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Poème: “Peut-être que ton corps charmant, qui me tourmente” d’Anna de Noailles

Poème de l’amour – 1924

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< < < Lorsque tu ne seras, dans quelque humble retraite
Le hasard et les jours passent d’un pied rapide > > >


Peut-être que ton corps charmant, qui me tourmente

***

Peut-être que ton corps charmant, qui me tourmente
Par la grâce des mains, des lèvres et de l’œil,
Établit en moi seule une saison démente
Où l’instinctif élan est grave comme un deuil.
— Je l’ai lu dans un juste et saisissant recueil :
« La beauté de l’amant n’est qu’au cœur de l’amante. »
C’est donc moi qui te fais un excessif accueil !
— Alors, pourquoi ce rare et précis esclavage ?
Mais mon mal est sacré puisque le sort le veut !
Et c’est mon besoin fol comme mon besoin sage
De préférer au monde un seul de tes cheveux !


< < < Lorsque tu ne seras, dans quelque humble retraite
Le hasard et les jours passent d’un pied rapide > > >

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