Littérature Russe – Livres pour enfants – Poésie Russe – Fédor Dostoïevski – Les possédés – Table des matières
< < < Chapitre V – II
Chapitre VI – I > > >
Deuxième Partie
Chapitre V
III
Le même jour eut lieu à Skvorechniki l’entrevue que Barbara Pétrovna se proposait depuis longtemps d’avoir avec Stépan Trophimovitch. La générale arriva fort affairée à sa maison de campagne; la veille, on avait définitivement décidé que la fête au profit des institutrices pauvres serait donnée chez la maréchale de la noblesse. Mais, avec sa promptitude de résolution, Barbara Pétrovna s’était dit tout de suite que rien ne l’empêchait, après cette fête, d’en donner à son tour une chez elle et d’y inviter toute la ville. La société pourrait alors juger en connaissance de cause qu’elle était des deux maisons la meilleure, celle où l’on savait le mieux recevoir et donner un bal avec le plus de goût. Barbara Pétrovna n’était plus à reconnaître. L’altière matrone qui, naguère encore, vivait dans une retraite si profonde, semblait maintenant passionnée pour les distractions mondaines. Du reste, ce changement était peut-être plus apparent que réel.
Son premier soin, en arrivant à Skvorechniki, fut de visiter toutes les chambres de la maison en compagnie du fidèle Alexis Égorovitch et de Fomouchka, qui était un habile décorateur. Alors commencèrent de graves délibérations: quels meubles, quels tableaux, quels bibelots ferait-on venir de la maison de ville? Où les placerait-on? Comment utiliserait-on le mieux l’orangerie et les fleurs? Où poserait-on des tentures neuves? En quel endroit le buffet serait-il installé? N’y en aurait-il qu’un ou bien en organiserait-on deux? etc., etc. Et voilà qu’au milieu de ces préoccupations l’idée vint tout à coup à Barbara Pétrovna d’envoyer sa voiture chercher Stépan Trophimovitch.
Celui-ci, depuis longtemps prévenu que son ancienne amie désirait lui parler, attendait de jour en jour cette invitation. Lorsqu’il monta en voiture, il fit le signe de la croix: son sort allait se décider. Il trouva Barbara Pétrovna dans la grande salle; assise sur un petit divan, en face d’un guéridon de marbre, elle avait à la main un crayon et un papier; Fomouchka mesurait avec un mètre la hauteur des fenêtres et de la tribune; la générale inscrivait les chiffres et faisait des marques sur le parquet. Sans interrompre sa besogne, elle inclina la tête du côté de Stépan Trophimovitch, et, quand ce dernier balbutia une formule de salutation, elle lui tendit vivement la main; puis, sans le regarder, elle lui indiqua une place à côté d’elle.
Je m’assis et j’attendis pendant cinq minutes, «en comprimant les battements de mon coeur», me raconta-t-il ensuite. — J’avais devant moi une femme bien différente de celle que j’avais connue durant vingt ans. La profonde conviction que tout était fini me donna une force dont elle-même fut surprise. Je vous le jure, je l’étonnai par mon stoïcisme à cette heure dernière.
Barbara Pétrovna posa soudain son crayon sur la table et se tourna brusquement vers le visiteur.
— Stépan Trophimovitch, nous avons à parler d’affaires. Je suis sûre que vous avez préparé toutes vos phrases ronflantes et quantité de mots à effet; mais il vaut mieux aller droit au fait, n’est-ce pas?
Il se sentit fort mal à l’aise. Un pareil début n’avait rien de rassurant.
— Attendez, taisez-vous, laissez-moi parler; vous parlerez après, quoique, à vrai dire, j’ignore ce que vous pourriez me répondre, poursuivit rapidement Barbara Pétrovna. — Je considère comme un devoir sacré de vous servir, votre vie durant, vos douze cent roubles de pension; quand je dis «devoir sacré», je m’exprime mal; disons simplement que c’est une chose convenue entre nous, ce langage sera beaucoup plus vrai, n’est-ce pas? Si vous voulez, nous mettrons cela par écrit. Des dispositions particulières ont été prises pour le cas où je viendrais à mourir. Mais, en sus de votre pension, vous recevez actuellement de moi le logement, le service et tout l’entretien. Nous convertirons cela en argent, ce qui fera quinze cents roubles, n’est-ce pas? Je mets en outre trois cents roubles pour les frais imprévus, et vous avez ainsi une somme ronde de trois mille roubles. Ce revenu annuel vous suffira-t-il? Il me semble que c’est assez pour vivre. Du reste, dans le cas de dépenses extraordinaires, j’ajouterai encore quelque chose. Eh bien, prenez cet argent, renvoyez-moi mes domestiques et allez demeurer où vous voudrez, à Pétersbourg, à Moscou, à l’étranger; restez même ici, si bon vous semble, mais pas chez moi. Vous entendez?
— Dernièrement, une autre mise en demeure non moins péremptoire et non moins brusque m’a été signifiée par ces mêmes lèvres, dit d’une voix lente et triste Stépan Trophimovitch. — Je me suis soumis et… j’ai dansé la cosaque pour vous complaire. — Oui, ajouta-t-il en français, la comparaison peut être permise: c’était comme un petit cosaque de Don qui sautait sur sa propre tombe. Maintenant…
— Cessez, Stépan Trophimovitch. Vous êtes terriblement verbeux. Vous n’avez pas dansé; vous êtes venu chez moi avec une cravate neuve, du linge frais, des gants; vous vous étiez pommadé et parfumé. Je vous assure que vous-même aviez grande envie de vous marier. Cela se lisait sur votre visage, et, croyez-le, ce n’était pas beau à voir. Si je ne vous en ai pas fait alors l’observation, ç’a été par pure délicatesse. Mais vous désiriez, vous désiriez ardemment vous marier, malgré les ignominies que vous écriviez confidentiellement sur moi et sur votre future. À présent, il ne s’agit plus de cela. Et que parlez-vous de cosaque du Don sautant sur sa tombe? Je ne saisis pas la justesse de cette comparaison. Au contraire, ne mourez pas, vivez; vivez le plus longtemps possible, j’en serai enchantée.
— Dans un hospice?
— Dans un hospice? On ne va pas à l’hospice avec trois mille roubles de revenu. Ah! je me rappelle, fit-elle avec un sourire; – – en effet, une fois, par manière de plaisanterie, Pierre Stépanovitch m’a parlé d’un hospice. Au fait, il s’agit d’un hospice particulier qui n’est pas à dédaigner. C’est un établissement où ne sont admis que le gens les plus considérés; il y a là des colonels, et même en ce moment un général y postule une place. Si vous entrez là avec tout votre argent, vous trouverez le repos, le confort, un nombreux domestique. Vous pourrez, dans cette maison, vous occuper de sciences, et, quand vous voudrez jouer aux cartes, les partenaires ne vous feront pas défaut…
— Passons.
— Passons! répéta avec une grimace Barbara Pétrovna. — Mais, en ce cas, c’est tout; vous êtes averti, dorénavant nous vivrons complètement séparés l’un de l’autre.
— Et c’est tout, tout ce qui reste de vingt ans? C’est notre dernier adieu?
— Vous êtes fort pour les exclamations, Stépan Trophimovitch. Cela est tout à fait passé de mode aujourd’hui. On parle grossièrement, mais simplement. Vous en revenez toujours à vos vingt ans! ç’a été de part et d’autre vingt années d’amour-propre, et rien de plus. Chacune des lettres que vous m’adressiez était écrite non pour moi, mais pour la postérité. Vous êtes un styliste et non un ami; l’amitié n’est qu’un beau mot pour désigner un mutuel épanchement d’eau sale…
— Mon Dieu, que de paroles qui ne sont pas de vous! Ce sont des leçons apprises par coeur! Et déjà ils vous ont fait revêtir leur uniforme! Vous aussi, vous êtes dans la joie; vous aussi, vous êtes au soleil. Chère, chère, pour quel plat de lentilles vous leur avez vendu votre liberté!
— Je ne suis pas un perroquet pour répéter les paroles d’autrui, reprit avec colère Barbara Pétrovna. Soyez sûr que mon langage m’appartient. — Qu’avez-vous fait pour moi durant ces vingt ans? Vous me refusiez jusqu’aux livres que je faisais venir pour vous, et dont les pages ne seraient pas encore coupées si on ne les avait donnés à relier. Quelles lectures me recommandiez-vous, quand, dans les premières années, je sollicitais vos conseils? Capefigue, toujours Capefigue. Mon développement intellectuel vous faisait ombrage, et vous preniez vos mesures en conséquence. Mais cependant on rit de vous. Je l’avoue, je ne vous ai jamais considéré que comme un critique, pas autre chose. Pendant notre voyage à Pétersbourg, quand je vous ai déclaré que je me proposais de fonder un recueil périodique et de consacrer toute ma vie à cette publication, vous m’avez aussitôt regardée d’un air moqueur et vous êtes devenu tout d’un coup très arrogant.
— Ce n’était pas cela; vous vous êtes méprise… nous craignions alors des poursuites…
— Si, c’était bien cela, car, à Pétersbourg, vous ne pouviez craindre aucune poursuite. Plus tard, en février, lorsque se répandit le bruit de la prochaine apparition de cet organe, vous vîntes me trouver tout effrayé et vous exigeâtes de moi une lettre certifiant que vous étiez tout à fait étranger à la publication projetée, que les jeunes gens se réunissaient chez moi et non chez vous, qu’enfin vous n’étiez qu’un simple précepteur à qui je donnais le logement dans ma maison pour lui compléter ses honoraires. Est-ce vrai? Vous rappelez-vous cela? Vous vous êtes toujours signalé par votre héroïsme, Stépan Trophimovitch.
— Ce n’a été qu’une minute de pusillanimité, une minute d’épanchement en tête-à-tête, gémit le visiteur; — mais se peut- il qu’une rupture complète résulte d’un ressentiment aussi mesquin? Est-ce là, vraiment, le seul souvenir que vous aient laissé tant d’années passées ensemble?
— Vous êtes un terrible calculateur; vous voulez toujours me faire croire que c’est moi qui reste en dette avec vous. À votre retour de l’étranger, vous m’avez regardée du haut de votre grandeur, vous ne m’avez pas laissée placer un mot; et quand moi- même, après avoir visité l’Europe, j’ai voulu vous parler de l’impression que j’avais gardée de la Madone Sixtine, vous ne m’avez pas écoutée, vous avez dédaigneusement souri dans votre cravate, comme si je ne pouvais pas avoir tout comme vous des sensations artistiques.
— Ce n’était pas cela; vous devez vous être trompée… J’ai oublié…
— Si, c’était bien cela; mais vous n’aviez pas besoin de tant vous poser en esthéticien devant moi, car vous ne disiez que de pures billevesées. Personne, aujourd’hui, ne perd son temps à s’extasier devant la Madone, personne ne l’admire, sauf de vieux encroûtés. C’est prouvé.
— Ah! c’est prouvé?
— Elle ne sert absolument à rien. Ce gobelet est utile, parce qu’on peut y verser de l’eau; ce crayon est utile, parce qu’on peut s’en servir pour prendre des notes; mais un visage de femme peint ne vaut aucun de ceux qui existent dans la réalité. Essayez un peu de dessiner une pomme, et mettez à côté une vraie pomme, — laquelle choisirez-vous? Je suis sûre que vous ne vous tromperez pas. Voilà comment on juge à présent toutes vos théories; le premier rayon de libre examen a suffi pour en montrer la fausseté.
— Oui, oui.
— Vous souriez ironiquement. Et que me disiez-vous, par exemple, de l’aumône? Pourtant, le plaisir de faire la charité est un plaisir orgueilleux et immoral; le riche le tire de sa fortune et de la comparaison qu’il établit entre son importance et l’insignifiance du pauvre. L’aumône déprave à la fois et le bienfaiteur et l’obligé; de plus, elle n’atteint pas son but, car elle ne fait que favoriser la mendicité. Les paresseux qui ne veulent pas travailler se rassemblent autour des gens charitables comme les joueurs qui espèrent gagner se rassemblent autour du tapis vert. Et cependant les misérables grochs qu’on leur jette ne soulagent pas la centième partie de leur misère. Avez-vous donné beaucoup d’argent dans votre vie? Pas plus de huit grivnas, souvenez-vous en. Tâchez un peu de vous rappeler la dernière fois que vous avez fait l’aumône; c’était il y a deux ans, je me trompe, il va y en avoir quatre. Vous criez, et vous faites plus de mal que de bien. L’aumône, dans la société moderne, devrait même être interdite par la loi. Dans l’organisation nouvelle il n’y aura plus du tout de pauvres.
— Oh! quel flux de paroles recueillies de la bouche d’autrui!
Ainsi vous en êtes déjà venue à rêver d’une organisation nouvelle!
Malheureuse, que Dieu vous assiste!
— Oui, j’en suis venue là, Stépan Trophimovitch; vous me cachiez soigneusement toutes les idées nouvelles qui sont maintenant tombées dans le domaine public, et vous faisiez cela uniquement par jalousie, pour avoir une supériorité sur moi. Maintenant, il n’est pas jusqu’à cette Julie qui ne me dépasse de cent verstes. Mais, à présent, moi aussi, je vois clair. Je vous ai défendu autant que je l’ai pu, Stépan Trophimovitch: décidément tout le monde vous condamne.
— Assez! dit-il en se levant, — assez! Quels souhaits puis-je encore faire pour vous, à moins de vous souhaiter le repentir?
— Asseyez-vous une minute, Stépan Trophimovitch; j’ai encore une question à vous adresser. Vous avez été invité à prendre part à la matinée littéraire; cela s’est fait par mon entremise. Dites-moi, que comptez-vous lire?
— Eh bien, justement, quelque chose sur cette reine des reines, sur cet idéal de l’humanité, la Madone Sixtine, qui, à vos yeux, ne vaut pas un verre ou un crayon.
— Ainsi vous ne ferez pas une lecture historique? reprit avec un pénible étonnement Barbara Pétrovna. — Mais on ne vous écoutera pas. Vous en tenez donc bien pour cette Madone? Allons, pourquoi voulez-vous endormir tout votre auditoire? Soyez sûr, Stépan Trophimovitch, que je parle uniquement dans votre intérêt. Qu’est- ce qui vous empêche d’emprunter au moyen âge ou à l’Espagne une petite historiette, courte mais attachante, une anecdote, si vous voulez, que vous trufferiez de petits mots spirituels? Il y avait là des cours brillantes, de belles dames, des empoisonnements. Karmazinoff dit qu’il serait étrange qu’on ne trouvât pas dans l’histoire de l’Espagne le sujet d’une lecture intéressante.
— Karmazinoff, ce sot, ce vidé, cherche des thèmes pour moi!
— Karmazinoff est presque une intelligence d’homme d’État; vous ne surveillez pas assez vos expressions, Stépan Trophimovitch.
— Votre Karmazinoff est une vieille pie-grièche! Chère, chère, depuis quand, ô Dieu! vous ont-ils ainsi transformée?
— Maintenant encore je ne puis souffrir ses airs importants; mais je rends justice à son intelligence. Je le répète, je vous ai défendu de toutes mes forces, autant que je l’ai pu. Et pourquoi tenir absolument à être ridicule et ennuyeux? Au contraire, montez sur l’estrade avec le sourire grave d’un représentant du passé et racontez trois anecdotes avec tout votre sel, comme vous seul parfois savez raconter. Soit, vous êtes un vieillard, un ci- devant, un arriéré; mais vous-même vous commencerez par le reconnaître en souriant, et tout le monde verra que vous êtes un bon, aimable et spirituel débris… En un mot, un homme d’autrefois, mais dont l’esprit est assez ouvert pour comprendre toute la laideur des principes qui l’ont inspiré jusqu’à présent. Allons, faites-moi ce plaisir, je vous prie.
— Chère, assez! N’insistez pas, c’est impossible. Je lirai mon étude sur la Madone, mais je soulèverai un orage qui crèvera sur eux tous, ou dont je serai la seule victime!
— Cette dernière conjecture est la plus probable, Stépan
Trophimovitch.
— Eh bien, que mon destin s’accomplisse! Je flétrirai le lâche esclave, le laquais infect et dépravé qui le premier se hissera sur un échafaudage pour mutiler avec des ciseaux la face divine du grand idéal, au nom de l’égalité, de l’envie et… de la digestion. Je ferai entendre une malédiction suprême, quitte ensuite à…
— À entrer dans une maison de fous?
— Peut-être. Mais, en tout cas, vainqueur ou vaincu, le même soir je prendrai ma besace, ma besace de mendiant, j’abandonnerai tout ce que je possède, tout ce que je tiens de votre libéralité, je renoncerai à toutes vos pensions, à tous les biens promis par vous, et je partirai à pied pour achever ma vie comme précepteur chez un marchand, ou mourir de faim au pied d’un mur. J’ai dit. Alea jacta est!
Il se leva de nouveau.
Barbara Pétrovna, les yeux étincelants de colère, se leva aussi.
— J’en étais sûre! dit-elle; — depuis des années déjà j’étais convaincue que vous gardiez cela en réserve, que, pour finir, vous vouliez me déshonorer, moi et ma maison, par la calomnie! Que signifie cette résolution d’entrer comme précepteur chez un marchand ou d’aller mourir de faim au pied d’un mur? C’est une méchanceté, une façon de me noircir, et rien de plus!
— Vous m’avez toujours méprisé; mais je finirai comme un chevalier fidèle à sa dame, car votre estime m’a toujours été plus chère que tout le reste. À partir de ce moment je n’accepterai plus rien, et mon culte sera désintéressé.
— Comme c’est bête!
— Vous ne m’avez jamais estimé. J’ai pu avoir une foule de faiblesses. Oui, je vous ai grugée; je parle la langue du nihilisme; mais vous gruger n’a jamais été le principe suprême de mes actes. Cela est arrivé ainsi, par hasard, je ne sais comment… J’ai toujours pensé qu’entre nous il y avait quelque chose de plus haut que la nourriture, et jamais, jamais je n’ai été un lâche! Eh bien, je pars pour réparer ma faute! Je me mets en route tardivement; l’automne est avancé, le brouillard s’étend sur les plaines, le givre couvre mon futur chemin et le vent gémit sur une tombe qui va bientôt s’ouvrir… Mais en route, en route, partons:
«Plein d’un amour pur, «Fidèle au doux rêve…»
— Oh! adieu, mes rêves! Vingt ans! Alea jacta est!
Des larmes jaillirent brusquement de ses yeux et inondèrent son visage. Il prit son chapeau.
Je ne comprends pas le latin, dit Barbara Pétrovna, se roidissant de toutes ses forces contre elle-même.
— Qui sait? peut-être avait-elle aussi envie de pleurer; mais l’indignation et le caprice l’emportèrent encore une fois sur l’attendrissement.
— Je ne sais qu’une chose, c’est qu’il n’y a rien de sérieux dans tout cela. Jamais vous ne serez capable de mettre à exécution vos menaces, dictées par l’égoïsme. Vous n’irez nulle part, chez aucun marchand, mais vous continuerez à vivre bien tranquillement à mes crochets, recevant une pension et réunissant chez vous, tous les mardis, vos amis, qui ne ressemblent à rien. Adieu, Stépan Trophimovitch.
—_ Alea jacta est! _répéta-t-il; puis il s’inclina profondément et revint chez lui plus mort que vif.
< < < Chapitre V – II
Chapitre VI – I > > >
Littérature Russe – Livres pour enfants – Poésie Russe – Fédor Dostoïevski – Les possédés – Table des matières
Copyright holders – Public Domain Book
| Si vous aimez le site, abonnez-vous, mettez des likes, écrivez des commentaires! Partager sur les réseaux sociaux Consultez Nos Derniers Articles |
© 2023 Akirill.com – All Rights Reserved
