grimacer ses lèvres.
— Prince, levez-vous, je vous prie, et entrez, dit-elle tout à coup d’un ton ferme et impérieux.
— Comment, entrez? Où voulez-vous que j’entre?
— Pendant ces cinq années, je n’ai fait que me représenter de quelle manière il entrerait. Levez-vous tout de suite et retirez-vous derrière la porte, dans l’autre chambre. Je serai assise ici comme si je ne m’attendais à rien, j’aurai un livre dans les mains, et tout à coup vous apparaîtrez après cinq ans d’absence. Je veux voir cette scène.
Nicolas Vsévolodovitch grinçait des dents et grommelait à part soi des paroles inintelligibles.
— Assez, dit-il en frappant sur la table. — Je vous prie de m’écouter, Marie Timoféievna. Tâchez, s’il vous plaît, de me prêter toute votre attention. Vous n’êtes pas tout à fait folle! laissa-t-il échapper dans un mouvement d’impatience. — Demain je rendrai public notre mariage. Jamais vous n’habiterez un palais, détrompez-vous à cet égard. Voulez-vous passer toute votre vie avec moi? seulement ce sera fort loin d’ici. Nous irons demeurer dans les montagnes de la Suisse, il y a là un endroit… Soyez tranquille, je ne vous abandonnerai jamais et ne vous mettrai pas dans une maison de santé. J’ai assez d’argent pour vivre sans rien demander à personne. Vous aurez une servante; vous ne vous occuperez d’aucun travail. Tous vos désirs réalisables seront satisfaits. Vous prierez, vous irez où vous voudrez, et vous ferez ce que bon vous semblera. Je ne vous toucherai pas. Je ne bougerai pas non plus du lieu où nous serons fixés. Si vous voulez, je ne vous adresserai jamais la parole. Vous pourrez, si cela vous plaît, me raconter chaque soir vos histoires, comme autrefois à Pétersbourg. Je vous ferai des lectures si vous le désirez. Mais aussi vous devrez passer toute votre vie dans le même endroit, et c’est un pays triste. Vous consentez? Vous ne regretterez pas votre résolution, vous ne m’infligerez pas le supplice de vos malédictions et de vos larmes?
Elle avait écouté avec une attention extraordinaire et réfléchit longtemps en silence.
— Tout cela me paraît invraisemblable, dit-elle enfin d’un ton sarcastique. — Ainsi je passerai peut-être quarante ans dans ces montagnes.
Elle se mit à rire.
— Eh bien, oui, nous y passerons quarante ans, répondit en fronçant le sourcil Nicolas Vsévolodovitch.
— Hum… pour rien au monde je n’irai là.
— Même avec moi?
— Mais qui êtes-vous donc pour que j’aille avec vous? Quarante années durant être perchée sur une montagne avec lui — il me la baille belle! Et quels gens patients nous avons aujourd’hui en vérité! Non, il ne se peut pas que le faucon soit devenu un hibou. Ce n’est pas là mon prince! déclara-t-elle en relevant fièrement la tête.
Le visage de Nicolas Vsévolodovitch s’assombrit.
— Pourquoi m’appelez-vous prince et… et pour qui me prenez- vous? demanda-t-il vivement.
— Comment? Est-ce que vous n’êtes pas prince?
— Je ne l’ai même jamais été.
— Ainsi vous-même, vous avouez carrément devant moi que vous n’êtes pas prince!
— Je vous répète que je ne l’ai jamais été.
Elle frappa ses mains l’une contre l’autre.
— Seigneur! Je m’attendais à tout de la part de ses ennemis, mais je n’aurais jamais cru possible une pareille insolence! Vit- il encore? vociféra-t-elle hors d’elle-même en s’élançant sur Nicolas Vsévolodovitch, — tu l’as tué, n’est-ce pas? Avoue!
Stavroguine fit un saut en arrière.
— Pour qui me prends-tu? dit-il; ses traits étaient affreusement altérés, mais il était difficile en ce moment de faire peur à Marie Timoféievna, elle poursuivit avec un accent de triomphe:
— Qui le connaît? Qui sait ce que tu es et d’où tu sors? Mais durant ces cinq années mon coeur a pressenti toute l’intrigue! Je m’étonnais aussi, je me disais: Qu’est ce que c’est que ce chat- huant? Non, mon cher, tu es un mauvais acteur, pire même que Lébiadkine. Présente mes hommages à la comtesse et dis-lui que je la prie d’envoyer quelqu’un de plus propre. Elle t’a payé, parle! Tu es employé comme marmiton chez elle! j’ai percé à jour votre imposture, je vous comprends tous, jusqu’au dernier!
Il la saisit avec force par le bras; elle lui rit au nez:
— Quant à lui ressembler, ça, oui, tu lui ressembles beaucoup, tu pourrais même être son parent, — homme fourbe! Mais le mien est un faucon à l’oeil perçant et un prince, tandis que toi tu es une chouette et un marchand! Le mien ne se laisse pas marcher sur le pied; toi, Chatouchka (il est bien gentil, je l’aime beaucoup!), Chatouchka t’a donné un soufflet, mon Lébiadkine me l’a raconté. Et pourquoi avais-tu peur, ce jour-là, quand tu es entré? Qui est- ce qui t’avait effrayé? Quand j’ai vu ton bas visage, au moment où je suis tombée et où tu m’as relevée, j’ai senti comme un ver qui se glissait dans mon coeur: Ce n’est pas lui, me suis-je dit, ce n’est pas lui! Mon faucon n’aurait jamais rougi de moi devant une demoiselle du grand monde! Ô Seigneur! Pendant cinq années entières, mon seul bonheur a été de penser que mon faucon était quelque part, là-bas derrière les montagnes, qu’il vivait, qu’il volait en regardant le soleil… Parle, imposteur, as-tu reçu une grosse somme pour jouer ce rôle? T’as-t-on payé cher? Moi, je ne t’aurais pas donné un groch[14]. Ha, ha, ha! Ha, ha, ha!…
— Oh! Idiote, fit en grinçant des dents Nicolas Vsévolodovitch qui lui serrait toujours le bras.
— Hors d’ici, imposteur! ordonna-t-elle, je suis la femme de mon prince, je n’ai pas peur de ton couteau!
— De mon couteau?
— Oui, de ton couteau. Tu as un couteau dans ta poche. Tu pensais que je dormais, mais je l’ai vu: quand tu es entré tout à l’heure, tu as tiré un couteau!
— Que dis-tu, malheureuse? De quels rêves es-tu le jouet cria Nicolas Vsévolodovitch, et il repoussa Marie Timoféievna d’une façon si rude que la tête et les épaules de la folle heurtèrent violemment contre le divan. Il s’enfuit, mais elle courut après lui et, tout en boitant, le poursuivit jusque sur le perron. Lébiadkine, effrayé, la ramena de force dans la maison; toutefois, avant que le visiteur eût disparu, elle put encore lui jeter à travers les ténèbres cette apostrophe accompagnée d’un rire strident:
— Grichka Ot-rep-ieff, a-na-thème!
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