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Études.
L’Art social et l’art pour l’art
***
I
On réveille, depuis quelque temps, dans les revues où il est parlé de littérature, la vieille question des buts de l’art. On se demande si l’art doit se suffire à lui-même: doctrine de l’art pour l’art; s’il doit belligérer au profit d’idées sociales, d’intérêts contemporains et généraux: doctrine de l’art social. C’est déjà un ancien démêlé entre écrivains, une recherche contradictoire souvent commencée, jamais terminée.
A quoi tient la fréquence des enquêtes sur ces deux postulats, et leur irréductibilité? Peut-être à ce que la question est mal posée, que les termes du problème ne sont pas nets. Pourtant on discute rarement si longtemps, à reprises variées, uniquement sur des mots. Il y a donc quelque chose là à élucider, mais peut-être, et cela nous expliquerait les vicissitudes des deux thèses, faut-il plutôt clarifier des sentiments, déterminer des questions de mesure, qu’examiner la valeur de deux théories adverses. Sans doute y a-t-il un courant d’opinions et un peu des mots sonores à circonscrire, plutôt que des thèses proprement dites à étayer ou un choix [296] à faire entre deux propositions se targuant chacune d’être la vérité.
Ce sont les derniers événements sociologiques, la puissance nouvelle du socialisme, le développement des idées anarchistes, la présence de belles utopies familières à des William Morris (et prenons le mot utopie dans le meilleur sens), qui ont resservi de point de départ à des idéalistes d’art social. Aussi bien le réalisme fatigué devait-il tenter de se renouveler, de puiser une force nouvelle dans les questions vives, faisant davantage corps avec la réalité quotidienne, bref, inclinant encore la littérature vers sa forme courante du journalisme, évoquant pour elle les ressources de l’information bien faite.
Dans tous les cas, il faudrait distinguer, et noter qu’on ne doit pas englober parmi un groupe d’écrivains d’art social tels ou tels artistes que leurs opinions déterminèrent à des articles purement politiques, philosophiques, sur une question se posant brusquement dans l’ordre des faits. Le fait de s’intéresser à un phénomène qui se passe, d’avoir quelque chose à dire, et de le dire, sur un fait quotidien, sur les conséquences d’une catastrophe, sur une nécessité de clémence ou de justice, sur une organisation meilleure à donner à la cité, n’implique pas que le but d’art d’un écrivain soit social. Il n’y a art social que lorsqu’il y a mélange, confusion des formes, que la thèse, défendue par des moyens d’art étranger à son développement normal, conclut de plain pied sur des faits trop courants, surtout lorsque l’œuvre est de tendances prédicatrices.
C’est surtout cet élément vaticinant combiné avec [297] des professions de foi politique qui caractérise les plus nombreux échantillons de l’art à tendance sociale. Si quelques nouveaux écrivains offrent des exemples de cette façon d’aborder le sujet, ce sont surtout de doctes moralistes un peu passés qui forment les rangs serrés de la légion utilitaire et moralisante. A côté des jeunes écrivains, ardents, qui stigmatisent le temps présent et promettent des âges d’or, voici des critiques à mi-voix qui, universitairement, dénoncent les périls de l’art, et somment les écrivains de vouer leur plume au développement des saines morales. Voici, bien loin apparemment et en réalité très près d’eux, des romanciers qui, comme Bellamy, endorment leur personnage principal pour le réveiller en l’an 2 000, et à quelle fin? pour le faire vivre en un milieu perfectionné, que tout habitant de capitale, un peu lecteur de journaux et de brochures, peut s’inventer comme rêve familier, même sans effort. Le rêve du théâtrophone, du grand dépôt de denrées de la cité, des beaux squares et de l’armée industrielle, n’exigea jamais une forte imaginative, surtout chez qui ne fit que les vulgariser. Et voici, des académiciens au doigt levé vers la porte close de l’avenir, qu’ils n’entre-bâillent d’ailleurs point, dont ils ne sauraient éclairer nulle fente, et des pasteurs au parler un peu glacé et trop correct. Ils sont nombreux. On les pourrait diviser en deux classes: les sociologues et les moralistes; et, parmi ces deux classes, distinguer deux partis: ceux qui règlent l’avenir d’après les hommes calmes et conservateurs du passé; ceux qui l’entrevoient à la lumière des rêveurs généreux et des progressistes déterminés du même passé, avec autant de [298] nuances que vous voudrez, selon le goût particulier que vous portez non à tel écrivain, mais à telle théorie, plus ou moins brillante. Ce sont des écrivains d’art utilitaire, d’appétit moralisant, des écrivains d’art social.
Est-ce à dire qu’un art soucieux des développements de l’existence humaine, anxieux de quelques clartés sur ce que nous serons demain, soit forcément gris, terne et dépourvu de ces rapides et elliptiques perceptions qui constituent, aux yeux des partisans de l’art pour l’art, le véritable artiste? Certes non; s’il est avéré pour nous que l’auteur de l’An 2000 n’est qu’un vulgarisateur, et si nous lui savons peu de gré d’avoir groupé, sous forme romanesque, tant de petites utopies d’organisation, éparses dans les livres théoriques, nous admettons qu’un penseur puisse donner, sans transition obligée, de suite, la forme littéraire du poème ou du roman, à ses idées sur le développement du monde encore que nous attendions davantage de sa recherche de belles phrases, de nobles mouvements, et de la peinture d’intéressants états de son cerveau, et de généreuses et altruistes méditations, que des formules et des éléments tout préparés d’un projet de loi. S’il en était autrement, il y aurait confusion des genres, et dans le seul cas où cela ne soit point du tout loisible, car les vérités sociologiques ont besoin, pour être exposées, du cadre à rigueur scientifique, du livre de théorie, et doivent pouvoir traverser des aridités nécessaires, dont ne s’accommoderait point une œuvre d’art.
[299]
II
La doctrine de l’art pour l’art est aussi difficile à définir précisément que la doctrine antagoniste. Elle est difficile à définir à cause de son évidence même; c’est trop clair. Pratique l’art pour l’art tout artiste occupé à développer son rêve de beauté, beauté faite de ce que l’on appelle, sans équivoque possible, la beauté, beauté physique, plastique, sculpturaire, architecturale, etc., puis beauté dans le sens plus abstrait, des musiques, des tendresses, des émotions, des parfums. Tout artiste qui ne plaide ni ne prêche l’allocution morale, l’exemple, le conseil pratique, est un féal de l’art pour l’art. La fidélité instinctive ou raisonnée à cette théorie est le lien d’unité de nos grands écrivains. Sans doute Rousseau est l’auteur de l’Emile et du Contrat social, et Voltaire agitait des idées politiques, mais pas toujours, et ces exceptions n’infirmeraient point la ligne générale qui, de nos vieux écrivains, arrive jusqu’à Flaubert. Sans doute d’autres que Rousseau et Voltaire vécurent la vie des faits, Lamartine, Hugo; mais ne se gardèrent-ils pas de confondre les genres, et n’y eut-il point deux parts dans leur vie et dans leurs livres? Il est évident que si l’on voulait restreindre l’idée de l’art pour l’art à des écrivains comme Gautier, à des conteurs, à des lyriques purs, Vigny, Baudelaire, etc., on arriverait à en restreindre le nombre et à en fausser la définition; mais pourrait-on raisonnablement classer les autres parmi les prédicateurs d’art 300social, et la plus grande partie, la plus belle de leurs œuvres ne protesterait-elle pas?
En se servant même du sévère critère de Poe et, d’après lui, de Baudelaire, en retranchant de la poésie ceux qui cédèrent, un temps, au désir de promulguer des lois morales, on n’atteindrait que des parties d’œuvres et, pour abandonner quelques esprits, on ne toucherait à rien d’essentiel ni parmi le romantisme, ni parmi les écoles suivantes.
Nous avons évoqué le cas de Lamartine, d’Hugo. Il en est de même pour Michelet, voyant, évocateur, poète beaucoup plus que théoricien; pour Quinet, qui, soigneusement, délimite son œuvre théorique et ses poèmes. Pour choisir un exemple vis-à-vis de celui de Poe presque naturalisé chez nous par Baudelaire, si nous pensons à Henri Heine, il faut bien concéder que c’est surtout un lyrique pur, et le fait d’avoir vécu grâce à des correspondances de journaux, qu’il faisait admirables parce que tel était son don d’ennoblir tout ce qu’il touchait, prouve simplement qu’entre deux poèmes il donnait son opinion sur la vie courante, sur un ministère nouveau, le rôle de M. Thiers ou un concert de Liszt avec un égal talent.
Mais, objectera-t-on, son rôle et ses visées politiques ne sont point contestables, il y a Germania! Qu’importe! si les Lieds, si Atta-Troll en demeurent tout à fait purs. Il rentrerait comme Hugo dans la catégorie de ceux qui ont fait deux choses à la fois.
Ceci d’ailleurs nous mène à l’essence de la question.
L’artiste tire tous ses éléments d’art et de talent de [301] sa sensibilité, de son contact avec les contingences. Il y a des artistes évidemment qui les tirent de livres déjà publiés; mais ceux-ci appartiendraient à une autre catégorie que les grands artistes, ce seraient des manières d’érudits, des vulgarisateurs doués pour l’exposition verbalement rafraîchie de choses connues, nature d’esprits en somme peu nécessaire; mais les vrais artistes, les trouveurs, se développent surtout grâce à leur sensibilité au contact des choses. Vivant sur le même fonds que leurs contemporains, ils perçoivent mille images, mille possibilités, mille détours fantaisistes et vrais des choses, que les autres ne voient point. Tout le monde fait de l’histoire, les artistes seuls font du rêve et perçoivent les aspects divers qu’aurait pu prendre l’histoire, si les masses, au lieu de marcher tout droit, avaient obliqué, ce qui est toujours possible, à droite ou à gauche.
Il est donc évident que l’artiste doué d’une sensibilité très fine, s’il est d’habitude disposé à négliger les importantes et usuelles questions de tarifs, de douanes, de budgets, peut n’en être pas moins prêt à saisir les lignes essentielles de l’avenir, les aspects fermes ou mobiles du présent, et énoncer sur l’heure où il vit les plus sages aperçus. Il n’est nullement nécessaire que l’écrivain soit égoïste ou purement passionnel. Mais pour rendre bien sensible la différence de l’artiste pur à l’artiste sociologue, supposons-les tous les deux devant le même sujet, pratique, quotidien, politique. Le premier, le poète, donnera bref, large, son avis; il tâchera de dépouiller son sujet des contingences trop strictes, trop déterminées, il généralisera la question [302] dont il s’occupe; l’écrivain d’art social, au contraire, précisera et diminuera, et il plaidera, il laissera entrer dans l’art ce que Poe en excluait si soigneusement, non pas la morale, mais la conférence moralisante, le discours au peuple, la propagande, la vulgarisation, qui ne va jamais sans entraîner quelque absence des témoignages immédiats de l’art, la concentration et le style.
III
Nous croyons avoir montré qu’il y a là surtout une question de forme; en littérature c’est d’ailleurs à peu près tout, car la forme n’est pas seulement la phrase et sa coupe plus ou moins élégante, mais la disposition des phrases, c’est-à-dire le groupement des détails, celle des chapitres ou fragments divers de l’œuvre, c’est-à-dire le processus des idées. Nul ne peut interdire à l’écrivain des développements sociologiques, mais à la condition qu’il en fasse de l’art; pour nettifier, concevons le même exemple, celui de Bellamy, qui ne fait point d’art puisqu’il ne nous donne aucune jouissance esthétique, et qui ne fait point non plus de sociologie, puisqu’il répète des choses trop sues. Opposons-lui les tentatives récentes de Paul Adam, le Mystère des Foules ou les Cœurs nouveaux. Il apparaîtra que, dans les intéressantes recherches d’Adam, ce n’est point le fonds sociologique qui nous intéresse, mais sa vigoureuse présentation, mais le détail, mais la vie des personnages qui représentent un fait, soit, mais qui se meuvent en types dramatiques; art à tendances [303] sociales, oui, mais art surtout dramatique, et ce sont les qualités de couleur et de mouvement qui agrègent à l’art ces romans. Ce n’est point le phalanstère des Cœurs nouveaux qui peut nous arrêter une minute; l’idée de phalanstère nous est trop connue; mais nous regarderons avec curiosité la forme, le détail architectural de ce phalanstère, les paysages qui l’entourent, le rêve de l’homme qui fit de l’édification de ce phalanstère le but de sa vie, et c’est parce qu’il ne réussit point, et qu’il souffre dans son âme de la ruine de son essai de matérialisation de son rêve, que cet homme nous intéresse.
Si nous retournons aux grands exemples déjà de passé qu’évoquent les partisans de l’art sociologique, est-ce que Tolstoï, dans ses chefs-d’œuvre, et Dostoïevski ne présentent pas le même phénomène. Je pense que peu de gens, lisant Anna Karénine, songent à prendre parti entre Lévine, qui n’aime pas la vie politique, et son frère, qui la lui conseille et la lui vante. Aussi, les projets d’amélioration agricole de Lévine nous laissent froids; mais la beauté du livre réside dans la présentation vive des bonheurs que l’homme peut rencontrer sur la voie rectiligne et ordinaire (Lévine fauchant les foins,—les joies et les douleurs de Lévine pendant l’accouchement de sa femme) et, en face, du bonheur et des douleurs et des catastrophes de la passion (vie de Wronsky et d’Anna). C’est en faisant ressortir, avec une intensité toute nouvelle et particulière, le sens et l’allure d’événements quotidiens que Tolstoï fut grand par ce livre, et non par la solution qu’il offre et la morale qu’il [304] prêche, car elle est simple et n’était pas inédite.
Considérons Dostoïevski. En éclairant ses livres par ce que l’on sait de sa vie, en scrutant le livre dépourvu de tout corollaire critique, on sent fort bien que les idées de liberté, les anxiétés et les espoirs pour l’avenir le passionnent; mais l’instinct d’art de Dostoïevski est bien trop grand pour que sa pitié ou ses espoirs débordent en conseils, en chapitres à tendance; il provoque la pitié pour ses personnages et laisse réfléchir et conclure.
Ibsen, plus nettement moraliste, aurait-il eu l’influence qu’il a acquise si la formule de son drame, si ses savantes simplifications n’avaient pas intéressé notre sens artiste, le vieil instinct qui aime à voir poser et résoudre élégamment un problème, beaucoup plus que sa doctrine elle-même? Ethique nouvelle! a-t-on dit. Je n’en crois rien. Formule nouvelle, oui, sensation exotique et rajeunie de choses entrevues et connues, présentées avec une belle rigueur, oui! C’est encore de l’art, de la littérature, à tendances si l’on veut, mais présentée comme l’eût fait un théoricien de l’art pour l’art.
D’ailleurs, à une certaine hauteur, la question cesse d’exister. Un artiste pur, consciencieux et connaissant ses moyens d’action, ne considérera jamais le développement politique du monde que comme des vestitures variées qui couvrent la vraie face d’Isis. En écartant comme un léger rideau les faits proches, on retrouve l’éternelle et infinie complexité des passions, qui sont tout l’homme, toute la nature et qui ne varient guère que de mode. L’artiste, évidemment, se rangera à la [305] théorie de l’art pour l’art, qui lui évite des mouvements inutiles, des efforts disparates, et il aura volontiers confiance aux purs savants pour délimiter les détails de l’existence des sociétés, attaché qu’il est à la contemplation des ressorts principaux. Inversement, je n’aimerais pas voir conclure de ces lignes que tous les partisans de l’art pour l’art sont des aigles et que tous les partisans de l’art social sont des écrivains inférieurs. Il y a une façon de comprendre la poésie, strictement littéraire, qui ressemble fort à l’art d’accommoder les restes, et il y a parmi des œuvres sociales, presque politiques, de beaux élans vraiment littéraires; l’homme est bien trop complexe, et l’écrivain, en général, trop épris de beauté pour ne pas passer à travers les mailles des définitions dont il s’enveloppe, et personne, heureusement pour la littérature, en son œuvre de divulguer l’inconscient et d’embellir l’idée, n’est profondément, exactement, complètement logique.
IV
M. Bernard Lazare, en une conférence, développait un idéal d’art social, un de ceux qu’on peut concevoir, et je pense qu’il ne parlait qu’en son propre nom; il est probable que M. Eekhoud, exposant son idéal d’art à lui, n’eût pas dit les mêmes choses, et certainement leur conception diffère fortement de celle de M. Paul Adam. D’après Bernard Lazare, l’art social reprendrait la tentative naturaliste, en lui ajoutant les vertus qui lui manquaient.
[306] Il considère certainement qu’il en manque beaucoup, et je doute qu’il vénère M. Paul Alexis. Mais, pourtant, son jugement porté sur quelques poètes, qu’il ne précise pas en nom et en nombre, n’est pas très différent de celui de M. Alexis qui, dans un assez récent article, avant Manette Salomon [7], je crois, se plut à qualifier ce qu’il appelle les décadents de honte littéraire, opprobre sur le siècle finissant. Cette déclaration, cette boutade de M. Alexis, confiée (s’il vous plaît) aux colonnes du Figaro avait de quoi surprendre, un peu comme une ruade imprévue d’un cheval très calmé. C’était amusant. Chez M. Lazare, l’opinion est plus sérieuse, et, quoiqu’elle ne soit pas très circonstanciée, elle est à constater, puisqu’elle est émise à côté de promesses de renouvellement littéraire.
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Note
[7] L’adaptation scénique du roman de Goncourt.
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Mais prenons M. Bernard Lazare, sur un des rares points où il précise. Pourquoi reprocher à M. Maeterlinck d’avoir traduit Ruysbroeck et Novalis?
Ce sont, dit M. Lazare, de pauvres esprits, des mystiques de nul intérêt, on n’a pas le droit de les représenter comme l’élite de l’humanité…: ceci est de l’appréciation purement personnelle.
Il me semble, au contraire, que, pour les écrivains de toutes nuances de pensée, fussent-ils des rêveurs blancs, fussent-ils d’acharnés et patients analystes, de sincères modernistes, ou simplement des critiques soucieux d’être informés sur l’évolution de l’esprit humain, il est fort intéressant que des Ruysbroeck, des Novalis et d’autres semblables soient mis en bonne lumière et [307] surtout par des gens qui les aiment, parce que c’est eux qui s’acquittent le mieux de ce travail; et si je croyais aux mêmes dieux que M. Lazare, je serais enchanté de voir mes contradicteurs apporter avec zèle leur part des pièces du procès qui se juge perpétuellement, car une littérature doit être au courant de ses origines; pour être au courant, les écrivains doivent connaître le plus possible d’âmes d’écrivains; et qui les tentera davantage que les âmes d’exception, que ceux qui pensèrent à part, autrement, et n’accordèrent pas leurs méditations aux sujets que, nécessairement, tous, et à tous instants, sont forcés de traiter? Un courant littéraire, qui contient toujours au moins une petite part de vérité, qu’est-ce, sinon le sillon d’un esprit d’exception, que suivent et généralisent de leur démarche adhésive un certain nombre d’esprits réguliers?
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