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L’Honneur de souffrir d’Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir – 1927

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L’Honneur de souffrir

***

I Dans l’âpre solitude où tu vis désormais
— Dans l’âpre solitude où tu vis désormais,
Faut-il que jamais plus nul désir ne pénètre ? … Continuer la lecture

II Ainsi la vie ample et savante
Ainsi la vie ample et savante,
L’exaltante splendeur des cieux, … Continuer la lecture

III Chaque jour j’entends qu’en silence
Chaque jour j’entends qu’en silence
Se détache insensiblement
De mon être quelque élément … Continuer la lecture

IV Puisque mes yeux ont vu les lieux où tu reposes
Puisque mes yeux ont vu les lieux où tu reposes,
Puisque jamais le jour, l’étoile ni la rose
Ne visitent un noir caveau, … Continuer la lecture

V Morts qui me fûtes chers, ne soyez pas jaloux
Morts qui me fûtes chers, ne soyez pas jaloux,
Votre cendreuse voix me séduit et m’appelle,
Je suis encore avec les anges sur l’échelle, … Continuer la lecture

VI Ils ont inventé l’âme afin que l’on abaisse
Ils ont inventé l’âme afin que l’on abaisse
Le corps, unique lieu de rêve et de raison,
Asile du désir, de l’image et des sons, … Continuer la lecture

VII Ébloui, pur, minutieux
 Ébloui, pur, minutieux,
Le regard fixé sur ma vie,
Vous avez déroulé les cieux… Continuer la lecture

VIII Chaque matin m’accable et la couleur de l’air
Chaque matin m’accable et la couleur de l’air
Me fait mieux découvrir l’indifférent désert
Où, depuis que leur cœur jamais plus ne respire, … Continuer la lecture

IX La nuit, lorsque je dors et qu’un ciel inutile
La nuit, lorsque je dors et qu’un ciel inutile
Arrondit sur le monde une vaine beauté,
Quand les hautes maisons obscures de la ville … Continuer la lecture

X Nul lit, nulle chambre, nul toit
Nul lit, nulle chambre, nul toit
N’affaibliront mon épouvante … Continuer la lecture

XI J’ai su la vérité, j’ai vu tout ce qui passe
J’ai su la vérité, j’ai vu tout ce qui passe,
Le jour où ton corps mort ne t’a plus contenu ;
Mes yeux avec dégoût ont mesuré l’espace, … Continuer la lecture

XII Habitante éthérée et fixe des tombeaux
Habitante éthérée et fixe des tombeaux,
Dont l’âme a soulevé les portes funéraires,
Je répands, dans ma juste et songeuse misère, … Continuer la lecture

XIII Vous êtes mort un soir à l’heure où le jour cesse
 Vous êtes mort un soir à l’heure où le jour cesse.
Ce fut soudain. La douce et terrible paresse … Continuer la lecture

XIV Vivre, permanente surprise !
Vivre, permanente surprise !
L’amour de soi, quoi que l’on dise !
L’effort d’être, toujours plus haut, … Continuer la lecture

XV En tremblant, mon regard descend
En tremblant mon regard descend
Jusqu’en mon cœur où vit ton sang.
Je ne veux plus penser qu’à peine, … Continuer la lecture

XVI L’ennui, l’affreuse peine admise, et que l’on tait
L’ennui, l’affreuse peine admise, et que l’on tait.
L’effort à tout instant, et nulle récompense.
Ne pas se souvenir qu’on est, mais qu’on était. … Continuer la lecture

XVII Chaque être souffrant seul croit qu’il a l’apanage
Chaque être souffrant seul croit qu’il a l’apanage
D’un mal plus singulier, plus sombre et plus cuisant. … Continuer la lecture

XVIII Rien ne me touche plus, je me sens morte aussi
Rien ne me touche plus, je me sens morte aussi.
Mon aride tristesse ignore les soucis. … Continuer la lecture

XIX Vivre n’est pas un bien. Les clairs instants sont rares
Vivre n’est pas un bien. Les clairs instants sont rares.
D’un jour plus dur encore un jour dur est suivi.
Parfois l’azur, l’espoir et le désir égarent … Continuer la lecture

XX Cela fut, et puis disparaît
Cela fut, et puis disparaît,
Et jamais rien ne se remplace. … Continuer la lecture

XXI Je chante. Un chant répond. Mais ce n’est pas l’écho
Je chante. Un chant répond. Mais ce n’est pas l’écho.
Jamais un cri si fort ne revient vers moi-même. … Continuer la lecture

XXII Sages de tous les temps, de toutes les patries
Sages de tous les temps, de toutes les patries,
Fronts calmes et corps résignés,
Esprits qui ne pouvez, loin de tout ce qui prie, … Continuer la lecture

XXIII Quand vous êtes partis, muets
Quand vous êtes partis, muets,
Vous sur qui, l’esprit triomphant,
Je reposais comme une enfant, … Continuer la lecture

XXIV Les mots ne sont rien, mais les preuves
Les mots ne sont rien, mais les preuves,
Les témoignages forcenés,
Les bûchers d’Orient, les veuves, … Continuer la lecture

XXV À présent la vie est pour moi
À présent la vie est pour moi
Dans le sol funèbre étendue ;
Sans comprendre les jours, les mois, … Continuer la lecture

XXVI Si l’on songe à tout ce qu’on fit
Si l’on songe à tout ce qu’on fit
Avec élan, souci, courage ;
À ce perpétuel défi … Continuer la lecture

XXVII Des cœurs furent heureux le jour où tu es né
Des cœurs furent heureux le jour où tu es né.
Et pourtant le présent, plaintif ou fortuné,
Est un flot bref, rompu par le temps qui s’écoule. … Continuer la lecture

XXVIII J’étais morte avec toi, retiens-moi dans ta tombe
J’étais morte avec toi, retiens-moi dans ta tombe,
Ne laisse pas le souffle enfler encore mon cœur,
Je crains ce tremblement enivré de colombe … Continuer la lecture

XXIX Tu n’es plus ; je méprise, en le voyant survivre
Tu n’es plus ; je méprise, en le voyant survivre,
Ce corps dont ton désir anxieux fut hanté.
Combien me semblent vains les bras dont tu fus ivre ! … Continuer la lecture

XXX Le printemps naît subitement
Le printemps naît subitement.
Le tiède éther est plus aimant. … Continuer la lecture

XXXI Vanité, crainte, amour de soi
Vanité, crainte, amour de soi,
Fureur contre ce qui déçoit, … Continuer la lecture

XXXII La pensée alanguie et les membres à l’aise
La pensée alanguie et les membres à l’aise.
Le sommeil vers l’esprit coule comme un serpent.
La chambre obscure émet une fraîcheur de glaise. … Continuer la lecture

XXXIII Quand je vois les esprits sans hauteur, sans colère
Quand je vois les esprits sans hauteur, sans colère,
Sans passion, sans rien qui les oblige à plaire ; … Continuer la lecture

XXXIV Il convient que l’on appelle âme
Il convient que l’on appelle âme
Cet excès de feu, de couleurs, … Continuer la lecture

XXXV Le jour, hymne silencieux
Le jour, hymne silencieux,
Dans sa pure et limpide essence
Entr’ouvre à toute connaissance … Continuer la lecture

XXXVI Ce n’est pas toujours vous qui me portez secours
Ce n’est pas toujours vous qui me portez secours
Dans les combats mortels où le sort me situe,
Archanges enroulés de sublimes atours, … Continuer la lecture

XXXVII Ils parlent ; ils ont tous le visage inquiet
Ils parlent ; ils ont tous le visage inquiet.
Ils vantent ce qui fut, et craignent ce qui est.
Ils errent, ignorants, parmi d’ardus problèmes. … Continuer la lecture

XXXVIII Naïvement, innocemment
Naïvement, innocemment,
Non par fierté mais par faiblesse,
Révérant votre assentiment, … Continuer la lecture

XXXIX Tu sais si je suis seule, ô toi qui m’as aimée
Tu sais si je suis seule, ô toi qui m’as aimée !
Si je le fus toujours ! Vous le sauriez, mon Dieu,
Si, dans le vain éther d’azur ou de fumée, … Continuer la lecture

XL Ô toi qui n’es pas né, vous qui tous êtes morts
Ô toi qui n’es pas né, vous qui tous êtes morts,
Vague et pure assemblée, ô bénéficiaire ! … Continuer la lecture

XLI J’ai connu la fiévreuse et mordante détresse
J’ai connu la fiévreuse et mordante détresse ;
La stupeur ; le lointain des couleurs et des bruits … Continuer la lecture

XLII En expirant j’entraînerai
En expirant j’entraînerai
L’univers dans ma tombe ouverte :
Ce corps où l’infini souffrait, … Continuer la lecture

XLIII Si l’esprit survivait à la chair, je saurais
Si l’esprit survivait à la chair, je saurais
Quel infini d’amour avec moi disparaît.
Si mon âme flottante environnait ma tombe … Continuer la lecture

XLIV Volupté : pleurs, sanglots, abîme, bonne mort
Volupté : pleurs, sanglots, abîme, bonne mort !
Puis le digne retour à la calme surface
De l’univers sans but, où tout nuit et nous lasse, … Continuer la lecture

XLV J’aurais pu ne jamais connaître
J’aurais pu ne jamais connaître
Le dur besoin de ne plus être. … Continuer la lecture

XLVI Le temps est bref, les jours sont lents
Le temps est bref, les jours sont lents,
La morose monotonie
Rétablit son calme dolent … Continuer la lecture

XLVII Je n’étais pas déraisonnable
Je n’étais pas déraisonnable…
— Par les chemins ardus, étroits
Mon pas fut toujours vif, adroit, … Continuer la lecture

XLVIII Mon histoire aux nombreux visages
Mon histoire aux nombreux visages
Est dans ces calmes noms inscrits
Sur le plat et blanc paysage … Continuer la lecture

XLIX Lorsque la mort, succédant à l’ennui
Lorsque la mort, succédant à l’ennui,
M’accordera sa secourable nuit
Douce au souhait que j’eus de cesser d’être, … Continuer la lecture

L Un univers inique abolit nos justices
Un univers inique abolit nos justices.
L’on ne peut plus savoir, lorsque l’on songe aux morts, … Continuer la lecture

LI Les morts qui m’ont aimée ont vaincu ta beauté
Les morts qui m’ont aimée ont vaincu ta beauté,
Passant, subit ami révélé, frère étrange,
Beau regard rudoyant et pur, tristesse d’ange, … Continuer la lecture

LII Le monde épars s’agrège, et d’un doux mouvement
Le monde épars s’agrège, et d’un doux mouvement
Met sa force et sa joie au profit des amants ;
Leur ivresse, soudain, sent se détourner d’elle … Continuer la lecture

LIII Sans t’aimer encor, j’aime encor ta voix
Sans t’aimer encor, j’aime encor ta voix.
Sans me déchirer, ton regard me touche.
Mon cœur est plus vif dès que je te vois, … Continuer la lecture

LIV Silence, mouvement, arpège
Silence, mouvement, arpège,
Toute douceur est dans tes os ! … Continuer la lecture

LV Tout de toi me trompe : tu danses
Tout de toi me trompe : tu danses
Si tu marches ! Ton corps de miel … Continuer la lecture

LVI Je crois voir, entendre
Je crois voir, entendre, — mais rien
De terrestre, d’aérien, … Continuer la lecture

LVII Dans cette infinité, dans cette plénitude
Dans cette infinité, dans cette plénitude
Qui composent le corps courageux et maudit, … Continuer la lecture

LVIII Passant, je te sais gré de l’extrême torture
— Passant, je te sais gré de l’extrême torture
Que m’infligeait par toi la subtile nature
Qui souhaitait en vain qu’un autre être fût né … Continuer la lecture

LIX Ô printemps, jeune passion
Ô printemps, jeune passion
Fraîcheur des vents, de la lumière,
Souterraine exaltation, … Continuer la lecture

LX Chacun de vous, un jour, a refermé la porte
Chacun de vous, un jour, a refermé la porte
De ma chambre, et sans rien de grave ou de hardi,
Ignorants, vous alliez vers le sort refroidi. … Continuer la lecture

LXI Ma jeunesse n’est pas dans mes chants intrépides
Ma jeunesse n’est pas dans mes chants intrépides
Qui s’en vont vers les étrangers,
Elle est dans la seconde insensée et rapide … Continuer la lecture

LXII Puisque jamais plus je n’écoute
Puisque jamais plus je n’écoute
L’univers, cet inconscient ;
Puisque nul pas sur nulle route … Continuer la lecture

LXIII La femme, durée infinie
La femme, durée infinie,
Rêveuse d’éternels matins,
Dans la puissance de l’instinct … Continuer la lecture

LXIV Dans la douleur rien ne console
Dans la douleur rien ne console,
Ni la raison, ni les paroles. … Continuer la lecture

LXV Tout posséder, pour mon esprit
Tout posséder, pour mon esprit
C’était souhaiter davantage !
Je vivais dans un clair ravage … Continuer la lecture

LXVI Je n’aurais pas été moi-même
Je n’aurais pas été moi-même
Sans chacun de vous ! — Clairs esprits
À qui j’ai tout offert, tout pris, … Continuer la lecture

LXVII Ne te résigne pas à la douleur
Ne te résigne pas à la douleur. Écarte
Le courage mortel qu’exerce contre soi
Mon inflexible cœur qui fut formé dans Sparte, … Continuer la lecture

LXVIII Univers, je t’ai regardé
Univers, je t’ai regardé
D’un œil qui loue et qui défie.
J’ai perdu, car tes coups de dés … Continuer la lecture

LXIX Si ta voix m’avait dit : Demeure
Si ta voix m’avait dit : Demeure
Parmi les choses d’ici-bas,
Peut-être ne croirais-je pas … Continuer la lecture

LXX J’ai, ce soir, entendu les appels du hautbois
J’ai, ce soir, entendu les appels du hautbois.
C’est un chant fier, aigu, amer et provocant,
Il surgit du Destin, assuré, triste et droit, … Continuer la lecture

LXXI Je suis où tu es, nulle part
Je suis où tu es, nulle part.
Ni toi ni moi ne sommes plus !
Je vis vaguement, au hasard, … Continuer la lecture

LXXII Un arbre est sous mes yeux, épais, brutal, splendide
Un arbre est sous mes yeux, épais, brutal, splendide,
Sa colonne puissante a pour achèvement
Le feuillage d’un vert accumulé, liquide, … Continuer la lecture

LXXIII J’ai quelquefois rêvé, travaillé, sans vous voir
J’ai quelquefois rêvé, travaillé, sans vous voir.
L’espérance m’avait dans l’azur enfermée. … Continuer la lecture

LXXIV L’immobilité sous mon front
L’immobilité sous mon front
Fait que jamais rien ne me tente. … Continuer la lecture

LXXV Il m’apparaît soudain que vous aimiez la vie
Il m’apparaît soudain que vous aimiez la vie,
Ses jeux, ses gais matins, ses siestes, son labeur.
Chaque jour provoquait en vous l’heureuse envie. … Continuer la lecture

LXXVI J’ai regardé d’un œil content
J’ai regardé d’un œil content,
Et confiant, et toujours sage,
Jadis, les mouvants paysages … Continuer la lecture

LXXVII Hier, j’ai traversé, comme je fais souvent
Hier, j’ai traversé, comme je fais souvent,
Le chemin hérissé de la douleur physique,
Et tandis qu’en mon front, où tournoyait le vent, … Continuer la lecture

LXXVIII J’ai tant souffert, je souffre tant
J’ai tant souffert, je souffre tant
Que plus rien ne semble important
À mes yeux, qui fixent le vide … Continuer la lecture

LXXIX Les tombeaux. Tout l’oubli du monde épars
Les tombeaux. Tout l’oubli du monde épars. Des ifs,
Des cyprès. La pierre est emphatique ou modeste
Sur le sol méprisé qui ne contient nul geste. … Continuer la lecture

LXXX Jadis je m’aimais
Jadis je m’aimais,
Tu sais quel orgueil … Continuer la lecture

LXXXI L’homme s’attache à l’espérance
L’homme s’attache à l’espérance
Quand le sort lui fut trop cruel.
Entre les tombes et le ciel … Continuer la lecture

LXXXII Chère ombre à qui je parle bas
Chère ombre à qui je parle bas,
Visage à jamais imprécis
Par qui je ne suis plus d’ici, … Continuer la lecture

LXXXIII Ils sont morts, et mon cœur, secret de ma raison
Ils sont morts, et mon cœur, secret de ma raison,
Supportait la journée en la jugeant trop dure.
J’accusais de subite et longue trahison … Continuer la lecture

LXXXIV L’enfance est une route ardue
L’enfance est une route ardue.
Nul être n’est assez savant
Pour capter l’esprit de l’enfant. … Continuer la lecture

LXXXV Tout est, et pourtant tout n’est rien
Tout est, et pourtant tout n’est rien.
Le connu, l’inconnu, les astres,
Le grand mystère aérien … Continuer la lecture

LXXXVI Quand on s’est emparé par amour, par puissance
Quand on s’est emparé par amour, par puissance,
De l’espace imprégné de couleurs et d’essences ;
Quand on a tout compris et deviné, si bien … Continuer la lecture

LXXXVII Puisque tu veux laisser survivre
Puisque tu veux laisser survivre
À son extravagant plaisir
Ce sein que ta chaleur enivre, … Continuer la lecture

LXXXVIII Je songe à ta main longuement
Je songe à ta main longuement,
Ta chère main musicienne
Qui me livre le firmament … Continuer la lecture

LXXXIX Que fait l’esprit dont l’homme a l’orgueil ? Nul ne sait
Que fait l’esprit dont l’homme a l’orgueil ? Nul ne sait.
Les morts ne peuvent pas nous donner confiance.
Tout est clos et sans fin, rien ne livre l’accès … Continuer la lecture

XC Je n’avais jamais rien à dire
Je n’avais jamais rien à dire
Qu’à toi. Aux autres je parlais
Comme l’on se meut ou respire, … Continuer la lecture

XCI J’ai bien servi le dieu sacré de la parole
J’ai bien servi le dieu sacré de la parole,
Ma voix a réuni la raison et le chant
Comme on voit la senteur mêlée à la corolle. … Continuer la lecture

XCII Votre mort n’a pas été prompte
Votre mort n’a pas été prompte
Dans mon cœur qu’elle a transpercé !
— Désordonné, sombre, amassé, … Continuer la lecture

XCIII Des arènes de fleurs brillant auprès des portes
Des arènes de fleurs brillant auprès des portes.
Les puissants coloris dédiés au trépas.
Le silence baignant ces bouquets qu’on apporte … Continuer la lecture

XCIV Quand j’aurai tout nié, l’azur encor m’émeut
Quand j’aurai tout nié, l’azur encor m’émeut.
Dans le large carré de la fenêtre ouverte,
Ailé, dominant l’arbre orné de plumes vertes, … Continuer la lecture

XCV Un subit désarroi court à travers mon sang
Un subit désarroi court à travers mon sang,
J’ai cessé de penser, mon malheur m’abandonne.
Le secret de ma vie est de moi-même absent. … Continuer la lecture

XCVI La mémoire loyale et triste
La mémoire loyale et triste
Est l’affront que n’accepte pas
L’univers jaloux d’un combat … Continuer la lecture

XCVII C’est le jour tiède et mol où naissent les lilas
C’est le jour tiède et mol où naissent les lilas.
Le gai cri d’un oiseau est dans l’éther buté.
Malgré les cieux gonflés d’un pâle et sûr éclat, … Continuer la lecture

XCVIII Il faut que je dorme ou que j’aille
Il faut que je dorme ou que j’aille
(Car le vivre m’est interdit)
Par la terreuse et noire entaille, … Continuer la lecture

XCIX La chambre, volets clos, yeux clos, chères ténèbres
La chambre, volets clos, yeux clos, chères ténèbres !
Le jour, qui sur mon cœur pesait ainsi qu’un mont,
Est vaincu. Sans l’air lent emplissant les poumons, … Continuer la lecture

C Le renom, les conseils sages et bons, l’amour
Le renom, les conseils sages et bons, l’amour
De quelques-uns encor, rien n’apaise mes jours.
— J’aime ce noir flacon où dort un suc de plantes … Continuer la lecture

CI Être pâle, muet, immobile, absent, mort
Être pâle, muet, immobile, absent, mort…
Et le bleu de la nuit a son étoile heureuse,
Le murmurant silence anime l’ombre creuse, … Continuer la lecture

CII Qui se plaint du sommeil ?
Qui se plaint du sommeil ? Qui gémirait : « Je dors,
Interrompez ma paix limpide et sans mémoire !
Qu’on me rende l’éther agité du dehors, … Continuer la lecture

CIII Parfois un cri faiblit, nul ne le jette assez
Parfois un cri faiblit, nul ne le jette assez.
Il se peut qu’un instant sur le monde ait cessé
L’emphase d’une voix qui fut l’honneur de l’homme. … Continuer la lecture

CIV J’ai vu, soudain étrange, ingrate et sans mémoire
J’ai vu, soudain étrange, ingrate et sans mémoire,
Ta chambre, où reposait ton être ténébreux.
Les objets familiers, qui paraissaient peureux, … Continuer la lecture

CV J’ai dormi, j’ai pendant quelques instants rejoint
J’ai dormi, j’ai pendant quelques instants rejoint
La vide immensité où ne se trouvent point
Ni ton sort, arrêté, ni le mien, continu. … Continuer la lecture

CVI Vivre, est-ce de subir un jour, et puis un autre
Vivre, est-ce de subir un jour, et puis un autre ?
Qui peut se contenter de l’ennui, du repos ?
Qui veut avoir les yeux ternis des vieux apôtres … Continuer la lecture

CVII La neige, d’une chute égale
La neige, d’une chute égale,
Cette nuit se succède et fond.
Dans ces ténèbres glaciales … Continuer la lecture

CVIII J’ai composé dans la souffrance
J’ai composé dans la souffrance,
Dans la funèbre passion,
Des poèmes sans espérance. … Continuer la lecture

CIX L’esprit net et le cœur hagard
L’esprit net et le cœur hagard.
Une âpre et secrète hébétude.
Les routes ne vont nulle part. … Continuer la lecture

CX Lorsque déjà leur vie est affligeante et vaine
Lorsque déjà leur vie est affligeante et vaine,
Si bien que notre esprit ne peut que par bonté
Se réjouir du sang qui glisse dans leurs veines, … Continuer la lecture

CXI De quoi t’ai-je, en ce jour, frustré, cœur endormi
De quoi t’ai-je, en ce jour, frustré, cœur endormi ?
Du vivre, du souffrir, des regrets, de l’espoir ?
Du sourd discernement d’être enclos à demi … Continuer la lecture

CXII La rue a ce matin les teintes délicates
 La rue a ce matin les teintes délicates
De l’humble primevère et du cou des colombes.
Un printanier plaisir dans l’azur se dilate. … Continuer la lecture

CXIII De qui pourrais-je dire
De qui pourrais-je dire : Ils sont moi, je suis eux !
Quelle est la douce entrée, en ma chambre, aujourd’hui,
Qui ne m’apporterait nul effort, nul ennui, … Continuer la lecture



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