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Poème: “Si ta voix m’avait dit : Demeure” d’Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir – 1927

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< < < Univers, je t’ai regardé
J’ai, ce soir, entendu les appels du hautbois > > >


Si ta voix m’avait dit : Demeure

***

Si ta voix m’avait dit : Demeure
Parmi les choses d’ici-bas,
Peut-être ne croirais-je pas
Qu’il faut qu’on meure !

Mais tu t’en fus à pas de loup,
Et muet, sous la morne terre.
Peut-être es-tu, dans ce mystère,
Encor jaloux ?

Pourtant, tu désapprends l’envie
Dans le néant sans nul souhait.
Mais ta mort habite ma vie,
Et c’est ma détresse et ma paix
De croire qu’en ton cœur de cire
Tu me désires.


< < < Univers, je t’ai regardé
J’ai, ce soir, entendu les appels du hautbois > > >

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