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Poème: “Je voyais, aussi nettement” d’Anna de Noailles

Poème de l’amour – 1924

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< < < Quand ce soir tu t’endormiras
Ô suave ami périssable > > >


Je voyais, aussi nettement

***

Je voyais, aussi nettement
Qu’on voit la rose en fraîche toile,
S’épanouir au firmament
La pulpe altière des étoiles.

Je rêvais. Par les jours trop chauds,
Quand l’heure du soir songe et stagne,
Une rue, un mur blanc de chaux,
Me restituaient les Espagnes.

Auprès d’un verger de Passy,
Quand la nuit met sa molle roche
Sur tout l’espace dessaisi,
J’entendais, au lointain, des cloches
Éparpiller leur lent souci…
L’univers logeait dans mon cœur,

Lorsque tu vins comme un voleur…


< < < Quand ce soir tu t’endormiras
Ô suave ami périssable > > >

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