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Poème: “Parfois un cri faiblit, nul ne le jette assez” d’Anna de Noailles

L’Honneur de souffrir – 1927

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< < < Qui se plaint du sommeil ?
J’ai vu, soudain étrange, ingrate et sans mémoire > > >


Parfois un cri faiblit, nul ne le jette assez

***

Parfois un cri faiblit, nul ne le jette assez.
Il se peut qu’un instant sur le monde ait cessé
L’emphase d’une voix qui fut l’honneur de l’homme.
Le verbe a quelquefois un éphémère somme,
Et la douleur, frustrée, est alors sans moyens
Pour élever sa plainte au milieu des liens,
Et propager son chant, qui soulage et repose.
— Poète, qui connus l’inanité des choses,
Affirmateur sacré du mal universel,

Je reprends dans tes mains, je reprends dans ton âme
Ces mots aussi puissants que le pain et le sel,
Et que la mort autant que le plaisir réclame :
Qu’est-ce que tout cela qui n’est pas éternel ?


< < < Qui se plaint du sommeil ?
J’ai vu, soudain étrange, ingrate et sans mémoire > > >

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