Poème de l’amour – 1924
| Télécharger PDF |
Littérature française – Livres bilingues – Contes de fées et Livres d’enfants – Poésie Française – Anna de Noailles – Poèmes d’Anna de Noailles – Poème de l’amour – 1924
< < < Peut-être que ton corps charmant, qui me tourmente
Rien ; l’univers n’est rien. Nulle énigme pour l’homme > > >
Le hasard et les jours passent d’un pied rapide
***
Le hasard et les jours passent d’un pied rapide,
On ne sait ce qui vient ni ce qui va cesser ;
La place où bat mon cœur peut soudain être aride,
La chance est brève, hélas ! et tu n’es pas pressé !
Et tu ne te dis pas, sous les cieux monotones
Où tout est triste, amer, médiocre, décevant :
« J’irai vers cette femme en ce matin d’automne,
« J’aborderai ces yeux plus larges que le vent !
« J’aborderai ce cœur qui n’a pas eu la crainte
« De confier ses vœux, ses plaintes et ses pleurs.
« Visage démuni sans réserve et sans feinte,
« Où le trop vif amour insinuait sa peur !
« Puisqu’elle m’a tout dit, bien qu’étant grave et fière,
« Je pourrai demeurer simple et silencieux,
« Et faire un don naïf, à cette âme plénière,
« Des secrètes beautés qu’elle voit dans mes yeux.
« Je la devine bien, et je n’ai pas eu même
« À chercher quel était son épuisant souci :
« Sa voix m’a tristement annoncé qu’elle m’aime,
« Comme on dit que l’on meurt et que c’est bien ainsi !
« Jamais le cœur puissant qui pâlit son visage
« N’a tenté de goûter sur le mien son repos ;
« M’aimant, elle s’éloigne, et son front net et sage
« Renferme le courage isolé des héros !
« Puissante et délicate, usant de tendre ruse,
« Elle va sans faiblir vers un but périlleux ;
« Malgré son pas joyeux, jamais rien ne l’amuse
« Que le tragique espoir que l’on a d’être heureux ! »
⁂
— Non tu ne te dis pas : j’allégerai sa peine,
Je ne laisserai pas languir ce cœur de feu,
J’apporterai le lot de ma tendresse humaine
À ce doux corps surpris de ne pas être deux.
Non tu ne te dis pas : que puis-je craindre, en somme,
Puisque rien ne me nuit en son plaintif désir ?
Cette compagne insigne et songeuse des hommes,
Serai-je la seule âme à ne pas l’accueillir ?
⁂
Sur le globe sans joie où deux races existent,
Celle des morts, hélas ! et celle des vivants,
As-tu vraiment voulu rendre toujours plus triste
Le cœur le plus rêveur et le moins décevant ?
Viens, parfum ! viens, chaleur ! azur ! air ! nourriture !
Amour, répands sur moi l’unique illusion,
Puisque l’indifférente et moqueuse Nature
Protège les humains pendant la passion !
< < < Peut-être que ton corps charmant, qui me tourmente
Rien ; l’univers n’est rien. Nulle énigme pour l’homme > > >

Littérature française – Livres bilingues – Contes de fées et Livres d’enfants – Poésie Française – Anna de Noailles – Poèmes d’Anna de Noailles – Poème de l’amour – 1924
Les textes sont disponibles sous licence Creative Commons Attribution-partage dans les mêmes conditions ; d’autres conditions peuvent s’appliquer. Voyez les Conditions d’utilisation pour plus de détails.
| Si vous avez aimé ce poème, abonnez-vous, mettez des likes, écrivez des commentaires! Partager sur les réseaux sociaux Trouvez-nous sur Facebook ou Twitter |
| Consultez Nos Derniers Articles |
- Poèmes et peinture, semaine du 14 juin 2026
- Poems and painting, Week of June 14, 2026
- Poèmes et peinture, semaine du 7 juin 2026
- Poems and painting, Week of June 7, 2026
- Poèmes et peinture, semaine du 31 mai 2026
- Poems and painting, Week of May 31, 2026
© 2026 Akirill.com – All Rights Reserved
